Les derniers écrits parus sur les blogs de Pierre C.J. Vaissiere

Cliquez sur une des images pour atteindre la page d’accueil d’un de ces 5 blogs, ou sur un des titres pour lire le dernier article paru. Ci-dessous, un aperçu du contenu de ces blogs. En vous souhaitant une bonne lecture.
17/05 – On m’oubliera. Vous aussi on vous oubliera
20/04 – Inquiétude chez les marchands de bateaux
1-ce_que_pierre_vaissiere_aurait_pu16/05 – Une bien désolante histoire d’amour
01/12 – L’esquisse du rêve
13/03 – T’étais où ?
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Une niouze léteur tant attendue

Enfin une lettre d’infos où le sérieux le dispute au grave, même si c’est stupide si on prend conscience de la gravité des événements et de celle qui fait tomber les objets, surtout ceux qui ont de la valeur, tel ce magnifique cendrier en terre cuite qu’un enfant me prenant pour son père m’a offert pour la fête des mères, on aura tout vu.
Dans laquelle, perdue parmi un flot de textes d’une insondable profondeur, surgit hélas aussi mollement que discrètement l’annonce d’un week-end pour apprendre à faire face. À quoi ? Découvrez-le en lisant la suite.

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On m’oubliera. Vous aussi on vous oubliera

Il y a des gens qu’on ne peut pas oublier. On les voit une fois, des fois moins que ça, et hop, on les a dans la tête. Et peu importe les moyens qu’on se donne pour les effacer de notre mémoire, c’est peine perdue, on n’y arrive pas. Même en dépensant des fortunes au bistrot.
Je ne fais pas partie de ces gens. Mon inexistence est telle que, si je n’étais pas moi, je m’élèverai une statue pour glorifier ce néant sans relief qui caractérise ce que je vis survis. Inexistence qui n’est autre que le reflet de ma personnalité. Je n’ai aucune personnalité, et c’est bien cette absence totale de personnalité qui fait que je suis moi, pas un autre. Et quel moi ! Un moi inimitable, taillé sur mesure, et qui me va comme le gant d’une main droite sied à un pied gauche. Parlant de n’importe qui d’autre que moi, et sachant la complexité du pied, je trouverai ridicule de dire de quelqu’un qu’il est bête comme ses pieds. Mais le dire à mon propos est fort à propos.
Il y a des gens qu’on a tout intérêt à oublier. Dont je fais partie. Aujourd’hui, avec toutes les infos qui nous sont infligées, occuper de l’espace mémoire pour y caser du vide ne présente strictement aucun intérêt. M’imaginer me rappeler ce peu que je suis et à quoi je ressemble m’est impensable, d’autant plus impensable que mes seules pensées sont celles que j’ai coupées dans le jardin de la voisine. Des pensées d’un beau noir qu’on les dirait venues d’Afrique. Pas celle du nord, vous comprenez.
Et n’allez surtout pas imaginer que s’oublier soit un signe d’altruisme ou qu’il s’agisse de privilégier les autres au détriment de soi, comportement qui revient à peu de choses près à se pisser dessus.

Mais ne nous y trompons pas : ce je et ce moi apparemment singuliers ne sont qu’un leurre, un voile qu’il  suffit de soulever pour y reconnaître celui avec qui vous partagez votre vie : vous. Ou moi, qui sommes si proches qu’on peut se demander comment la xénophobie ou le racisme ont pu être inventés puis prônés en tant que véritables institutions.

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Un trou, rien qu’un trou

Quand je me suis réveillé, il faisait nuit noire. J’ai cru un instant que c’était parce que j’étais mort. L’instant d’après, je me suis dit que, si je pouvais penser, c’est que j’étais bel et bien vivant. Puis je me suis rappelé avoir appris que, même après la mort, on peut penser. Pour preuve, les vivants qui parlent avec les morts, et vice-versa, même avec ceux qui le sont depuis longtemps. Bref, pas si sûr que je sois encore vivant.
La lumière ! me suis-je dit en cherchant à tâtons l’interrupteur. Mes doigts fébriles n’ont trouvé que le vide et le néant, qu’on ne trouve qu’au royaume des morts, c’est connu. Je me suis alors rappelé que, la veille, j’avais décidé d’aller dormir à la belle étoile, raison donc pour laquelle je n’avais pu trouver l’interrupteur. L’évidence même.

La nuit, ce ne sont pas les étoiles qui manquent. Levé le nez au ciel : rien. Quand m’est revenu un Jité d’il y a peu où ils avaient parlé d’une éclipse. Qui dit éclipse, dit fraîchissement de la température. Il fait doux, pas loin de faire chaud. Puis je ne vois pas en quoi une éclipse nocturne pourrait refroidir sufisamment l’atmosphère pour qu’on s’en rende compte. Et une éclipse de quoi ? je me demande.
Toujours est-il que je n’y vois goutte. Le noir total. Mais dû à quoi ? La nuit ? Une éclipse totale du soleil en plein jour ? Les deux à la fois, idée que j’avoue être plus ridicule que saugrenue.
Tendons l’oreille, me dis-je. La nuit portant conseil, je devrais pouvoir en saisir un au vol. Mais c’est le silence. Absolu. Aucun bruit, ni là, ni ailleurs, ni dehors, ni dedans. J’ai beau avoir l’impression de sentir mon coeur battre, je ne l’entends pas.
Pose la main dessus tu le sentiras battre, me dis-je. Le vide. Soit ma main ne répond pas, soit mon sens du toucher ne fonctionne plus, soit je n’ai plus de main, soit encore j’ai égaré mon thorax, ou pire, je n’en ai plus. L’autre main ne fait pas mieux.
Je ne sais plus quoi penser. J’ai un trou de pensée. Béant.
Lorsque l’évidence me saute aux yeux que je sais tout à coup ne plus avoir : je ne suis plus qu’un trou.
Profond ? Comment voulez-vous que je le sache ?

