Parano, copyright, censure

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Is my name pierre Vaissière ?
Pas sûr, depuis qu’on m’a volé MON nom, My name. Je le sais, et qu’on ne me dise pas le contraire.
Non, non, ça n’est pas une élucubration : on me l’a bel et bien volé. En tout cas copié. J’t’en foutrais !
Et que je n’entende personne dire que je suis atteint d’une paranoïa qui sans cesse me poursuivrait. La seule chose qui me poursuit, c’est cette ribambelle de voleurs d’idées, de chapardeurs de lettres d’alphabet (sans doute les mêmes qui déboulonnent les C-cédille des enseignes ou les font éclater à coups de jets de pierres), de dérobeurs d’initiales, d’escamoteurs de lettrines, de monte-en-l’air que le seul kidnapping d’un quelconque mot transporte au septième ciel, d’empêcheurs de dire.

Paranoïaque, moi ? Non, non et non. Et quoi encore ? Non ! Qu’on se le tienne pour dit. Mais quand même…

Puis ça n’est pas une raison pour que je ne protège pas les mots qui, je le souligne, proviennent de la frappe alerte et sûre de mes doigts gracieux et agiles qu’une souplesse de danseuse étoile autorise à tapoter le clavier tout en gratouillant une oreille et exécutant concomitamment quelque récolte au plus profond d’une narine encombrée.
Avoir une relation sexuelle sans se protéger serait criminel, paraît-il. Ecrire sans se protéger aussi.
C’est décidé : désormais, le copyright sera mon préservatif, mon garde-fou et mon gilet pare-balles.

Puis, tout à fait entre nous, les mots que tracent mes doigts, vous les avez plus ou moins à disposition. Peut-être même en avez-vous davantage. De plus beaux, de plus longs, des souples, des soyeux, des pointus, des de toutes les teintes plus les gris colorés. Des qui changent de sens, même s’ils sont à l’endroit. Des qui font du bien, des qui râpent langues et lèvres, des qui font pleurer, sourire, s’ennuyer. Des doux qui tombent sous de mauvais regards, des méchants qui n’y peuvent rien au bonheur, des qui blessent, des tordus qui interrogent, des acérés qui tranchent, des en dents de scie qui déchirent. Puis d’autres qu’on aurait bien voulu tracer mais… plus d’encre, plus de papier, plus de taille-crayon, plus de doigts ni de main qu’une censure assassine a brisés.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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