grippe intestinale

Atteint d’une grippe intestinale terrible j’avais sottement accepté une invitation chez des personnes aussi prout-prout que constipées, contrairement à moi, ce jour-là. Bref, une urgence s’étant fait sentir, dieu merci dans un seul sens du terme, je n’avais pas pris le temps de vérifier le bon approvisionnement en papier hygiénique et, sourire de soulagement aux lèvres, j’avais oeuvré pour effectuer un délestage salutaire. Panne de papier et grand moment de solitude.

Je palpe mes poches de pantalon: le vide. Je jette un oeil sur ma cravate: pas très discret. Le slip? Mmouais… Cravate ou slip, je me les imagine pliés honteusement dans quelque poche revolver. Arme terrible, mais ni furtive, ni même discrète.
Me reste un espoir: les poches de ma veste. Accrochée à un mètre devant moi. Avec quelques contorsions et beaucoup de chance, je parviens à la décrocher sans dommages collatéraux. Rien dedans qui fasse l’affaire. Attendre les beaux jours que ça sèche tout seul? Cette idée me ferait presque rire. Prudence, c’est si vite reparti dans un tel état

Dernier espoir: la poche portefeuille. Avec un peu de chance, j’aurai transbahuté ledit portefeuille de mon sac à ladite poche. Ouf! il y est. Avec beaucoup de chance je vais bien y dénicher une vieille note, une facture, un billet doux remis par une admiratrice qui n’admirerait plus grand chose si elle me voyait ainsi. Rien de rien. Mon chéquier est resté dans mon sac, avec quelques billets de banque. Qui, dans de telles circonstances, colleraient pourtant à la tâche, quitte à ce que j’y laisse mes revenus du mois.

Je dresse l’inventaire: carte d’identité, permis de conduire, et carte grise, la feuille de sécurité sociale que le gastro-entérologue m’a remise, plus son ordonnance (je n’ai pas encore eu le temps de passer à la pharmacie) et c’est tout. Non: j’ai aussi ma carte d’assuré social. Plastifiée. L’inventaire dressé, je me félicite de n’avoir toujours pas changé ma carte d’identité nationale et mon permis de conduire qui datent, pour la première, de l’époque où j’ai pris une identité officielle et, pour la seconde, du jour maintenant lointain où un inspecteur pressé de rentrer chez lui pour déguster un veau Marengo amoureusement cuisiné par son épouse m’avait délivré le papier rose sans aucune forme de procès. Les deux pièces sont légèrement cartonnées et aussi rigides que ma carte d’assuré social, mais leur texture se prête à l’usage auquel je les destine.

Chose inhabituelle chez moi, je procède géométriquement, méticuleusement, avec moult parcimonie, et je réussis à me sortir de cette délicate situation. Pas très fier, mais tiré d’affaire.

C’est l’air de mine de rien que je rejoins l’assemblée pour la quitter derechef, prétextant à juste titre une certaine fatigue.

Quelques malheureux kilomètres me séparent de mon domicile. Délivré et d’avance sécurisé, car bientôt je serai chez moi, le sourire qui redessine mes lèvres et détend mes rides retombe tout à coup. Je CROIS rêver: les flics!

«Vos papiers, s’il vous plaît!»

Grippe intestinale: symptômes et traitements

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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