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Jean-Michel THIBAUX : droit au repos et au respect

Jean-Michel Thibaux n’est plus. Inutile donc de vouloir encore et toujours le tuer.

Fiel Ciel ! qu’apprends-je en ouvrant Var Matin version numérique du 18 mars 2015 ? Que l’écrivain toulonnais Jean-Michel Thibaux (je cite) « avait sa part d’ombre, notamment une condamnation en 2010 pour possession  d’images pedo pornographiques », information capitale, reconnaissons-le.

Mais où avais-je la tête, que pour un peu, j’allais oublier de préciser l’annonce de son décès, dans le même Var Matin, version numérique du même jour.
Laissons de côté le style de haut vol qui présente moins d’intérêt que la couleur de la petite culotte de la fille de la concierge qui la montre à tout-va quand elle fait ses galipettes de gamine de 6 ans, si c’est pas malheureux, mais que font les Milices de la Vertu ? et occupons-nous de ce qui semble préoccuper outre mesure (de QI) le ou la signataire de l’article, à savoir les fesses de quelqu’un d’autre (en l’occurence celles de JM Thibaux) plutôt que de s’occuper des siennes propres (plus ou moins, car après tout, rien ne dit qu’elles soient immaculées). La poutre que certaines personnes ont dans l’oeil les empêche de s’approcher suffisamment du miroir, par crainte de le briser, c’est navrant.
Qu’il y eut ou non équité, un jugement, me semble-t-il, avait été rendu en 2010. Remettre une couche 5 ans plus tard en utilisant ……..*ment (je pèse mes mots) un vocabulaire judiciaire lorsqu’on attend un contenu nécrologique  relève d’une bassesse et d’une vile facilité qui me fait étrangement penser aux pratiques inquisitoires de ces régimes auxquels nos sveltes silhouettes doivent beaucoup, vive les carottes Vichy.

Pour faire bref, ça pue la délation, la jalousie, ça émane d’une vindicte, hélas pas même populaire, ça renifle le règlement de comptes, c’est bas et indigne comme les plus basses des oeuvres, et pire, c’est ordinaire. L’auteur(e) de l’article, pour faire bon poids bonne mesure, en rajoute :
Jean-Michel Thibaux, dépersonnalisé, devient l’Homme (dans la phrase «L’homme avait sa part d’ombre…») et, photo à l’appui, prend les traits d’un abruti à qui je ne confierai ma grand-mère et ma belle-mère que dans le seul but de leur faire cracher leur code de carte bancaire. C’est connu : les pervers (surtout sexuels) ont une sale gueule, et ceux qui écrivent de telles insanités devraient se demander pourquoi  leur miroir ne leur renvoie aucune image.

Mais avant de devenir l’homme avec sa part d’ombre (JM Thibaux est bien sûr le seul à avoir une part d’ombre), il fut d’abord artificier. Les artifices ne sont pas loin, que suivent les mensonges : tout est en place pour «entrer en littérature» puis «passer en revue une multitude de genres littéraires, de la biographie romancée à la saga provençale. Etc» Misère, peau de banane et associations pour le moins malheureuses. Si fortuites que cela ?
Secret… consécration… or… diable… ombre… possession… pedo pornographiques…  Calmann-Levy…

Et par dessus tout ça, vous me mettrez un «Rappel du Tambour», au cas où l’article (celui de Var Matin) n’ait pas été assez clair.

Pour clore : BRAVO !

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* Ne comptez pas sur moi pour faire montre de la moindre vulgarité

Le prochain article sera pire. Promis. J’y parlerai de ces collections d’oeuvres d’art pedro-phonographiques pedo-pornographiques qui embellissent les vieux jours de personnes au-dessus de tout soupçon. Il y sera aussi question de décrets concernant l’obligation, pour toute personne nubile, de se reproduire. Comme quoi, la morale…
En attendant, que chacun s’octroie la paix qu’il estime mériter, mais pas plus. Un contrôle sera effectué.

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Manif « Je suis Charlie » : la réalité, selon le journal humoristique Hamvasser

Satire ou humour, Hamvasser nous a bien fait rigoler. Quels sacrés clowns, nom de dieu !

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« Je suis Charlie » : de l’émotion à faire perdre la raison

À propos des actes de terrorisme, notamment ceux de janvier 2015, et des manifestations “Je suis Charlie” qui ont suivi.

