Fête de la Nature

Chouette, youpi et youp la boum tagada tsoin tsoin.
C’est bientôt, mais ça me tarde, nom de dieu, de lui souhaiter sa fête. Le cochon, pas ben content, mais merde, que j’m’ai dit, j’ai quand même pas mis le pinard en perce pour des clopinettes. Je veux pas dire qu’il a gueulé autant que le Dédé, mais c’est tout juste.
Bordel de merde, tenez-le , c’te bougre qu’est mal attaché, qui c’est qui y a fait, merde alors, qu’il râlait mon pote Dédé.
C’est vrai que le cochon, pas des masses content, y’a de quoi, faut dire. Dans les mêmes conditions, tu ferais quoi? Le couteau il l’a fait valser. On l’a fini au merlin, façon de parler, parc’qu’en guise de merlin, on avait seulement une paire de vieilles socques en plane. Le vieux de Bébert, j’le vois encore sur son banc d’âne à les tailler, les semelles. Le vieux banc, c’est moi que je lui avais rafistolé et aiguisé la lame et changé le goujon et remis sur trois pieds au lieu de quatre en les ratiboisant à cause que le vieux, la seule chose qu’il avait grande et sacrément, c’était sa gueule, je sais pas combien de fois plus grande que sa taille.
La nature, moi j’dis que c’est pas rien et qu’on lui doit bien d’y faire sa fête. Sans elle, on s’rait quoi, hein? La Josy, ce matin, ben tiens! Lui fallait bien ça pour être en forme aux fourneaux. Nom de dieu!
La cochonaille, c’est qu’i faut pas être feignasse pour y faire. La tripaille, c’est pareil comme.
Ça fricasse en cuisine et on a mis les filles à plucher les oignons pour le boudin. Elles pisseront moins et elles sont pas dans nos pattes à chouigner à cause que le cochon i gueule qu’on lui ferait du mal, qu’elles disent. Tu parles!
Merde, tu la ramènes quand ta flotte? qu’il crie  le Dédé. Qu’est-ce tu fous Bébert?
Qu’est-ce que j’fous, qu’est-ce que j’fous, que Bébert répond en amenant la grande bassine d’eau avec la fille des voisins, Manon, un beau p’tit brin d’fille.
Vous avez p’têt le feu au cul, que Dédé il leur dit, mais la flotte c’est limite. Ch’sais pas c’que vous avez fricoté, mais ch’sais pas c’qui m’retient de vous mettre le cul dans la bassine.
Après ça s’est calmé à cause que le dépiautage et le dépeçage, faut pas rigoler, avec les couteaux, que ça glisse par terre et qu’on y voit plus grand chose à cause que la vapeur c’est brouillard à couper au couteau.

Y’en a qui disent que le cochon, c’est pas là à c’t’époque qu’on y tue. Moi je dis que c’est quand on veut. Et quand ça va être la fête de la nature, moi je dis que c’est le moment.
Manon a fait le vin chaud, un Clinton, réserve ma pomme. C’est que ce mois de mai, je t’en foutrais question chaleur, avec le thermomètre qui fait grève.

On a eu fini juste à temps pour l’apéro. La pompe aux gratons de Josy, on l’a descendue en deux temps trois mouvements. Avec tous les « santé » qu’on s’est souhaité, sûr qu’on tiendra la forme. La forme, c’est un truc qu’on a besoin pour faire la fête, et faire la fête, c’est un truc qu’on a besoin aussi pour péter la forme. Et pour péter la forme, c’est Bébert qui dit ça, rien ne vaut le boudin aux oignons.

Après, on a tranché, coupé, redécoupé, salé, cuit, resalé, mis en tonneau, bouilli. Les femmes ont tout nettoyé tandis qu’on a bu un dernier coup pour arroser la journée.
Paré pour la fête? qu’il a dit le Dédé.
Paré, qu’on a répondu en levant le verre pour boire un dernier coup.
Après on a bu le coup de la séparation et le tout dernier, pour la route.

Dans toute la France, partez à la découverte de la nature

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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