Les derniers écrits parus sur les blogs de Pierre C.J. Vaissiere

Cliquez sur une des images pour atteindre la page d’accueil d’un de ces 5 blogs, ou sur un des titres pour lire le dernier article paru. Ci-dessous, un aperçu du contenu de ces blogs. En vous souhaitant une bonne lecture.
20/11 – Des fourmis compatissantes
07/11 – Mais où sont les lièges d’antan ?
2011 – Djihad, loi du Talion, démocratie
09/11 – Fête des morts
22/11 – De la rupture à la casse, Sarko chantre de l’abrogation
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Des fourmis compatissantes

6 heures ont sonné. Je n’ai entendu ni les six coups de l’horloge, ni les battements ralentis de mon cœur. Je ne me suis pas réveillé.
J’ai attendu qu’il se passe quelque chose, mais rien n’est venu si ce n’est le repos.
Sans les fourmis invasives venues me rendre visite, j’aurais sans doute fini par trouver le temps immensément long.

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Apéros politiques, gauche, droite et philosophie de bistrot

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Un apéro politique, on appelle ça, dans notre équipe de bras cassés. Notre siège, c’est chez Dédé, le bistroquet dont on est devenus les piliers sans lesquels le bouiboui aurait fermé depuis un bail. On y débat de tout en causant de rien ; on y défait et refait le monde ; on s’engueule et on jure comme des charretiers avant de se rabibocher en levant le coude.
On se traite de peignes-culs, de couilles molles, de staliniens, d’ayatollahs, de fachos, et au pire des prises de bec, injure suprême, de conciliateurs. Pendant que Dédé compte les points et encaisse.

La gauche prend la balle, la droite l’intercepte, le centre la rafle avant de la perdre par crainte de s’engager à fond les manettes. Au dernier verre (avant le prochain, celui des soigneurs) c’est toujours le match nul, qu’on s’ingénie à garantir, quitte à marquer un but contre son propre camp. Hors d’haleine que les apéros ont moult chargée, on philosophe.

Comme ce jour où, grimpé sur une chaise, Léon y  était allé de sa verve : « Je n’ai rien contre ceux qui sont pour, et je ne suis pas pour ceux qui sont contre ceux qui sont contre, pas plus que je suis pour ceux qui sont pour ceux qui sont contre. En général, je veux dire, car il m’est bien arrivé une ou deux fois d’être contre ceux qui sont pour ceux qui sont contre, avec lesquels je ne suis le plus souvent pas toujours d’accord, même s’ils ne sont pas systématiquement contre moi. Et ça ne me pose aucun problème de savoir que certaines personnes sont toujours d’accord, y compris avec celles qui ne sont pas du même avis qu’elles, et qui parfois sont même carrément contre, et pour finir.. »
— Pour finir, tu finis et tu te la fermes !
« Léon, c’est le roi de la flottille », avait lancé Dédé entre deux dzoïngs de sa caisse enregistreuse. « Toujours prêt à se mouiller » il avait ajouté en rifougnant.

Deux trois « Ta gueule Léon » avaient fusé, suivis des chocs cristallins des godets accompagnés des souhaits de santé qui vont avec.
Le thème étant lancé, Bébert avait pris le relai :
« Moi, ça n’est pas le contraire, mais c’est autre chose. Je suis pour les gens qui sont toujours d’accord avec moi, ont exactement la même opinion que moi et ne sont jamais contre moi.
« Ben voyons… – Ah le con ! – Triple con ! » et autres gentillesses avaient jailli, suivis d’une franche rigolade. Bien sûr, le pote Bébert déconnait.
Jo, pas toujours très rapide question comprenaille avait conclu : « On va te débarquer à coups de pieds au cul dans le coin le plus tranquille de l’île déserte la plus reculée. »
— Je déconne, mon Bébert, je déconne.

Dans ce bistrot que notre amitié illumine et que nos porte-monnaie pérennisent, voilà à quoi ressemblent plus ou moins nos apéros philosophico-politiques. Aidées par des prémices de gueules de bois, nos langues, alors aptes à fourcher, jamais ne sont de bois, ni nos discours de pierre. Nous n’inventons rien, ce qui n’est pas pour nous déplaire si nous recensons les inventions modernes auxquelles nous ne savons donner un sens, peut-être parce qu’elles n’en ont pas. Nous sommes de cette humanité dépassée par cette autre, menteuse et corrompue, qui outrepasse ses droits et s’est arrogé pouvoirs, privilèges et, au final, droit de détruire.

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Un voyage dans le temps

J’ai fait un voyage dans le temps. Avant de partir, j’ai pris la précaution de briser toutes les montres, pendules et horloges de la planète (ce qui m’a pris un bon bout de temps), après avoir brûlé tous les éphémérides, calendriers, agendas et autres pense-bête que je savais ne plus pouvoir m’être d’une quelconque utilité. Une fois réduits en miettes microscopiques les miroirs qui renvoient aux rides, ces terribles marqueurs du temps passé, j’ai ordonné à mon cœur d’arrêter de battre le rythme, en même temps que je me suis fait désintégrer par l’entremise d’une bombe sur laquelle je m’étais consciencieusement et confortablement assis. Le détonateur réglé sur 12h pétantes, j’ai profité des quelques minutes qu’il me restait à vivre pour me faire une injection de Penthotal. Sans avoir éprouvé le besoin, pour la première fois de mon existence, de stériliser la seringue. Pas plus que je n’ai ressenti son souffle je n’ai entendu le boum de l’explosion. Ô la belle rouge, se seront peut-être exclamé quelques spectateurs de hasard.
Un poil de petite seconde avant que je sois expédié je ne sais quand, pas plus qu’en quel temps, je me suis rendu compte, mais trop tard, que j’avais totalement oublié de gommer ma mémoire.

