Phobies en stock

Un article sur le site fluctua.net “Ces phobies qu’on ignore” (qu’une lectrice ô combien fidèle –tu parles !– m’a transmis) m’ayant laissé sur ma faim, j’ai retrouvé, bien rangé dans les rayons de ma boîte crânienne, un article sur les phobies paru dans un vieux numéro du magazine “Aller pas pire Hebdo”. Signé d’un certain Laimshow, un ponte dont les travaux sur le cerveau humain avaient fait faire à l’aviculture des progrès considérables. Déballer tous ses propos étant hors de propos, celui présent ne consistant qu’à citer quelques types de phobies, je livre ci-dessous quelques exemples parmi les plus parlants, quoi que n’ayant jamais eu le bonheur d’ouïr quelque exemple que ce fut.
Dans un style enlevé bourré d’humour (merci à l’Auteur) –qui ne doit toutefois pas faire oublier la cruauté de ces phobies et la douleur des malheureux et euses qui en sont victimes–, suivent d’autres types de phobies tirés de l’article cité.

Egophobie :
La rentrée littéraire.
À la sortie de son premier roman en septembre, l’auteur perd son pucelage et ses illusions. Lui qui imaginait son ouvrage sur toutes les tables des bonnes librairies, lui qui espérait voir son nom inscrit en lettres grasses sur les pages des journaux ou mieux encore : interviewé par Laurence Ferrari dans la tour mythique de TF1, vu par des millions des téléspectateurs bouffant du surgelé lesté de pesticides , découvre soudain que son livre est mal distribué. Il court à la FNAC, cherche en vain, demande timidement à un responsable si « Ne crachez pas sur nos tombes » est bien en place. Il s’entend répondre que le dernier Nothomb est bien là. Bien sûr qu’il est ici. On ne voit que lui, jaune et verdâtre, dans tous les coins du vaste magasin. Des piles d’Amélie, des pyramides d’Amélie, des murs d’une Amélie maquillée en clown. Peut-être va-t-elle apparaître dans un film de série B, non pas poursuivie par ses lecteurs comme elle le raconte, mais par Chucky, affreuse poupée possédée par l’esprit du célèbre tueur en série Charles Lee Ray… L’auteur ne désespère pas encore, il fouine dans le quartier latin, trouve enfin son bébé coincé sur une étagère et sent sa gorge se nouer pour la seconde fois. Le premier serrement de glotte, il l’a eu la veille devant son écran d’ordinateur quand il s’est vu classé 783899 ème sur Amazon-livres. Il y croit cependant encore. Son éditeur compte beaucoup sur le bouche à oreille pour vendre le roman, son attachée de presse lui a promis un article dans le Maine Libre et une radio bleue dans la Creuse. Mais aucun des deux n’osera lui avouer que son livre était plus proche du pilon que du prix Goncourt. Fichue rentrée littéraire !

Jean-Michel Thibaux.

Sarkophobie :
On ne sait pas grand-chose de cette phobie, excepté qu’elle est peu courante chez la plupart des membres du Front National, quoi qu’ils en disent. Quant à ce qu’ils en pensent, nous ne savons qu’en penser.
Certains auteurs dont nous tairons les noms par pure charité chrétienne confondent sarkophobie et sarcomephobie (une peur du cancer), ce qui n’a bien évidemment rien à voir.

Mêmepaspeurphobie :
La peur de ne pas avoir peur. Sans doute la phobie la plus terrifiante et, grand bien nous fasse, très rare.

Amphibiphobie :
Cette peur des hippopotames et des hydravions touche davantage les populations lacustres, notamment en Afrique, que celles des immensités sibériennes. On peut cependant craindre qu’avec le réchauffement planétaire cette phobie se développe dans ces contrées septentrionales que des hélicoptères survolent lorsque des incendies s’y déclarent.

Hydrephobie :
Peur des serpents à 7 têtes qu’on a beau les leur couper qu’elles repoussent, ce qui est vraiment dégoûtant. Mais comme on en a peur, on ne s’en approche pas. Du coup, ni éclaboussures de sang, ni têtes immondes qui traînent par terre avant de pourrir dans d’épouvantables odeurs.

Biophobie :
Cette peur de tout ce qui bouge, pousse, est vivant ne gêne en rien les défunts qui, du coup, n’ont besoin d’aucun suivi en psychothérapie. C’est toujours ça d’économisé pour les Assurances maladie. Mais pour les autres, c’est une autre paire de manches.

Gigafécalophobie :
C’est la peur, doublée de honte, d’infâmie et d’avanie de faire de si énormes étrons que la chasse d’eau ne pourra les chasser, alors qu’on tambourine à la porte des WC pour une urgence.

Pédalophobie :
C’est la peur d’avoir à faire un déplacement à vélo sur un engin dont la selle a disparu, on se demande où. Ce pourrait être aussi la peur de s’embarquer sur un pédalo, ce qui serait somme toute une saine réaction vu la façon dont ces engins ridicules sont conçus et vu l’indélicatesse des utilisateurs qui n’hésitent pas à poser leurs fesses nues et velues sans se préoccuper des productions filamenteuses qui poussent sur leur peau, mais qui, hélas ! s’en détachent. Beurk !

