Voyage à Valaskjálf

En hommage à un sacré personnage que j’aurais aimé connaître davantage.

En voiture!
De solides chevaux de labour feront l’affaire. Des qui ne craignent ni les embûches des chemins sans terre du Walhalla, ni les fureurs des pointes acérées du gel, ni celles des sbires de l’incarnation postés en embuscade, jaloux qu’on leur dérobe une vie. S’en foutent de l’âge, s’en foutent des cicatrices gagnées aux combats, celles qui signent les guerriers géants usés d’avoir tant ferraillé.

Il a remisé sa hache, a émoussé chaque pointe de flèche puis, devenant tempête, a tranché d’un seul coup d’épée le chêne dont il est issu. Comme il n’aura plus à se battre, il l’a offerte aux nues.

Il a regardé les paysages de son enfance aujourd’hui devenus trop étroits, a bu longuement à la coupe du temps révolu, a serré dans ses bras ceux qu’il a aimés, a regretté leur future absence. L’ondine qui le porta sur les fonds baptismaux a bu à ses lèvres la seule larme qu’il a versée.
Les quatre walkyries ont entonné le chant de la fin des choses d’ici, faisant s’ébrouer les chevaux qui piaffaient d’impatience. Prenant en main les rênes de l’attelage, celle du noroît a dispersé les nuages. Il était temps: Odin n’aime pas attendre ses invités.
Car ce matin, il s’est levé tôt pour faire dresser la table et faire s’activer les gens aux fourneaux.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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