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Obsolescence programmée

Et merde ! je me suis dit en apercevant la maréchaussée me faire signe de parquer ma guimbarde sur le bas-côté, derrière leur tire. En me maudissant d’être passé par là plutôt qu’ailleurs par là-bas.
« Papiers d’identité, permis, assurance et carte d’obsolescence programmée, siouplaît, et plus vite que ça. » dit le sous-brigadier, l’œil mauvais de celui qui a le mauvais œil, qui le sait et en use pour asseoir son pouvoir de petit chef aux ordres et à la botte de son supérieur hiérarchique, le brigadier-chef, dont l’autorité et la considération prendraient un coup dans l’aile s’il exerçait son apostolat dans le premier gros bourg venu.
« Les papiers gras aussi ? » je lui dis en lui remettant les officiels et les autres, immondes, du bout de mes doigts graisseux jusqu’au bout des ongles d’avoir pioché permis et assurance dans le vide-poche bourré de saloperies : vieilles frites rancies, bout de saucisson à l’ail, quignon de pain rassi fourré d’un morceau de Maroilles qui connut des jours meilleurs l’hiver dernier. C’est l’été, une fournaise !
— La carte d’obsolescence, siouplaît, vite fait, et pas de discussion.
Il affiche un air triomphant lorsqu’il la parcourt de l’œil averti de celui à qui « on ne la fait pas » en se disant que son QI et son flair mériteraient largement que ce soit lui le chef. Sûr que ça va barder pour le matricule du quidam qui rechigne à lui remettre la trop fameuse carte.
— Chef, chef ! on en tient un. Plus que quèques zuns et on a notre quota.
Le chef se pointe, sort son arme, la pointe sur moi et, faisant feu sans plus attendre, me fera feu juste le temps de penser que je trouve bien dommageable d’être passé par là plutôt que par ailleurs, et le temps qu’il faut au brigadier-chef  pour expliquer à son subalterne que, même si ses bourdes ne sont pas catastrophiques, il devra tout de même apprendre à ne pas confondre 2014 et 2041 (ma date d’obsolescence programmée).

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Afin que vienne l’oubli des nostalgies

Je m’évade de mes rêves, me retire de la nuit, découpe l’étoupe de suie qui ombre la fenêtre, celle qui donne sur le jour.
J’entrebâille les vantaux, les ouvre, les rabats, découvre ce qui m’est donné à voir avant de déclore les paupières.
Outreraison je m’y jette goutte d’eau, m’y projette, éclate, m’y éclate semences de glace.
Me voici joyau parmi d’autres, les étoiles, celles luminescentes que j’ai collées au plafond de ma chambre noire.
Photo, devrais-je me déchirer afin que vienne l’oubli des nostalgies ?

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De l’existence de Dieu

Dieu, le Seigneur Dieu tout puissant en personne m’a parlé cette nuit.
« Je n’existe pas » m’a-t-il déclaré laconiquement, confirmant en cela ce dont je me doutais depuis quelque temps, étant bien entendu que je ne suis pas né de la dernière pluie, et vu que, comme Saint-Thomas, j’ai oublié d’être naïf.
Les autres, je m’imagine leur tête quand je leur dirai. Surtout les curés, les évêques et tout le saint frusquin.
Bien sûr, Dieu aurait tout aussi bien pu me raconter des bobards, mais diable, venant de Lui, ça m’étonnerait moult.
Non, non, non, plus j’y pense, plus je crois bel et bien ce qu’Il m’a dit.

 

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De l’importance de faire des choses

de_l_importance_de_faire_les_chosesL’inanité, je connais et je pratique. Peut-être pas autant que j’use de la vanité (parce qu’il faut bien occuper les heures −présentes− qui me séparent de la dernière −encore absente−, mais que, à la différence de la flèche de Zénon qui ferait tout aussi bien de cesser sa course inutile, je connaîtrai), mais pas loin. Ce qu’on fait n’a de sens que celui que nous lui donnons, et quelles que soient les réalisations qui émanent de nos cerveaux fumeux et de nos doigts pétrifiés si nous leur demandons de produire le moindre feu, leur seul avenir est celui de l’oubli. Et que l’on ne me parle pas des œuvres des uns ou des autres qui s’inscriraient dans le temps, car ce serait oublier qu’il ne s’agit que du temps humain. À l’instant où chacun disparaît, disparaît avec lui l’univers qu’il crut,  le candide, être pérenne. Alors, la belle affaire que laisser trace !
Ce qui ne m’empêche nullement de jouer ce à quoi jouent les êtres humains, infatigables dès qu’il s’agit de faire des choses qui ne servent à rien, sinon à continuer de bêtement espérer qu’elles et qu’ils ont et auront une quelconque importance.

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Voyage sans retour

Ma levée de corps achevée, au son mélodieux des pleureuses éplorées, après qu’une dernière fois j’aurai levé le coude, je lèverai le camp. Ma pâleur dira ô combien j’ai besoin de vacances. Aussi, armes, bagages et fourbi chargés sur mon char de feu –une Oldsmobile de deuxième génération récupérée sur la pellicule originale du Voyage sans retour, un film en noir et blanc de la Warner– , me mettrais-je en marche au sein de la cohorte des vaincus, sans autre but que celui de n’en plus avoir. Étant bel et bien refroidi, peu me chaut le froid glacial des enfers qu’alors il fera.
Franchis les océans d’incertitudes, les marais du doute et le désert de la mémoire que j’oublierai avoir traversé, enfin pourrai-je sérieusement commencer de penser à ne plus vivre. Il ne m’en coûtera rien.

Je ne verrai ni se faner les fleurs, ni moissonner les vivants, ni s’embraser le granit, pas plus que je n’entendrai le cri des suppliciés demandant grâce. Je serai éteint, comme l’étant déjà de presque toute éternité.

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Dieu, un créateur de génie aux multiples talents

Un émissaire de Dieu expliquant aux hommes que faire de ses prototypes et de sa kyrielle de dessins

Un émissaire de Dieu expliquant aux hommes que faire de ses prototypes et de sa kyrielle de dessins

— Tu crois en Dieu, toi ?
— Ben, vu que lui-même il y croit, je ne vois pas comment ne pas y croire. Puis quand on voit tout ce qu’il a inventé, on ne peut pas ne pas y croire. Ceci dit, j’admets qu’il a tout intérêt à croire en lui.
— Qu’est-ce qu’il a tant inventé ?
— Le ciel, la terre, tout ce qui vit, qui bouge, qui pousse, qui croît, comme les petits enfants ou les arbres.
— Les corbeaux aussi ?
— Non, enfin… si. Mais un corbeau ça croît pas, ça croasse.
— Bizarre, ça, que les corbeaux ça croie pas en Dieu. Et les grenouilles, elles y croient les grenouilles ?
— Faut croire qu’elles y croient, sinon je vois pas ce qu’elles feraient dans les bénitiers.
— Elles croassent, les grenouilles ?
— Non, elles coassent. Et le cri des bestiaux, c’est lui aussi qui les a inventés, en même temps qu’il les a fabriqués.