Que d’émotion ! Que de larmes versées parfois par de navrants crocodiles, et combien d’autres retenues par des personnes touchées dans leur chair, que la pudeur ou un mauvais fonctionnement des glandes lacrymales empêchaient de couler. Que de tristesse dans les visages de ces gens comme étonnamment réjouis
Réjouis de quoi ? De se lever ensemble pour dire non aux empêcheurs de s’exprimer comme on l’entend ? De baguenauder confortablement en faisant montre de résistance, sans risque, face aux terroristes absents de cette parfois liesse populaire ? D’être simplement là, à la manif, pour pouvoir dire qu’ils y étaient –eux–, et que, sans eux, c’en serait fini de la république et de son bref et utopique triptyque –liberté, égalité, fraternité– dont la dorure a perdu de son éclat ? Ou pour toute autre raison que, rien ne m’autorisant à juger, je pourrais tout aussi bien m’autoriser à juger et dénoncer, le tout venant n’ayant pas plus le droit à l’intolérance que je n’y aurais droit.
Quelle poignante émotion, que de grandeur d’âme dans ce partage de grand messe où personne, au final, ne pourrait ou ne voudrait prendre la part du fardeau que supportent, bien malgré elles, les victimes et leurs proches, celles d’ici occultant celles en masse de contrées* si lointaines que leurs cris se perdent dans notre indifférence de privilégiés.
Oui, les gens se sont levés, indignés, exaltés, emportés par l’émotion. Cette émotion qui a vite fait de conduire à la confusion et de faire perdre la raison. Dont nous avons grand besoin.


* Oeuvre Agissements de Boko Haram, des centaines de morts, voire des milliers, au Nigéria, notamment les 7 et 8 janvier.

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Une voie vers le terrorisme

S’imaginer qu’il n’y a plus grand chose à l’horizon mène à la désespérance. C’est la rançon que paient les sociétés développées. qui ont privilégié l’avoir au détriment de l’être.

L’individu a besoin de donner un sens à sa vie, quel que soit ce sens, raisonnable ou pas (qu’entend-t-on cependant par raisonnable ?), d’avoir un rôle quel qu’il soit, de servir quoi et à quoi que ce soit, d’être utile ou inutile (l’inutile utile, par ex., à qui souhaite détruire). C’est ce qui donne le sentiment d’exister, sentiment qui se passe de toute morale, quand bien même s’appuierait-il sur une morale. Les sociétés modernes et démocratiques ne savent pas répondre à l’attente, en ces termes, de tous les individus. Ceux qui sont dénués de ce sentiment (parce que il ne leur aurait pas été inculqué ou pour toute autre raison) se tournent alors vers ce qui leur donnera ce sentiment d’être, fut-il illusoire, et une reconnaissance, fut-elle utopique. On croira alors exister soit en consommant de l’info, de la drogue, du sexe, de l’Internet et ses réseaux sociaux; soit en adhérant à des courants de pensée se déclarant seuls dépositaires de la vérité : idéologies ou religions (Résistance ou Collaboration – Gauche ou Droite extrêmes – bien ou mal – etc.); soit encore à se mettre en quête de n’importe quelle réussite, fut-elle vaine, insensée et porteuse de mort, y-compris pour l’auteur de cette quête. On pourra alors devenir envieux, vindicatif, haineux,y compris contre les siens qu’on pourra éliminer sans état d’âme si cela permet d’assouvir ses besoins qu’on perçoit comme étant d’un intérêt supérieur. Une voie est alors ouverte à toute forme de terrorisme.

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Le calendrier perpétuel : une arnaque

Avec l’invention du réveil, ses poules qui picorent au bruit énervant du tic-tac, ses sonneries intempestives, je pensais que l’humanité avait touché le fond de la bêtise et atteint les sommets de l’inutile, mais c’était sans compter sur l’invention du calendrier, surtout le calendrier perpétuel qui remporte tous les trophées.

Becquetées par des gallinacés voraces, les secondes s’égrènent au rythme des fléaux qu’agitent frénétiquement des cul-terreux. Leurs visages ravinés par le temps et avinés par la bibine, ils s’échinent pour le pain quotidien que le bon dieu ne livre plus depuis un bail. Faut dire que, battre le blé, ça réchauffe. Pressées comme s’il y avait urgence, les minutes et les heures font une ronde incessante, sans crainte que ne pètent les rouages du temps, qui se nourrissent du rien.
Mes réveils, horloges, montres et autres idioties censées me prévenir que ma durée de vie –limitée–, s’amenuise, ont rejoint le néant. Un traitement au TNT les a anéantis, sans toutefois me rendre immortel (j’étais au fait des aboutissants), et tant mieux.
C’est en m’interrogeant sur le nombre de secondes, minutes, heures, jours, mois et éventuellement années qui m’étaient encore octroyées que je me suis rendu compte à quel point j’avais été naïf d’avoir, pas plus tard qu’hier, acheté un calendrier perpétuel sans avoir fait le moindre calcul de rentabilité. Investir dans un tel achat lorsqu’on est jeune peut se comprendre, si on pense au nombre de fois où on aura à tourner les pages. Mais d’avoir survécu à soixante-dix hivers, ce qui est mon cas, aurait dû m’inciter à plus de circonspection en terme d’investissement ; car qu’en sera-t-il de l’amortissement de mon achat si je meurs à l’instant ? N’aurai-je pas l’impression de m’être fait arnaquer par un vendeur peu scrupuleux ? En supposant que, par erreur, j’atteigne le double de l’âge canonique, par rapport au prix qu’aura payé un jeunot de vingt ans, j’aurai tout de même surpayé ce stupide calendrier perpétuel.
C’est décidé : je vais lui prodiguer les mêmes soins qu’à mes réveil, horloge et montre. Un petit agenda le remplacera et fera largement l’affaire pour y noter les dates d’échéances de mon assurance vie et autres broutilles.