Pipolphobie :
Peur d’être pris pour un pipol (people pour les puristes), d’être obligé de sourire niaisement, de dire des âneries et d’y parvenir.

Altérophobie :
Cette peur d’être pris pour un autre par soi-même survient sans crier gare et ne quitte qu’exceptionnellement celui qui en est victime. Les psychiatres, psychanalystes et autres psychologues sont particulièrement touchés par cette phobie.

Urgophobie :
C’est la peur des pansements à laquelle les tout petits enfants échappent généralement, plus préoccupés qu’ils sont par leurs poupées.

Archisponsusphobie :
Si vous avez peur de votre conjoint autoritaire qui vous domine, vous donne des ordres, vous morigène et vous rabaisse sans que vous l’envoyiez se balader, vous êtes atteint d’archisponsusphobie.

Baryphobie :
C’est la peur de flatuler en produisant un son proche du barrissement d’un éléphanteau qui cherche désespérément sa mère.

Calorphobie :
Peur du fer à repasser et, par conséquent, peur de faire du repassage. Si cette phobie touche particulièrement la gente masculine, on la trouve chez les femmes excédées, fainéantes et de mauvaise humeur.

Chiropaneriaphobie :
La peur de se faire peloter l’arrière train ne touche pas de la même façon les hommes et les femmes, catégorie la plus atteinte, notamment dans certains emplois : serveuse, entraîneuse, secrétaire de direction.

Chronophobie :
C’est la peur terrifiante d’une horloge qui avance, surtout si elle est comtoise ou normande. Lunettes de soleil foncées, horloge tournée contre le mur, suppression du mécanisme sont autant de remèdes efficaces pour lutter contre cette phobie. Des boules Quiès complèteront le traitement.Cependant le meilleur remède reste la destruction pure et simple de ces objets obsolètes et devenus abscons.

Cronosphobie :
Que de nombreux enfants soient imbuvables ne les empêche pas d’être mangeables. Une personne qui a peur de manger ses enfants est atteinte de cronosphobie. Mais de quoi a-t-elle peur exactement ? De se surcharger en mauvais cholestérol ? De mal digérer ? De les dévorer sans les avoir dévêtus, ce qui risquerait de poser des problèmes pour aller à la selle ou pire, de boucher les canalisations des vécés ?

Cinétophobie :
C’est tout simplement la peur et le désarroi qui prend un spectateur errant dans une expo où sont exposés des mobiles du sculpteur Calder.

Analodigitophobie :
Peur panique (quoi que…) de se faire examiner par un proctologue. Phobie qui, selon Freud, serait l’expression d’un refoulement. Du goulot ?

Dromaphobie :
Si vous craignez de vous rendre à Valence (26) surtout en avion, c’est que vous êtes dromaphobe. Ce qui est valable pour Valence l’est aussi pour Romans, Nyons, Montélimar. Mais franchement, que peut-on bien aller faire à Valence ?

Galactophobie :
Cette phobie bien moche, c’est la peur du laid, donc la peur d’être laid. D’autant plus moche si cette peur est justifiée et que des gamins vous ont plus d’une fois adressé des quolibets et lancé des cailloux. Selon le professeur Nestlaid, le premier psychiatre à avoir identifié ce trouble, elle trouverait son origine lors de la prime enfance et serait dûe soit à un sevrage mal vécu, soit à une confusion sémantique qui trouverait sa source lors des séances d’allaitement au cours desquelles, s’approchant du bébé pour le nourrir, une mère bécasse et gâteuse s’écrirait systématiquement et à maintes reprises «Le lait, le lait, voici le lait ; le lait, le lait, voilà le lait ; le voili, le voilà, le voilou le bon débit de lait, l’hallali, l’allah lère ; voili le bon lolo qui l’enfant fera beau…» On imagine aisément les dégâts ainsi occasionnés.

Triiconophobie :
Inconnue dans l’Antiquité, au Moyen-Âge et encore il n’y a pas si longtemps, cette phobie est la peur des images en 3D. Autant dire qu’elle fera d’ici peu un paquet de victimes.

Nécrophobie :
Peur des morts, donc de la mort. Une des phobies les plus stupides : elle ne sert strictement à rien, mourir étant inéluctable. Par chance, mais d’ailleurs comme toutes les autres phobies, elle finit par passer. Le plus souvent 2 ou 3 jours avant que le nom de la personne qui en souffre n’apparaisse dans la rubrique nécrologique.

Oléophobie :
Peur des supérieurs, des dirigeants, de ceux qui, pour bien montrer qu’ils ont de l’importance, s’en donnent, notamment en distribuant à l’envie de nombreuses poignées de main, comme le font les hommes politiques en campagne, mais plus encore en ville où il y a davantage de monde. Se trouvant sur le passage de tels individus qui, briguant un mandat, voire un chèque en blanc, serrent des mains à qui mieux mieux pour s’attirer les faveurs des quidams, un oléophobe aura intérêt à se munir de nombreux Kleenex pour se les essuyer.