— Quand même balèze, le gars. Moi, tu me demanderais de fabriquer un ver de terre, pas sûr que j’y arriverais. Alors comme ça il a tout fait ? Tout ce qui existe ? Y compris lui-même ?
— Absolument tout. Y compris lui-même, en personne.
— Ben merde, alors. Il a dû en mettre du temps, un sacré bout de temps.
— Que nenni. En pas une semaine, c’était torché. Six jours montre en main.
— C’est le premier truc qu’il a inventé, la montre ?
— Faut croire. Six jours, pas un de plus, et fini le boulot.
— Six jours de boulot et à la retraite. Ça c’est un job qui m’aurait plu. Faut qand même reconnaître qu’il s’en est bien tiré, le bougre.
— Six jours, mais 24 heures sur 24, quand même. Autant dire qu’il n’a pas chômé.

— Y’a pas des trucs qu’il aurait fait un peu à la va-vite ? L’autre jour, par exemple, à Bricofourbi, j’ai acheté une perceuse. Au premier trou, elle était naze. La crise…
— Ah ça, ça dépend d’où elle vient. Le made in China, ça ne tient pas.
— Pourquoi ça tient pas ?

— Parce qu’en Chine, ils croient pas en Dieu comme nous on y croit. Ou c’est pas le même. Pareil si t’achètes un truc fabriqué chez les Arabes. Ça tient pas. Sauf les dattes, peut-être.

— Pourtant, paraîtrait que c’est pas les mêmes qu’ici, les dates. Et ce qui est fabriqué chez les Juifs, ça tient la route ? 
— Les avocats, les oranges, les missiles, sûr que ça n’est pas de la daube. Mais là où ils sont forts, en Israël, c’est pour les clous, les croix en bois, les chandeliers à plein de branches, plus leurs drôles de chapeaux. Pour les territoires occupés, c’est pas les derniers des cons, mais c’est une autre histoire. Après, pour les autres machins, vu que les Juifs il paraîtrait qu’ils ont fait un sale coup à Dieu, rapport à son gamin, c’est un peu comme pour les Chinois ou les Arabes, c’est sans garantie.
— Leurs fruits, leurs armes, leurs galurins, c’est vraiment Dieu qui a créé tout ça ?
— Faut pas rêver. En six jours, personne n’y arriverait. Alors il a fait des prototypes pour la plupart des trucs, et pour le reste, il a fait une nuée de dessins. Comme pour les chapeaux.
— Les desseins de Dieu ?

— Si tu veux.

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Des silences de quiétude

Comment c’est qu’il s’appelle, déjà, le nègre, je veux dire le gars qui dit qu’il fait de l’humour, ou si c’est pas lui qui le dit, c’est ceux qui paient leur place la peau des fesses pour lui faire la claque, que ceux qui aimeraient lui en filer, ils se défilent. Bon, je sais plus son nom, déjà que le mien c’est pas facile, mais hein, ça ferait pas avancer que j’y sache. Bref, l’humoriste, il nous les gonfle pas plus que ceux qui disent qu’il les leur gonfle, voir même un brin moins, et sans eux, va savoir si le rigolo, je dis rigolo, parce que c’est qu’il en fait rire, des paquets de gus, à faire ses blagues que, si tu sais pas ce que c’est que le bon goût et le fendage de gueule, t’as juste à tendre l’oreille, à pisser dans ton froc, et tu as tout compris. À une petite condition, d’accord, c’est que tu restes tranquille au premier degré, moi je dis que c’est moins casse-gueule question équilibrisme, le premier degré.
Après y’a quoi ? Ah voui, le Foué, le Foué avec sa nouvelle. Non mais on va où à s’occuper de ce qui nous regarde pas, rien que parce qu’on aimerait bien que ça nous regarde et que ça nous arrive, on peut toujours rêver. Même pas du second degré, le François. C’eut été un mec, sa nouvelle, je dis pas la crise de rires, que le nègre le mec d’origine africaine, je veux dire de l’Afrique profonde, sûr qu’il nous aurait encore fait marrer, mais non, et qui c’est qui l’a dans le baigneur encore une fois, à cause que ça censure, ah ! la bonne conscience.

Moi, je serais président, même si j’étais Obama ou un de la même couleur, mais soyons modestes, je serais Hollande, j’aimerais pas tant que des paparazzi me tirent le portrait pendant que la veuve poignet me fait une gâterie, non, j’y aimerais pas tant. Je veux pas dire que ça me plairait qu’ils me mitraillent pendant que je fourbis les armes avec une donzelle, mais question honorabilité et tout, ça se poserait là, et y’aurait rien à redire.

Bon, à part ça, je vois pas bien ce qu’il y a d’intéressant, si ce n’est le vieux, en Israël, je crois, qu’était déjà un peu mort depuis pas mal de temps, mais pas tout à fait assez pour qu’ils l’enterrent. Je vois pas pourquoi les juifs ils seraient pires que les autres question convenances, et si ça se trouve, même si je sais pas où, ils sont largement au-dessus du panier à côté des arabes, notez j’ai rien contre ni les uns ni les autres, mais y’a des limites qu’on dirait que plus ils sont bronzés, plus c’est pire. Je parle pas de la couleur de la peau, mais de celle de l’âme, encore que les âmes trop blanches, c’est pas moi qui le dis, mais mon père qu’était un peu trop juif pour qu’il soit encore là à le répéter, l’a pas pensé à se méfier, le père. Se méfier quand des qui font croire qu’ils pensent bien pensent qu’à mal et s’érigent en juges dans des tribunaux que c’est eux qu’ils les ont bâtis avec ceux qui les applaudissent dans l’ombre déguisée en lumière. D’un côté du rideau de haine ça pleure, de l’autre ça rit ; clown triste qui fait le clown d’un côté, clown rigolard qui fait le clown avec son nez rouge et ses grandes tatanes, de l’autre. On s’unit comme on peut et avec ce qu’on peut, barbelés ou pas, non ?