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Une forêt plus riche en essences que l’OPEP

Ma forêt.

Elle abrite : un saule rieur pour y faire d’amusantes siestes à l’ombre et au sec ; un peuplier raides comme la justice dont je tirerai quelque bonne règle ; un frêne pour ralentir le temps ; un hêtre philosophe qui se pose des questions sur l’existence ; un poirier sauvage dont les racines boivent les nuages ; des orangers dérangés qui s’arrangent en rangées ; des palmiers aux pieds palmés ; un abricotier pour y ancrer en toute sécurité ma pirogue en fromager ; un boulot à l’entrée de ma petite scierie, un autre à la sortie ; un baobab acheté à Baboa, un patelin inventé où on joue aux indiens, et où s’ébat mon boa Bob ; un châtaignier séculaire au courant de tout dont la sève donne du 220 volts ; un cacaotier où aime à se percher mon cacatoès ; un chêne liège qui commence à avoir de la bouteille ; un églantier pour ses fruits dont je fais d’excellentes tisanes ou des facéties de gamin ; des fromagers pour y tailler mes pirogues ; un guimauvier qui me donne de beaux marshmallows à manger crus dès qu’ils sont mûrs, ou cuits s’ils ne le sont pas ; du houx un peu partout, je ne sais où ; du gui que je coupe à la serpe pour la saint Sylvestre ; un lilas pour mon amie Lola de Lillehammer, marteau de ses fragrances ; des acacias pour leurs fleurs et le miel qu’en feront les abeilles si elles recouvrent la santé ; un tilleul pour l’aïeule ; un marronnier d’Inde pour le plouf que font les marrons lorsqu’ils tombent dans la mare aux niais que j’ai nommée ainsi parce que mes dindes y vont (mes trois beaux canards aussi, qui s’en vont baignant) ; quelques nougatiers achetés chez un arboriculteur du couloir rhodanien, côté Provence ; un cèdre si solide qu’il ne cédera jamais ; une allée d’ifs à l’entrée de mon château ; des sapins sur les lopins distants où gambadent mes lapins ; un plane sur mon aérodrome privé ; un pin parasol contre les coups de foudre (très haut, il fait paratonnerre) quand je profite de son ombrage en galante compagnie ; un anacardier pour ses noix ; un noyer pour les siestes migraineuses que j’y fais lorsque le bruit lointain de machines me prennent la tête ; un aloès à l’ouest ; un genévrier et ses fruits que dévore mon jeune lévrier en février surtout, lorsqu’il est enrhumé (l’année passée, j’ai trouvé plusieurs fois le jeunet vrillé autour de l’arbre, à japper tant et plus à cause des aiguilles piquantes) ; six troènes que j’ai maladroitement brûlés un jour où j’ai voulu les débarrasser d’une invasion d’insectes avec de l’eau de Javel, remède conseillé par un mauvais conseiller, chef de file d’un lobby de l’industrie chimiste ; offert il y a longtemps par une amie mormone, un énorme orme hors normes, ni mort ni morne, malgré son vieil âge ; un teck pour voir si son bois vaut celui du fromager ; un gaufrier à l’ombre des arbres à sucre (les érables) ; un palétuvier rose ; un camphrier au cas où mon lévrier, vieillissant, soit atteint de bronchite chronique ; un hévéa pour y faire des exercices d’assouplissement ; des bambous que mettent à sac mes pandas ; des eucalyptus que ratiboisent mes koalas.
Sans compter les tecks, ébènes, mélèzes, poivrier, pruniers, épicéas, platanes, douglas, pins cembro, séquoias, thuyas, caroubiers, vanillier, sorbiers, jujubier, prunus et j’en passe.
Plus des lauriers que, pour une telle forêt, je mérite largement.
Mais vrrrrrrrrrrrrr hurlent les tronçonneuses aux confins de ma petite Amazonie.

