santé : propolis

L’hiver est propice aux rhumes, les veillées le sont aux contes. L’été fini et l’automne venu, on a fait les comptes après avoir engrangé les récoltes. Récolter ce qu’on a semé revient à peu de choses près à pisser dans un violon, alors qu’on ne me débite pas de proverbes stupides du genre… vous aurez deviné.

Au précédent (vous avez deviné ?) je préfère celui-ci : «Qui sème le vent récolte la tempête» qui, ma bonne dame, cause bien juste, par ma foi. Ce qui ne signifie en rien qu’on ne doit pas semer le vent, bien au contraire. Le vent balaie devant les portes, pète serrures et paumelles et les emporte. Plus besoin de paillasson pour y glisser une clé devenue deux fois inutile.

La maison est ouverte. Les flammes allument l’oeil d’un vieux qui radote. Pour la millième fois devant les enfants émerveillés et les grands qui n’en ont rien à faire, il toussote, avale une gorgée de gnôle infâme et se lance.

«Prends ta Propolis» lui glisse à l’oreille sa brave vieille qui a toujours veillé sur lui. «Sinon, adieu» qu’elle rajoute en rifougnant à la cantonade* encore suffisamment éveillée pour comprendre l’arlésienne allusion**.

* Ce mot d’origine provençale ne s’est pas rappliqué par hasard. La vieille en question n’en est pas originaire, mais elle demeure en Provence une partie de l’année. Naturellement pourvue d’un humour hors pair, c’est un léger strabisme divergent l’empêchant de s’adresser yeux dans les yeux à un interlocuteur qui, petit à petit, l’a amenée à s’adresser à la cantonade lorsqu’elle a quelque chose à dire, notamment si ce quelque chose est teinté d’une certaine finesse linguistique.
** Acropolis, adieu.

Propolis

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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