Encore quoi, entre les illuminés d’en bas qui éteignent la vie et les tristes sires d’en haut, sérieux et tout, qui te font croire que, sans eux, t’aurais pas le courant, juste la courante, sans le papier monnaie pour t’essuyer le cul, on pleure comme on peut.
Les idées de chiotte, diatribes, invectives, ressentiments, jugements, sentences, diktat, méchancetés, ça se met aux chiottes. Tu tires la chasse, tu te retournes, tu salues la compagnie, tu serres quelques mains. N’aie crainte de te les salir, tu as vu dans quel état de crasse elles sont, les tiennes ? Puis on trinque. Aux lèvres closes, celles d’où naissent les silences de quiétude.
Te reste encore à jeter balance Roberval ou romaine, replier les mètres, débiter les toises, ça fera pour la cheminée, détraquer les manomètres. Le maillet ? Garde-le pour une partie de croquet. Tu préfères le jeu de mail ? Qu’à cela ne tienne.

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La Corée du nord fête le nouvel an

Selon nos renvoyés spéciaux au Pays du Matin Calme –preuve de l’ouverture du pouvoir en place– une émouvante et très joyeuse cérémonie s’est déroulée pour fêter le nouvel an façon occidentale.
Après une minute de silence et de recueillement du peuple (voir photo) qui, par respect, a su parer sa liesse d’un voile de pudeur, la chorale a entonné un hymne à la gloire de Kim Jong-un, le chef suprême et éclairé de ce pays qui n’a pas volé son appellation (contrôlée). Un regret cependant : que la modestie du chef bien aimé l’ait empêché de poser devant notre photographe.

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….

L’hymne (que certains attribueraient à Kim Jong-un en Personne)

Minuit ! Crétins, c’est l’heure solennelle
Où l’homme Dieu descendit jusqu’à nous,
Pour continuer la tâche originelle
Et de son père poursuivre le courroux
Le peuple entier s’adresse en toute confiance
A Kim Jong-un pour quêter ses faveurs
Peuple, à genoux, honore sa bienveillance
Youpi ! Youpi ! Voici le Rédempteur !
Youpi ! Youpi ! Voici le Rédempteur !

De notre foi que les armes ardentes
Nous guident auprès du chef époustouflant
Comme autrefois, une étoile brillante
Y conduisit Staline en Orient
Le Roi des Rois que chacun le cul lèche
Pour s’attirer les grâces de Sa grandeur
Guide le peuple l’enseigne de ses prêches
Courbez vos fronts face au Prédicateur !
Courbez vos fronts face au Prédicateur !

Notre sauveur a brisé toute entrave,
La terre est libre et le ciel est ouvert
Il voit un frère ou n’était qu’un esclave
L’amour unit ceux qu’enchaînait le fer,
Qui lui dira notre reconnaissance ?
C’est pour nous tous qu’il torture, tue et pleure
Peuple, debout ! chante ta déférence
Youpi ! Youpi ! chantons le Rédempteur !
Youpi ! Youpi ! chantons le Rédempteur !

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Comment savoir si on est invisible

On ne peut pas se rendre compte qu’on est devenu invisible, sauf si quelqu’un nous le dit, ce qui est peu probable, car encore faut-il qu’il puisse voir les êtres invisibles, ce qui est impossible sans lunette spéciales, et encore faut-il en avoir une paire, puis les trouver, chose malaisée, ces lunettes étant elles-mêmes invisibles. Ce qui n’empêche pas de mettre la main dessus, car l’étiquette qui stipule qu’il s’agit d’une paire de lunettes permettant de voir les choses invisibles, elle, est visible, quoi que sa taille n’excède pas le demi millimètre et que, pour lire ce qui y est écrit, mieux vaut avoir une bonne vue et une loupe, plus un autre instrument d’optique grossissant pour dénicher la loupe.
On peut me rétorquer que, pour voir si on est invisible ou pas, il suffit de se regarder dans un miroir ou tout autre objet capable de réfléchir correctement ce qui est face à lui. Certes, mais qu’est-ce qui nous dit que nous ne sommes pas simplement un vampire, puisque l’image des vampires ne peut se refléter ? Et certainement pas le miroir qui, au mieux, et sous certaines conditions, reflète ce qui est face à lui, mais jamais, au grand jamais ne prend la parole, tout miroir étant muet, même s’il n’en pense pas moins. Car ils en voient des choses, les miroirs, et ils en entendent. Ils voient tout, y compris les autres miroirs, même ceux dans lesquels les gens qui n’ont pas d’image tentent vainement de se mirer, et dans lesquels ils se perdent comme un naufragé se perd dans les abysses insondables des îles de la Sonde, des Marianne, ou dans les arcanes abyssales du pouvoir où il est si facile de se fourvoyer.
Ne pas se rendre compte qu’on est invisible n’est pas une raison pour ne pas l’être ? Je vous l’accorde, mais alors, où est le plaisir, et quel intérêt cela peut-il bien présenter ?

Il arrive pourtant qu’on devienne invisible. Pas pour soi, ce que nous renvoie le miroir avec cette image de nous qu’il nous donne à voir, mais pour les autres, qui ne nous voient pas, ne nous voient plus, passent à côté de nous comme on passe à côté d’un grand vide, loin, pour ne pas y tomber, parce que les gouffres et les abysses font peur, des fois que… Un seul être ne nous fuit pas : celui que nous voyons dans le miroir, et qui nous dévisage. En nous demandant qui nous sommes, sans doute parce qu’il a besoin de nous reconnaître et de se rassurer.