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Gagner du temps

le taon passe vite

— C’est terrible comme le temps passe.
— Il passe si vite qu’on n’a même plus le temps de le prendre. Ne serait-ce que pour lire un bon bouquin. Et encore faut-il qu’on l’ai lu pour savoir que c’est un bon bouquin. De toute façon, avec le temps que je passe à engranger des milliers de films sur mon ordinateur, je ne risque pas d’avoir le temps de lire.
— Moi, mon truc, c’est plutôt les bouquins. Mais si j’avais tout plein de films,  j’aime autant vous dire que j’en profiterais.
—  À condition d’avoir le temps, et les films, si on veut avoir le choix, on y passe un temps fou à les enregistrer. Du coup, on n’a pas le temps de les regarder.
— Moi, c’est les livres. J’adore lire. Mais comment voulez-vous que j’aie le temps de lire puisque je consacre tout mon temps à écrire ce que je ne pourrai lire que lorsque j’aurai le temps. Et ça n’est pas demain la veille, sauf si je décide de ne plus avoir le temps d’écrire.
— Et à condition d’avoir le temps de vous décider. Les décisions, faut pas se précipiter pour les prendre, bien peser le pour et le contre. En parler à droite, à gauche et ne pas avoir peur de demander conseil.
— Ce qui prend beaucoup de temps.
— Ça peut se faire au téléphone si on veut éviter de perdre son temps dans les embouteillages.
—  C’est pas le plus grave, les embouteillages. J’ai toujours un bloc-note sur moi, au cas où. Du coup, plutôt que de poireauter en attendant que ça se remette à rouler, j’écris. Le plus embêtant, c’est de trouver une place de stationnement. Une place gratuite.
— Elles ne sont pas si gratuites que ça les places de stationnement gratuites. Parce que si on compte le temps qu’on met à en trouver une, et le temps étant de l’argent, ça finit par revenir cher. Prenez le temps de faire le calcul, moi je l’ai fait, c’est édifiant.
— Sauf que le temps que vous passez à chercher une place, c’est autant de temps que vous n’avez pas pour enregistrer un nouveau film.
— C’est vrai, mais comme je n’aurai jamais le temps de le regarder, ça n’est pas si grave.
— Ce qu’il faudrait, c’est pouvoir gagner du temps. Après tout, on arrive bien à gagner sa vie, alors pourquoi pas le temps ?
— On voit que vous ne vous n’avez jamais pris le temps de calculer le temps qu’on perd à gagner sa vie.
— Sinon, on doit bien pouvoir trouver quelqu’un qui aurait du temps à revendre.
— Oui, mais à quel prix !

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Des fourmis compatissantes

6 heures ont sonné. Je n’ai entendu ni les six coups de l’horloge, ni les battements ralentis de mon cœur. Je ne me suis pas réveillé.
J’ai attendu qu’il se passe quelque chose, mais rien n’est venu si ce n’est le repos.
Sans les fourmis invasives venues me rendre visite, j’aurais sans doute fini par trouver le temps immensément long.

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Apéros politiques, gauche, droite et philosophie de bistrot

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Un apéro politique, on appelle ça, dans notre équipe de bras cassés. Notre siège, c’est chez Dédé, le bistroquet dont on est devenus les piliers sans lesquels le bouiboui aurait fermé depuis un bail. On y débat de tout en causant de rien ; on y défait et refait le monde ; on s’engueule et on jure comme des charretiers avant de se rabibocher en levant le coude.
On se traite de peignes-culs, de couilles molles, de staliniens, d’ayatollahs, de fachos, et au pire des prises de bec, injure suprême, de conciliateurs. Pendant que Dédé compte les points et encaisse.

La gauche prend la balle, la droite l’intercepte, le centre la rafle avant de la perdre par crainte de s’engager à fond les manettes. Au dernier verre (avant le prochain, celui des soigneurs) c’est toujours le match nul, qu’on s’ingénie à garantir, quitte à marquer un but contre son propre camp. Hors d’haleine que les apéros ont moult chargée, on philosophe.

Comme ce jour où, grimpé sur une chaise, Léon y  était allé de sa verve : « Je n’ai rien contre ceux qui sont pour, et je ne suis pas pour ceux qui sont contre ceux qui sont contre, pas plus que je suis pour ceux qui sont pour ceux qui sont contre. En général, je veux dire, car il m’est bien arrivé une ou deux fois d’être contre ceux qui sont pour ceux qui sont contre, avec lesquels je ne suis le plus souvent pas toujours d’accord, même s’ils ne sont pas systématiquement contre moi. Et ça ne me pose aucun problème de savoir que certaines personnes sont toujours d’accord, y compris avec celles qui ne sont pas du même avis qu’elles, et qui parfois sont même carrément contre, et pour finir.. »
— Pour finir, tu finis et tu te la fermes !
« Léon, c’est le roi de la flottille », avait lancé Dédé entre deux dzoïngs de sa caisse enregistreuse. « Toujours prêt à se mouiller » il avait ajouté en rifougnant.

Deux trois « Ta gueule Léon » avaient fusé, suivis des chocs cristallins des godets accompagnés des souhaits de santé qui vont avec.
Le thème étant lancé, Bébert avait pris le relai :
« Moi, ça n’est pas le contraire, mais c’est autre chose. Je suis pour les gens qui sont toujours d’accord avec moi, ont exactement la même opinion que moi et ne sont jamais contre moi.
« Ben voyons… – Ah le con ! – Triple con ! » et autres gentillesses avaient jailli, suivis d’une franche rigolade. Bien sûr, le pote Bébert déconnait.
Jo, pas toujours très rapide question comprenaille avait conclu : « On va te débarquer à coups de pieds au cul dans le coin le plus tranquille de l’île déserte la plus reculée. »
— Je déconne, mon Bébert, je déconne.

Dans ce bistrot que notre amitié illumine et que nos porte-monnaie pérennisent, voilà à quoi ressemblent plus ou moins nos apéros philosophico-politiques. Aidées par des prémices de gueules de bois, nos langues, alors aptes à fourcher, jamais ne sont de bois, ni nos discours de pierre. Nous n’inventons rien, ce qui n’est pas pour nous déplaire si nous recensons les inventions modernes auxquelles nous ne savons donner un sens, peut-être parce qu’elles n’en ont pas. Nous sommes de cette humanité dépassée par cette autre, menteuse et corrompue, qui outrepasse ses droits et s’est arrogé pouvoirs, privilèges et, au final, droit de détruire.

