virus Hach1Haine1

Le premier que j’ai vu, c’est parce que j’avais trop bu, que j’me suis dit. Vision pas très nette des abus de tout et de n’importe quoi, comme cette gnôle infâme et sans intérêt. Je lui ai balancé le fond de mon godet mais, rapide comme un clerc d’huissier qui n’a pas la moindre envie de se prendre une décharge de chevrotine dans le derrière, il a pris la poudre d’escampette. Pas toute, hélas !

J’ai éternué une première fois, ce qui m’a empêché de voir où il avait disparu, mais malgré les humeurs qui s’épanchaient de mes narines, j’ai bien senti qu’il n’était pas loin. On ne me la fait pas.
Sa planque, il ne la quitterait pas tant que ses copains ne seraient pas là, et c’était sûr qu’ils n’allaient pas tarder.

Ils nous y avaient dit dans le poste et ils en avaient causé aussi aux jités avec un staff de sommités, professionnels du truc, experts en la matière… du beau monde et pas couillon, c’est eux qui l’ont dit.

Ils ont rappliqué. Une armée contre laquelle je n’avais pour toute arme qu’une tapette à mouches, autant dire pas grand-chose, et dont le tamis distendu aux mailles inégales n’occasionnerait, dans le meilleur des cas, qu’un malheureux ersatz de génocide bien aléatoire. Les survivants ne manqueraient pas et ils auraient vite fait d’investir les lieux.
Mon déodorant avait bien repoussé les premiers assaillants, mais ils avaient passé le message aux seconds plus aguerris et moins sensibles. Déjà d’autres salopards avaient installé leurs lourdes machines de guerre, montrant par là qu’ils n’étaient pas prèts à lever le siège. J’étais cerné et conscient de mes faiblesses, surtout sur la face sud où mes murs d’enceinte comportaient sept portes ou fenêtres d’un accès somme toute pas trop difficile., vu qu’il me fallait bien écouter ce qui se passait, mais aussi respirer et surtout hurler les incontournables injures que profèrent les belligérants lors d’un siège.
Une violente sternutation envoya valdinguer un groupe d’assaut aéroporté qui s’écrasa sur le carrelage. Les arrosant de gnôle en vidant le fiolon à moitié, j’eus l’agréable surprise de les voir passer de vie à trépas. J’avais donc une arme, et une bonne, dont l’efficacité dans le temps resterait à prouver, sachant que ces salopards n’étaient jamais en peine pour trouver une parade. J’avais gagné une petite bataille : tout n’était pas perdu, même si rien n’était gagné.

«Bande de petits salopards… Allez, venez… C’est moi qui régale !»

D’abord surpris par mes invectives, ils avaient reculé avant de se ressaisir.
Une deuxième vague d’assaut avait lancé ses grappins en direction de mes mains. Ils avaient dû remarquer que j’en portais une de temps en temps à mes lèvres : l’occasion était trop belle pour qu’ils la laissent passer. Sans que je m’en rende compte, un des grappins avait réussi à s’accrocher au long tube blanc que je tenais entre index et majeur.  » Cible en vue  » avaient-ils dû se dire. Le commando allait atteindre son objectif lorsque, sortant mon briquet de ma main droite, j’allumai ma cigarette.
Je n’entendis pas leurs cris, mais je les vis s’embraser et partir en fumée. Ceux qui avaient atteint le bout devenu incandescent comme ceux qui s’étaient aventurés trop près du briquet. Deux rescapés de la tabagie avaient bien pensé à déguerpir, mais la braise brûlante ne leur en avait pas laissé le temps : ils étaient scotchés sur la cigarette.

De tels faits d’arme, ça s’arrose. Je me versai une bonne rasade de gnôle finalement pas si inintéressante que ça lorsqu’une image s’imposa, sortie d’un film, Le vieux fusil.

La gnôle sera leur tombeau, je serai cracheur de feu.
Grippe ou pas, les virus, faut pas me la faire.

Grippe A (H1N1) 2009-2010

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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