 

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Fin du monde (sauf au Bugarach) : 1 an déjà

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Ça fait très exactement un an que la fin du monde a eu lieu, je veux dire pour les idiots qui n’y avaient pas cru et qui étaient restés chez eux au lieu de venir au Bugarach. Les élus, nous, on a été sauvés, mais pas les autres. C’est que les bons choix, c’est pas tout le monde qui sait les faire, ça se comprend. Choisir entre ci et ça, tout le monde en est capable, mais pas tout le monde est capable de choisir ci plutôt que ça, ou le contraire. Je ne parle même pas de ceux qui veulent le ci et le ça, que ça te fait manières et caprice, des mioches gâtés. Choisir, tout le monde y arrive, normalement, mais c’est pas le tout, car encore faut-il faire le bon choix. Ce qu’on a fait, nous, l’an dernier. Et on n’avait pas attendu le dernier moment. Dès le mois d’octobre, j’avais choisi. Alors j’étais parti au Bugarach, avec tout mon barda et avec Rv, mon chien. C’est malin, ça, d’appeler son chien Hervé, je vous entends me traiter de snobinard. Si c’était Hervé, j’aurais écrit Hervé ou ervé parce qu’après tout, on n’est pas toujours bon en orthographe. Rv, il s’appelle, consécutif à l’espèce de grognement qu’il fait quand on l’appelle ou qu’on s’intéresse à lui. Rv, ici le chien ! gentil le chien !

Un an déjà, que la fin du monde a eu lieu. Je ne sais pas si vous, vous y étiez, mais si vous êtes en train de lire ce j’ai écrit, faut croire que vous y étiez et que vous y avez échappé. Sinon, j’ai bien peur de ne rien pouvoir faire pour vous, en supposant que vous me demandiez de l’aide, mais ça m’étonnerait. Ceci dit, ça n’est peut-être pas plus grave que ça, si on est assez intelligent pour pouvoir s’adapter.
Ceux qui ont survécu, comme moi, on s’est adaptés, et en fait, c’est pour ça qu’on a survécu., donc si on a survécu, c’est qu’on était assez intelligent pour ça ou qu’on le méritait si, comme certains, on n’était pas si intelligent que ça.

Un an déjà ! Le plus drôle, c’est qu’on s’imaginait, moi le premier, qu’on aurait une impression de vide et de silence, une fois passée la fin du monde. Eh bien dans la réalité, pas tant que ça, au Bugarach où on est restés, parce qu’on ne sait jamais, comme ailleurs.
Ça m’arrive quand même de bouger et d’aller voir ce qu’il s’y passe, ailleurs, avec Rv. La première fois qu’on y est allés, ailleurs, ça nous a quand même fait une drôle d’impression, tous ces gens qui croyaient vaquer à leurs occupations, comme avant la fin du monde, mais qui, en fait, ne vaquaient à rien du tout. Puisqu’ils n’étaient pas au Bugarach au moment de la fin du monde, ils avaient bel et bien disparu, mais apparemment, sans la conscience du fait de la réalité. Et ils sont des milliards, comme ça, à s’imaginer qu’ils vivent toujours, sans se rendre compte qu’ils sont en plein illusion.
Avec Rv, on a beau essayer de leur faire comprendre, rien à faire, c’est peine perdue, question de contact qu’on n’arrive même pas à établir. Comme si personne ne nous voyait, personne ne nous entendait, ne sentait notre présence. Preuve qu’ils n’existent plus, mais qu’ils ne le savent pas. C’est vrai aussi que c’est plus facile de tout ignorer que de tout savoir.
Nos virons ailleurs, vu le peu d’intérêt que ça présente, on y tient pas plus que ça, et du coup, on en fait de moins en moins. Alors on s’occupe comme on peut, ce qui n’est finalement pas très compliqué, c’est juste une question de savoir s’adapter à la situation et d’oublier de cocher les jours qui passent. 

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Cherche Noël. Désespérément.

Bientôt Noël, déjà, encore une fois Noël. Si j’apprends que ce le sera encore d’autres fois et pour toujours, jusqu’à ce que je disparaisse, je me fous en l’air. Sans cesse, tous les 25 décembre, voilà qu’on nous ressert ça. Et va savoir si, dans les officines de la connerie, on ne nous prépare pas, en douce, un deuxième mois de décembre.
Et dire que, tant que je vis, puisque je n’arriverai jamais à me foutre en l’air –je me connais–, je vais me farcir ça jusqu’à ce que je sois rayé des services… À moins que… À moins que je lui torde le cou, à ce satané Noël. Si j’arrive à lui mettre les deux mains dessus.

J’ai essayé de le débusquer, Noël. dans tous les coins où il est censé se la couler douce, dans toutes les boîtes qui impriment des calendriers de l’Avant, et dans toutes les colonnes des calendriers passés et à venir, sauf celles du mois de décembre, je ne suis pas idiot, je sais que c’est un piège.
J’en ai couru des grands magasins, j’en ai arpenté des hypermarchés, j’en ai usé des semelles au Ministère du temps libre d’où on a fini par me virer à coups de bottes dans le cul. En hiver, ceux du ministère du temps libre portent des bottes pour éviter de prendre froid après leur séance de patinage. C’est qu’on y patine dur, ici. J’ai demandé à droite, à gauche, au centre. Vous croyez qu’ils m’auraient donné des tuyaux ? Rien. A croire qu’ils sont de mèche.
Et les minots imbéciles, combien j’en ai interrogé de ces sales gosses ? Et pour quel résultat ? je vous le demande.
« On l’a vu, on l’a vu! »
« Qui ça ? » je leur ai demandé, en espérant vainement une réponse de chenapans.  « Le Père Noël, le ¨père Noël ! » m’ont répondu les petits cons.
Moi aussi je l’ai vu, le Père Noël, et pas qu’un. « Les pères Noël, c’en est bourré » je leur ai dit. Faible consolation de ne pas mettre la main sur Noël, en voir chialer deux trois m’a fait le plus grand bien.
J’ai interrogé des gardiens de la paix, questionné des vigiles avec leurs clebs, sans insister. « Couché le chien, pas mordre, au pied le chien. Chien mordre quand maître dire mordre. »
Pas de Noël en vue, rien à l’odeur, rien à l’intuition, rien au pendule. Merde !