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Un voyage dans le temps

J’ai fait un voyage dans le temps. Avant de partir, j’ai pris la précaution de briser toutes les montres, pendules et horloges de la planète (ce qui m’a pris un bon bout de temps), après avoir brûlé tous les éphémérides, calendriers, agendas et autres pense-bête que je savais ne plus pouvoir m’être d’une quelconque utilité. Une fois réduits en miettes microscopiques les miroirs qui renvoient aux rides, ces terribles marqueurs du temps passé, j’ai ordonné à mon cœur d’arrêter de battre le rythme, en même temps que je me suis fait désintégrer par l’entremise d’une bombe sur laquelle je m’étais consciencieusement et confortablement assis. Le détonateur réglé sur 12h pétantes, j’ai profité des quelques minutes qu’il me restait à vivre pour me faire une injection de Penthotal. Sans avoir éprouvé le besoin, pour la première fois de mon existence, de stériliser la seringue. Pas plus que je n’ai ressenti son souffle je n’ai entendu le boum de l’explosion. Ô la belle rouge, se seront peut-être exclamé quelques spectateurs de hasard.
Un poil de petite seconde avant que je sois expédié je ne sais quand, pas plus qu’en quel temps, je me suis rendu compte, mais trop tard, que j’avais totalement oublié de gommer ma mémoire.

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Obsolescence programmée

Et merde ! je me suis dit en apercevant la maréchaussée me faire signe de parquer ma guimbarde sur le bas-côté, derrière leur tire. En me maudissant d’être passé par là plutôt qu’ailleurs par là-bas.
« Papiers d’identité, permis, assurance et carte d’obsolescence programmée, siouplaît, et plus vite que ça. » dit le sous-brigadier, l’œil mauvais de celui qui a le mauvais œil, qui le sait et en use pour asseoir son pouvoir de petit chef aux ordres et à la botte de son supérieur hiérarchique, le brigadier-chef, dont l’autorité et la considération prendraient un coup dans l’aile s’il exerçait son apostolat dans le premier gros bourg venu.
« Les papiers gras aussi ? » je lui dis en lui remettant les officiels et les autres, immondes, du bout de mes doigts graisseux jusqu’au bout des ongles d’avoir pioché permis et assurance dans le vide-poche bourré de saloperies : vieilles frites rancies, bout de saucisson à l’ail, quignon de pain rassi fourré d’un morceau de Maroilles qui connut des jours meilleurs l’hiver dernier. C’est l’été, une fournaise !
— La carte d’obsolescence, siouplaît, vite fait, et pas de discussion.
Il affiche un air triomphant lorsqu’il la parcourt de l’œil averti de celui à qui « on ne la fait pas » en se disant que son QI et son flair mériteraient largement que ce soit lui le chef. Sûr que ça va barder pour le matricule du quidam qui rechigne à lui remettre la trop fameuse carte.
— Chef, chef ! on en tient un. Plus que quèques zuns et on a notre quota.
Le chef se pointe, sort son arme, la pointe sur moi et, faisant feu sans plus attendre, me fera feu juste le temps de penser que je trouve bien dommageable d’être passé par là plutôt que par ailleurs, et le temps qu’il faut au brigadier-chef  pour expliquer à son subalterne que, même si ses bourdes ne sont pas catastrophiques, il devra tout de même apprendre à ne pas confondre 2014 et 2041 (ma date d’obsolescence programmée).

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Afin que vienne l’oubli des nostalgies

Je m’évade de mes rêves, me retire de la nuit, découpe l’étoupe de suie qui ombre la fenêtre, celle qui donne sur le jour.
J’entrebâille les vantaux, les ouvre, les rabats, découvre ce qui m’est donné à voir avant de déclore les paupières.
Outreraison je m’y jette goutte d’eau, m’y projette, éclate, m’y éclate semences de glace.
Me voici joyau parmi d’autres, les étoiles, celles luminescentes que j’ai collées au plafond de ma chambre noire.
Photo, devrais-je me déchirer afin que vienne l’oubli des nostalgies ?

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De l’existence de Dieu

Dieu, le Seigneur Dieu tout puissant en personne m’a parlé cette nuit.
« Je n’existe pas » m’a-t-il déclaré laconiquement, confirmant en cela ce dont je me doutais depuis quelque temps, étant bien entendu que je ne suis pas né de la dernière pluie, et vu que, comme Saint-Thomas, j’ai oublié d’être naïf.
Les autres, je m’imagine leur tête quand je leur dirai. Surtout les curés, les évêques et tout le saint frusquin.
Bien sûr, Dieu aurait tout aussi bien pu me raconter des bobards, mais diable, venant de Lui, ça m’étonnerait moult.
Non, non, non, plus j’y pense, plus je crois bel et bien ce qu’Il m’a dit.

