Le vent : découverte scientifique

On vient de l’apprendre : une équipe de chercheurs de l’I.N.F.H. (Institut National de Fabricants d’Hypothèses) a mis en évidence, après on ne sait combien d’années de recherches et même davantage, un phénomène que, dès leur naissance, tous les gamins du monde ont observé depuis longtemps : ce n’est pas le vent qui fait bouger les arbres, mais ce sont les arbres qui font le vent. Qui le font venir, le font souffler et le font déguerpir quand ils en ont assez de le voir s’agiter.
Comment s’y prennent-ils ? Tout simplement en agitant leur feuillage, leurs branches, plus rarement leur tronc et exceptionnellement leurs racines.

Et en hiver? me direz-vous.
Quand je dis « les arbres », c’est un raccourci. En fait ce sont tous les végétaux qui s’y mettent. Il n’y a qu’à observer le blé (avec l’avoine, le seigle et l’orge, ça marche aussi), les joncs, le maïs, le sorgho, les pétunias, les marguerites, les chardons… Et les épicéas, sapins, cèdres et pins, palmiers, arbres à came… jusqu’à l’infime brin d’herbe de rien du tout qu’on ne sait même pas qu’il existe tant il est discret.

Mais alors, qu’est-ce donc qui les motive ? vous vois-je vous questionner en vous prenant la tête à deux mains.
Leur humeur, aussi bête que ça paraisse. Et Dieu sait si leur humeur est changeante. Que croyez-vous que fit le pommier de nos deux bibliques lascars, mêlé à un procès qui, entre parenthèses et il faut bien le dire, s’est déroulé sans témoins ? Il piqua sa crise, point. Dieu avait oublié d’inventer la tempête ? Qu’à cela ne tienne : le pommier la fit. Rapidement copié par d’autres.
Une autre preuve que c’est bien les arbres et leur bonne ou mauvaise humeur qui font la douce brise ou le vent tempétueux, d’où croyez-vous que vient le mot « humus ».

Maintenant, supposez que vous soyez un arbre. Difficile à supposer ? Allons… Vous n’avez jamais de flatulences ? Bon.
Vous êtes un arbre et un couple d’amoureux vient caler le guidon et un des deux pédaliers de son tandem contre votre tronc. Sans se préoccuper le moins du monde de la manette de frein qui vous agresse, ni de la pédale qui vous griffe. Vous faites quoi ? Rien encore : ils sont jeunes, ils s’aiment, et blablabla. Mais voilà que le garçon –stupide comme le sont les garçons amoureux– sort son Opinel (le gars est d’origine savoyarde, c’est dire!), vous colle deux estafilades histoire de voir si son canif est affûté avant de vous faire une de ces stupides scarifications dont le motif central est une paire de cœurs entrelacés. Plus une flèche. Vous faites quoi ?
Vous commencez à frémir en espérant qu’ils vous lâchent la grappe puis, voyant qu’ils ne se bougent pas les fesses, vous commencez à vous secouer comme un chien qui veut se débarrasser de ses puces. Et au lieu de partir, ces idiots se pressent l’un contre l’autre. Plus qu’une solution : un coup de vent violent. L’eau, vous êtes copain comme cochon avec elle. Pas besoin de la rameuter, la voilà qui se rapplique, et c’est l’orage. Violent.
Ne me dites pas que votre mauvaise humeur n’y a été pour rien.

Mais je laisse à chacun le soin de conforter cette découverte avec d’autres exemples. Qu’il lui suffise d’observer.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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