Alors, par dépit, j’ai décidé de m’en prendre à ses symboles, à ce foutu Noël.
J’ai commencé par faire de très jolies illuminations avec les chalets bidons de ses marchés. Je parle des marchés de Noël. Paille et bois, ça vaut les feux d’artifice hors de prix et, question durée du crépitement, ça ne craint pas la concurrence.
Boules puantes en main, chapardées du matin, j’ai visité les grands magasins, en ai planqué dans les rayons. Pas n’importe lesquels, mais ceux des boîtes de conserve, que les clients ça en prend une, ça la repose, ça en reprend une ailleurs. Parce que je ne manque pas d’esprit, je n’ai pas oublié le coin vins et spiritueux. De larguer des chapelets de boules puantes aux caisses m’a fait doucement me marrer. Pour les magasins de jouets, ça n’a pas traîné : un mégot fumant glissé dans du papier bourré d’allumettes, le tout glissé entre des boîtes de poupées Barbie. et hop! Rien que le nom Barbie me donne la nausée, allez savoir pourquoi. Mégot et allumettes, un truc qui marche du feu de dieu !

Les bouchers, charcutiers, pâtissiers, écaillers n’ont pas été en reste. Les boules puantes y sont beaucoup plus dangereuses qu’on ne peut l’imaginer. Quelques unes bien placées ont suffi pour créer un vent nauséabond de panique, que j’ai mis à profit pour aller jouer à l’électricien du côté des compteurs. Barbaques, poiscailles, fruits de mer et autres bûches congelées n’y résisteront pas.

« Vous avez trouvé Noël, m’sieur ? » m’a demandé un des gamins croisés tout à l’heure.
« Pas encore, mais presque » je lui ai répondu en lui tapotant affectueusement son petit crâne de piaf.
Noël, s’il y en a qui doivent savoir où il traîne ses guêtres, c’est les pères Noël.
J’en ai suivi un, un vieux, fatigué d’avoir joué de longues heures à être aimable avec les sales gosses et leurs foutus parents. Je l’ai rattrapé sans mal. Je lui ai demandé où je pouvais trouver Noël. « Chacun voit Noël à sa porte » m’a-t-il répondu d’un air las. Je n’ai rien compris, pas plus qu’il n’a compris lorsque je l’ai froidement planté avec une stalactite trouvée sur place. La caillante, ça peut avoir du bon.

Noël, je l’ai cherché, encore cherché, sans le trouver. Je me suis caleté sous un porche en attendant le SAMU social. Ça pèle. Demain serait une dure journée : il fallait que je me repose. Une très dure journée.

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Combien de temps le temps va-t-il durer ?

Le temps, ce vieux fleuve ridé et fatigué ne se soucie pas plus de moi que je ne me soucie de lui. Chacun chez soi : il vaque à ses occupations, je vaque aux miennes sans le voir, si ce n’est le 30 février lorsque se croisent nos chemins d’errance. Il se croit éternel, mais il ne me survivra pas : à l’instant où je ne serai plus, il cessera d’être. Bien sûr il n’y en aura nulle preuve, car rien ne pourra en témoigner.

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Snowing in WordPress – Il neige chez WordPress

WordPress, c’est drôlement bien et tout joli, avec la neige qui tombe. Où exactement ? J’en sais trop rien. Regardé sous l’écran, sous le bureau, démonté le clavier, la souris, mes stylos feutre, les autres à bille, ouvert mon étui à lunettes, regardé au fond de ma tasse à café, dans mes pantoufles : rien. Comme les neiges d’antan, de Villon.
C’est quand même bien joli, ces petits flocons. Vent de face, vent de travers, peut-être pour ça que la neige ne tient pas, à moins que ce soit parce qu’il fait bon là où je suis. Jolis mignons comme tout, ces minuscules flocons, mais je rêve d’énormes flocons, comme ceux qu’on appelle par chez nous, du côté de la Savoie, des bérets de chasseurs alpins. De grands bérets si blancs qu’on ne les retrouve qu’à la fonte des neiges. Des gros flocons seraient bien aussi jolis que des petits et ils seraient bien utiles pour cacher les fautes qui se promènent dans les textes. Une vilaine faute, et hop, un gros flocon, ni vu ni connu. On aurait des touches dédiées qui permettraient de faire toutes les tailles de flocons : des moyens, des gros, des énormes qui rempliraient tout l’écran, et même des qui en déborderaient. Ce faisant, on verrait peut-être où passe toute la neige qui tombe. Suffirait de suivre son parcours. Sans compter qu’avec de bien gros flocons on pourrait cacher les articles qui sont trop moches, trop méchants, trop n’importe quoi ou même effacer des histoires sans queue ni tête, comme celle-là.
Des boules de Noël, rutilantes comme un nez de père Noël sous la bise, ça pourrait aussi être très joli et très gai, mais comme les plus belles boules, celles qui rutilent, sont en verre, c’est peut-être trop fragile.
Enfin, avoir de la neige, même si elle est fine comme des têtes d’épingles, c’est déjà un sacré beau cadeau, à condition d’être bien au chaud. Avec des gros flocons, c’est vrai aussi que ça ferait un paquet de neige, et si on trouvait où elle s’entasse, on en ferait de ces bonhommes de neige et de ces bagarres rigolotes de boules de neige. Des bagarres sur Internet, ça devrait pouvoir marcher, non ?

Merci à WordPress

My tailor is rich , but my english is poor.
Mon anglais étant ce qu’il est, ce serait avec grand plaisir que j’accepterais une traduction sympa de ce texte ou un corrigé de celui qui suit. Par avance merci.

WordPress is funnily superb with snow falling . Where precisely? I don’t know. I watched under the screen , under the desk. I disassembled the keyboard , the mouse, my pens. I opened my glasses case and I looked at the bottom of my coffee cup as well as in my slippers: nothing. Disappeared , as the snows of yesteryear (François Villon)

It’s very pretty , these small flakes headwind , crosswind , this is perhaps why the snow does not remain , unless it is because it is soft and warm where I am . Pretty and cute , these tiny flakes, but I dream of huge flakes , like those called  » berets Alpini  » in my country, in Savoy . Great white berets so white that one doesn’t recover them before the snowmelt if we lose one of these. Some big flakes would be well as pretty as small , and they would be very useful to hide the mistakes that spoil the texts.