 

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De l’importance de faire des choses

de_l_importance_de_faire_les_chosesL’inanité, je connais et je pratique. Peut-être pas autant que j’use de la vanité (parce qu’il faut bien occuper les heures −présentes− qui me séparent de la dernière −encore absente−, mais que, à la différence de la flèche de Zénon qui ferait tout aussi bien de cesser sa course inutile, je connaîtrai), mais pas loin. Ce qu’on fait n’a de sens que celui que nous lui donnons, et quelles que soient les réalisations qui émanent de nos cerveaux fumeux et de nos doigts pétrifiés si nous leur demandons de produire le moindre feu, leur seul avenir est celui de l’oubli. Et que l’on ne me parle pas des œuvres des uns ou des autres qui s’inscriraient dans le temps, car ce serait oublier qu’il ne s’agit que du temps humain. À l’instant où chacun disparaît, disparaît avec lui l’univers qu’il crut,  le candide, être pérenne. Alors, la belle affaire que laisser trace !
Ce qui ne m’empêche nullement de jouer ce à quoi jouent les êtres humains, infatigables dès qu’il s’agit de faire des choses qui ne servent à rien, sinon à continuer de bêtement espérer qu’elles et qu’ils ont et auront une quelconque importance.

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Voyage sans retour

Ma levée de corps achevée, au son mélodieux des pleureuses éplorées, après qu’une dernière fois j’aurai levé le coude, je lèverai le camp. Ma pâleur dira ô combien j’ai besoin de vacances. Aussi, armes, bagages et fourbi chargés sur mon char de feu –une Oldsmobile de deuxième génération récupérée sur la pellicule originale du Voyage sans retour, un film en noir et blanc de la Warner– , me mettrais-je en marche au sein de la cohorte des vaincus, sans autre but que celui de n’en plus avoir. Étant bel et bien refroidi, peu me chaut le froid glacial des enfers qu’alors il fera.
Franchis les océans d’incertitudes, les marais du doute et le désert de la mémoire que j’oublierai avoir traversé, enfin pourrai-je sérieusement commencer de penser à ne plus vivre. Il ne m’en coûtera rien.

Je ne verrai ni se faner les fleurs, ni moissonner les vivants, ni s’embraser le granit, pas plus que je n’entendrai le cri des suppliciés demandant grâce. Je serai éteint, comme l’étant déjà de presque toute éternité.

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Dieu, un créateur de génie aux multiples talents

Un émissaire de Dieu expliquant aux hommes que faire de ses prototypes et de sa kyrielle de dessins

Un émissaire de Dieu expliquant aux hommes que faire de ses prototypes et de sa kyrielle de dessins

— Tu crois en Dieu, toi ?
— Ben, vu que lui-même il y croit, je ne vois pas comment ne pas y croire. Puis quand on voit tout ce qu’il a inventé, on ne peut pas ne pas y croire. Ceci dit, j’admets qu’il a tout intérêt à croire en lui.
— Qu’est-ce qu’il a tant inventé ?
— Le ciel, la terre, tout ce qui vit, qui bouge, qui pousse, qui croît, comme les petits enfants ou les arbres.
— Les corbeaux aussi ?
— Non, enfin… si. Mais un corbeau ça croît pas, ça croasse.
— Bizarre, ça, que les corbeaux ça croie pas en Dieu. Et les grenouilles, elles y croient les grenouilles ?
— Faut croire qu’elles y croient, sinon je vois pas ce qu’elles feraient dans les bénitiers.
— Elles croassent, les grenouilles ?
— Non, elles coassent. Et le cri des bestiaux, c’est lui aussi qui les a inventés, en même temps qu’il les a fabriqués.

— Quand même balèze, le gars. Moi, tu me demanderais de fabriquer un ver de terre, pas sûr que j’y arriverais. Alors comme ça il a tout fait ? Tout ce qui existe ? Y compris lui-même ?
— Absolument tout. Y compris lui-même, en personne.
— Ben merde, alors. Il a dû en mettre du temps, un sacré bout de temps.
— Que nenni. En pas une semaine, c’était torché. Six jours montre en main.
— C’est le premier truc qu’il a inventé, la montre ?
— Faut croire. Six jours, pas un de plus, et fini le boulot.
— Six jours de boulot et à la retraite. Ça c’est un job qui m’aurait plu. Faut qand même reconnaître qu’il s’en est bien tiré, le bougre.
— Six jours, mais 24 heures sur 24, quand même. Autant dire qu’il n’a pas chômé.

— Y’a pas des trucs qu’il aurait fait un peu à la va-vite ? L’autre jour, par exemple, à Bricofourbi, j’ai acheté une perceuse. Au premier trou, elle était naze. La crise…
— Ah ça, ça dépend d’où elle vient. Le made in China, ça ne tient pas.
— Pourquoi ça tient pas ?

— Parce qu’en Chine, ils croient pas en Dieu comme nous on y croit. Ou c’est pas le même. Pareil si t’achètes un truc fabriqué chez les Arabes. Ça tient pas. Sauf les dattes, peut-être.