A bad mistake , and presto, a large flake, neither seen nor known . One would have keys of the keyboard that would be dedicated . They would permit to make any sizes flakes . Means , big , huge , which fill the entire screen , and even flakes that extend beyond the screen . Then we would see maybe where passes the whole snow . And one would have the advantage , with large flakes , to hide the posts that are too ugly , too bad , too stupid , or delete stories nonsensical like this one .

Some Christmas balls , like shiny nose of Santa Claus in cold wind , could also be very pretty and very cheerful , but as the most beautiful balls , those gleam , they are made of glass and may be too fragile . Finally, with some snow , even if it is thin , this is already a sacred beautiful gift , provided you have a hot housing . With big flakes , so much snow , if you know where it is hiding , you can make snowmen and make snowball fights. Via the Web , of course!

 Thanks to WordPress

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Mémoire du passé et mémoire du futur

— Ah, mais c’est qu’il s’en est passé des choses, ces deux mois passés. Mais le passé, c’est le passé, comme on dit, et on va pas revenir dessus.
— Le passé, on peut jamais y revenir dessus. Et pire quand c’est qu’il est derrière nous. Que les choses elles se sont déjà déroulées, qu’elles ont eu lieu, quoi.
— Pas que les choses, les événements aussi.
— Les événements aussi. Et t’as fait quoi, ces deux mois ? Qu’on m’a dit que…
— Que des conneries, on t’a dit, que des conneries et des menteries. Et je sais de quoi je cause, puisque c’est moi qui y ai fait.
— T’as fait quoi ?
— C’est pas que je le dirais pas, c’est pas mon genre d’être taiseux, mais j’en sais plus trop rien, la mémoire…
— Moi je note tout, heure par heure et même plus. Mais le passé étant le passé, tu vois ce que je veux dire…
— J’avais aussi commencé à y faire, les notes et tout, sauf que j’avais oublié de noter qu’il fallait que je note tout. Du coup, j’ai oublié,
— Paraîtrait qu’on retient que ce qu’on veut retenir et que ce qu’on retient, c’est les trucs importants du passé ou d’ailleurs, mais pas du futur. La mémoire sélective, ils y appellent.
— Le futur ça peut pas se retenir à cause que c’est du conditionnel. Il faudrait pouvoir y avoir vécu, mais on peut pas avoir vécu quelque chose qui a pas eu lieu, et du coup qui a pas existé. Les seuls trucs du futur qu’on peut se rappeler, c’est ceux qui auraient déjà existé.
— Sauf qu’il faut pas que la mémoire te fasse un tour de cochon, sinon…

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Accommoder les restes

Les Gaster Chef et autres impudeurs gastronomiques, ça commence à bien faire, disais-je déjà dans un article paru dans le Petit Biafrai, fin années 60, où j’annonçais le déclin de ces manifestations pantagruéliques. Et d’ici peu, me mouillais-je d’avancer alors, la mode passerait de la gastro et des gras du bide à la frugalité de l’accommodation des restes et à la ligne fil de fer, barbelé pour ceux que cette nouvelle mode ne manquerait pas de hérisser. Juste vision des choses, mais mauvais calcul, je l’admets, puisqu’il aura fallu attendre que s’affichent sur nos calendriers les années 2010 pour qu’accommoder les restes devienne la grande préoccupation de cette nouvelle ère. Les nantis eux-mêmes, désormais et parce que nécessité fait loi, se mettraient au délicieux goût du jour de l’accommodation des restes.

récupérer et accommoder les restes

Se nourrir à vil prix, se vêtir pour 3 francs six sous, se meubler pour pas un rond, bref : récupérer, reycler, raccommoder, accommoder les restes, s’accommoder

Nous sommes en 2013, vous, moi, avec ce qui est resté de biafrais et d’autres crève-la-dalle, et accommoder les restes est devenu le leit-motiv lancinant des médias. Sport désormais incontournable, comme le disent les commentateurs sportifs qui s’y connaissent en scies convenues, les Franchouillards s’y adonnent désormais avec passion. Caviar, homards, truffes, ris, huîtres, poulardes bressannes, crème fraîche et beurre bio, saumon sauvage… qui avaient intérêt à se tenir tranquille pour échapper à leur prédateur –l’homo-consommiens– peuvent se balader sans crainte d’être génocidés en passant à la casserole. Ce qui n’est pas la même pour les carcasses de volaille, les épluchures, croûtes de fromage, côtes de cucurbitacées, trognons de pommes, quignons de pain rassis ou crème fraîche défraîchis à souhait qui connaîtront une deuxième vie, certes sans gloire, mais honorable. Sans gloire ? Pas si sûr, comme me l’ont dévoilé une tapée de directeurs de productions TV  qui, d’emblée, se tirent la bourre pour s’attirer les bonnes grâces de l’audimat. 

Accommoder les restes ne concerne pas que la seule pitance, manquerait plus que ça ! Tout ce qui est consommable est concerné, c’est-à-dire absolument tout : objets animés et inanimés dont –et je commence par le meilleur–, les services et ustensiles de cuisine, le mobilier, les fringues, les pompes, les logis et leur déco, les médocs, les outils, les bestiaux de compagnie et les préservatifs usagés, plus la kyrielle de ce que j’ai oublié. Et les gens, les personnes, quoi ! Ce qui nous permettra d’entendre ce genre de conversation :

— Elle a de beaux restes, ta meuf.
— Mouais, mais encore faut-il les accommoder comme il faut.
— Mais c’est-i pas dans les vieux pots qu’on fait la bonne soupe ?
— Je le veux, mon n’veu, mais pas avec des vieux poireaux.
— On peut-i pas les accommoder aussi, les vieux poireaux ?
— Si fait. Viagra, pompe à vélo… Recyclée. 