— Pourtant, paraîtrait que c’est pas les mêmes qu’ici, les dates. Et ce qui est fabriqué chez les Juifs, ça tient la route ? 
— Les avocats, les oranges, les missiles, sûr que ça n’est pas de la daube. Mais là où ils sont forts, en Israël, c’est pour les clous, les croix en bois, les chandeliers à plein de branches, plus leurs drôles de chapeaux. Pour les territoires occupés, c’est pas les derniers des cons, mais c’est une autre histoire. Après, pour les autres machins, vu que les Juifs il paraîtrait qu’ils ont fait un sale coup à Dieu, rapport à son gamin, c’est un peu comme pour les Chinois ou les Arabes, c’est sans garantie.
— Leurs fruits, leurs armes, leurs galurins, c’est vraiment Dieu qui a créé tout ça ?
— Faut pas rêver. En six jours, personne n’y arriverait. Alors il a fait des prototypes pour la plupart des trucs, et pour le reste, il a fait une nuée de dessins. Comme pour les chapeaux.
— Les desseins de Dieu ?

— Si tu veux.

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Des silences de quiétude

Comment c’est qu’il s’appelle, déjà, le nègre, je veux dire le gars qui dit qu’il fait de l’humour, ou si c’est pas lui qui le dit, c’est ceux qui paient leur place la peau des fesses pour lui faire la claque, que ceux qui aimeraient lui en filer, ils se défilent. Bon, je sais plus son nom, déjà que le mien c’est pas facile, mais hein, ça ferait pas avancer que j’y sache. Bref, l’humoriste, il nous les gonfle pas plus que ceux qui disent qu’il les leur gonfle, voir même un brin moins, et sans eux, va savoir si le rigolo, je dis rigolo, parce que c’est qu’il en fait rire, des paquets de gus, à faire ses blagues que, si tu sais pas ce que c’est que le bon goût et le fendage de gueule, t’as juste à tendre l’oreille, à pisser dans ton froc, et tu as tout compris. À une petite condition, d’accord, c’est que tu restes tranquille au premier degré, moi je dis que c’est moins casse-gueule question équilibrisme, le premier degré.
Après y’a quoi ? Ah voui, le Foué, le Foué avec sa nouvelle. Non mais on va où à s’occuper de ce qui nous regarde pas, rien que parce qu’on aimerait bien que ça nous regarde et que ça nous arrive, on peut toujours rêver. Même pas du second degré, le François. C’eut été un mec, sa nouvelle, je dis pas la crise de rires, que le nègre le mec d’origine africaine, je veux dire de l’Afrique profonde, sûr qu’il nous aurait encore fait marrer, mais non, et qui c’est qui l’a dans le baigneur encore une fois, à cause que ça censure, ah ! la bonne conscience.

Moi, je serais président, même si j’étais Obama ou un de la même couleur, mais soyons modestes, je serais Hollande, j’aimerais pas tant que des paparazzi me tirent le portrait pendant que la veuve poignet me fait une gâterie, non, j’y aimerais pas tant. Je veux pas dire que ça me plairait qu’ils me mitraillent pendant que je fourbis les armes avec une donzelle, mais question honorabilité et tout, ça se poserait là, et y’aurait rien à redire.

Bon, à part ça, je vois pas bien ce qu’il y a d’intéressant, si ce n’est le vieux, en Israël, je crois, qu’était déjà un peu mort depuis pas mal de temps, mais pas tout à fait assez pour qu’ils l’enterrent. Je vois pas pourquoi les juifs ils seraient pires que les autres question convenances, et si ça se trouve, même si je sais pas où, ils sont largement au-dessus du panier à côté des arabes, notez j’ai rien contre ni les uns ni les autres, mais y’a des limites qu’on dirait que plus ils sont bronzés, plus c’est pire. Je parle pas de la couleur de la peau, mais de celle de l’âme, encore que les âmes trop blanches, c’est pas moi qui le dis, mais mon père qu’était un peu trop juif pour qu’il soit encore là à le répéter, l’a pas pensé à se méfier, le père. Se méfier quand des qui font croire qu’ils pensent bien pensent qu’à mal et s’érigent en juges dans des tribunaux que c’est eux qu’ils les ont bâtis avec ceux qui les applaudissent dans l’ombre déguisée en lumière. D’un côté du rideau de haine ça pleure, de l’autre ça rit ; clown triste qui fait le clown d’un côté, clown rigolard qui fait le clown avec son nez rouge et ses grandes tatanes, de l’autre. On s’unit comme on peut et avec ce qu’on peut, barbelés ou pas, non ?

Encore quoi, entre les illuminés d’en bas qui éteignent la vie et les tristes sires d’en haut, sérieux et tout, qui te font croire que, sans eux, t’aurais pas le courant, juste la courante, sans le papier monnaie pour t’essuyer le cul, on pleure comme on peut.
Les idées de chiotte, diatribes, invectives, ressentiments, jugements, sentences, diktat, méchancetés, ça se met aux chiottes. Tu tires la chasse, tu te retournes, tu salues la compagnie, tu serres quelques mains. N’aie crainte de te les salir, tu as vu dans quel état de crasse elles sont, les tiennes ? Puis on trinque. Aux lèvres closes, celles d’où naissent les silences de quiétude.
Te reste encore à jeter balance Roberval ou romaine, replier les mètres, débiter les toises, ça fera pour la cheminée, détraquer les manomètres. Le maillet ? Garde-le pour une partie de croquet. Tu préfères le jeu de mail ? Qu’à cela ne tienne.

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