Récupération. Les restes de la vieille veille, on les récupére. Les chanteurs des sixties, on les récupère. Les vieux vélos, les vieux ordis, les vieux de la vieille, les vieux réveils, les vieux sportifs qui ne peuvent plus récupérer de leurs efforts à la con, on les récupère. Les tampons usagés, on les récupère, comme les couches des moutards, avec la moutarde qu’on en fera de l’engrais. On récupère tout, on recycle les vélos qu’ont les roues en huit, les cheveux coupés en quatre, la vaisselle brisée, les 5 à 7 de ma voisine, les blagues sur Internet, les samples pompés sur d’autres samples eux-mêmes pompés sur des musiques pompier. Comme les placentas qu’il y a belle lurette qu’on ne jette plus aux chiens, on récupére les rognons, les coucougnettes, les cerveaux plats, les cœurs qui battaient la toquante, les intestins dont on emballera caillettes et Jésus. Tous les organes, sauf l’Huma. J’oubliais les chaussettes, qu’on se remet à raccommoder.
On s’accommode, on raccommode, on accommode les restes. Finies les émissions du genre Mastards en Cuisine, Maisons Côtées, Rêva Déco, et place à ces autres plus respectueuses de l’environnement et du durable, comme “Loquedus aux poubelles” ou “Ma masure c’est moi qui y ai fait avec trois fois rien, ça se voit et j’en suis fier”, dont le titre, à lui seul, est tout un programme. Télé. Encore plus déchaînés que précédemment sur leurs chaînes respectives et interchangeables, voilà que les chefs étiolés étoilés, décorateurs (géniaux), aliens nutritionnistes, réparateurs démiurges, chirugiens brico-esthéticiens te nous remettent les idées en place en nous apprenant à accommoder les restes. Chapeau bas ! Mais, nous montreront-t-ils comment recycler nos vaillantes poubelles lorsque, à force d’explorations fiévreuses, leur ventre rempli de détritus en fin de vie, béantes et sans plus de couvercle qui les rassurait sans toutefois les protéger réellement du pillage… elles seront sur le point de rendre l’âme ? Enfin, saurons-nous nous accommoder de ces conneries médiatiques ?

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Stars en cuisine 2013 : une (modeste) victoire

stars en cuisine 2013 Sainte-Maxime - Remise prix

On l’a eu, youpi !

Ça n’a pas été de la tarte, normal, puisque… ça n’en était pas…       lire

Mal barrés, nous sommes nous dit. Mais au final, et après une course effrénée…       lire

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Drame du voisinage, große fatigue et priorités

Trriiinck. 10 heures TTC, heure chrétienne à laquelle j’ai mis le réveil à sonner, l’heure c’est l’heure, surtout avec un réveil made in Germany. C’est qu’il en faut du temps avec tout ce que je n’ai pas à faire de toute la journée. Les réveils, faudrait leur apprendre à mettre eux-mêmes leur sonnerie à la bonne heure. Après tout, ça devrait faire partie de leur attribution, non ?
Heure chrétienne, quoi que protestante, mais de bon aloi et citoyenne, une heure qui évite de faire du ramdam à des heures indues. C’est pas comme d’autres, mon voisin, par exemple, un couche quand il veut, donc tard, et un lève quand ça l’arrange, d’autant plus tôt si ça peut importuner son voisin immédiat, moi en l’occurence, qui déteste l’erstaz de sonnerie Big Ben de son horloge comtoise dont j’entends les tics, les tacs et pire à travers la cloison. Les murs ont des oreilles de mon côté, des lèvres collées à un porte voix, avec une grande gueule, de son côté à lui.
Je le vois passer devant la fenêtre de ma salle de bains. Il s’arrête, jette un regard pas gêné. Je lui fais signe de déguerpir. Autant glisser dans un fiolon, chose impossible, le goulot étant par ma foi trop étroit. L’instant d’après, ce qui fait tout de même quelques secondes, il a quitté le carré de cour de pas deux mètres sur deux qui sépare son logement du mien. Il est entré dans sa salle de bains d’où, c’est sûr, il va épier mes faits et gestes, comme à son habitude, sa sale habitude. Nos salles de bains sont en vis à vis, c’est malin ! Gagné ! Je croise son regard malsain qui passe sa vitre, traverse la mienne et m’observe, la sale fouine. Je me jette sur mon téléphone, un vieux téléphone en ébonite noire : il va m’entendre !
Allo, je lui fais, c’est pas bientôt fini ? Je suis quand même chez moi, dans mon chez moi à moi, et vous n’avez rien à y faire. Alors via, SVP, et à bon entendeur salut ! Sinon… je rajoute menaçant.
Je reconnais, je m’emporte facilement, ce qui a souvent pour effet de ne pas calmer le jeu. C’est ce qui arrive.
Je le vois prendre un broc d’eau, faire de grands gestes désordonnés, ouvrir sa fenêtre. Le temps de comprendre, il balance le contenu du broc dans ma direction. Splash ! Une urgence se dessine qui me fera éponger les dégâts ultérieurement. Le temps d’essuyer vite fait mon téléphone, je balance l’éponge puis enjambe dare-dare la fenêtre de ma salle de bains pour aller secouer les puces à cet abruti. Il m’a vu et referme sa fenêtre sur moi, brisant mon élan. Une fenêtre à une seule grande glace. Passés le drrzzzing et patatras de sa vitre qui explose, je me retrouve face à lui et, faisant fi des éclats de verre qui jonchent le sol et de ceux qui se sont fichés sur mon crâne et partout ailleurs, je le martèle d’injures en le boxant consciencieusement. Je vais pour l’achever lorsque deux mecs balaises dans une drôle de tenue blanche me ceinturent.
Twiiiiiiitt. Je regarde ma montre, une mécanique de précision made in Switzerland dont l’heure s’aligne automatiquement sur l’heure officielle, par signal radio. Très forts, les horlogers suises. Elle marque 10h15, et il ne s’est pas passé plus de cinq minutes depuis que mon réveil a sonné ses 10 heures. Au prix du temps perdu, qu’il retarde de dix minutes me semble tout à fait inacceptable. Made in Germany ou pas, je ne vais pas en rester là.

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