Opethéophobie :
C’est la peur effrayante du regard redoutable de Dieu, de ce qu’il pensera et dira de nos faits et gestes, et surtout auprès de qui il vendra la mèche. Se sentant coupables, ce sont de meilleurs clients pour les curés auprès de qui ils se confessent qu’auprès des psy dont nombre d’entre eux sont athées.

Paléophobie :
Peur des vieilleries,  mais aussi peur d’en devenir une. Cette phobie précède souvent la nécrophobie.

Phagophobie :
Cette peur d’être dévoré tout cuit ou tout cru en conduit certains à éviter le moindre baiser, la moindre fellation. Curieusement cette phobie touche tout particulièrement cette frange de population bien pensante et pudibonde qui met le sexe à l’index au lieu de faire le contraire, (
tache) tâche tout de même nettement plus facile à effectuer.

Physiophobie :
Cette peur de transpirer, d’uriner, de déféquer, de peler, de flatuler, de pelliculer, de saigner, de produire des gargouillis… est aussi un signe évident d’égoïsme.

Albaphyllophobie :
Cette peur de la feuille blanche, c’est le trou noir des écrivains, des potaches qui ont fait l’impasse ou n’ont rien potassé, du militaire qui doit faire un rapport ; du politicien infoutu d’écrire trois mots qui se tiennent, son baratin étant habituellement pondu par un super crack de la com, celui-ci –horreur !– étant parti pour 8 jours en week-end. Peur parfois salutaire et qui évite d’une part d’user encre et papier pour rien, d’autre part de raconter des nullités.
Hélas ! pour vous qui lisez ces lignes, je ne suis atteint d’aucune albaphyllophobie.

Nanoptérophobie :
C’est la peur des drones. Phobie toute récente qui a de beaux jours devant elle avec les politiques sécuritaires en vogue… la galère. Roms et autres laissés pour compte, que Dieu vous garde.

Analopyrophobie :
Peur d’avoir le feu aux fesses, d’être pris(e) pour un’e) chaud(e) lapin(e), de devoir assumer, voire de se faire tirer ou de sentir obligé de le faire pour ne pas perdre la face.

Rhizophobie :
Peur que quelqu’un dont on n’a rien à faire et dont on aimerait se débarrasser prennent racine. Dans tous les cas, ne jamais arroser une telle personne.


Exemples tirés du site fluctua.net

Pénidébarphobie
C’est quoi ? La peur des péniches de débarquement. Pas d’inquiétude, celle-là est en perte de vitesse depuis quelques dizaines d’années. A priori générée par le débarquement de 1944, elle a traîné dans la tête de beaucoup de gens pendant les trente glorieuses. Du coup, certains grands-parents stressent un peu trop en voyant leur petit-fils s’échouer sur la plage en bateau gonflable jaune.

Halitophobie
C’est quoi ? La peur d’avoir mauvaise haleine. Le monde occidental moderne poussant à un hygiénisme forcené, puer est devenu une sorte de délit moral. En société, il faut sentir la lavande. Trac du premier rendez-vous galant, d’un entretien avec le boss, beaucoup de situations peuvent mener votre interlocuteur à apprécier vos relents de saucisson à l’ail du midi. Du coup, les halitophobes ne mangent que des yaourts nature, de la salade et des Ricola.

Géphyrophobie
C’est quoi ? La peur de franchir un pont. On n’y pense pas assez, mais l’acte est tout de même particulièrement risqué. Vent, boute-en-train qui vous pousse par-dessus la rambarde, embouteillage monstre qui ferait céder l’édifice, peu de chances de réchapper d’une traversée. Le géphyrophobe, qu’il soit piéton ou véhiculé, n’est pas très branché rivières.

Basophobie
C’est quoi ? La peur de marcher. Vous en conviendrez, c’est assez peu pratique pour un paquet d’activités usuelles de la vie. Pouvant découler d’un évanouissement avec blessure, d’un traumatisme articulaire ou d’une flemme aigüe, la basophobie peut s’avérer dangereuse en cas d’incendie ou de tremblement de terre.

Cainophobie
C’est quoi ? La peur de la nouveauté et des nouvelles idées. Les cainophobes sont de grands fans de papier peints marron avec des fleurs, de nappes en toile cirée et de téléphone à cadran. Ceux qui s’en sortent le mieux pensent à revendre leur minitel.

Eleutherophobie
C’est quoi ? La peur de la liberté. Besoin excessif d’être encadré, perdu à l’extrême lorsqu’on lâche vos rennes ? Pas d’inquiétude, mais vous êtes une population à risque. Les facs en sont pleines, les grands anxieux que sont les étudiants à répétition redoublant à cause de leur inaptitude à ce milieu éducatif libre. Ça explique le nombre de trentenaires inscrits en licence de sociologie.

Salcicophobie
C’est quoi ? La peur des saucissons. On en parle rarement, mais un saucisson, ça fout quand même les jetons*. La consonance du nom, l’odeur, l’aspect de la chair, la peau (l’éternelle question du « organique ou synthétique ? »), on en sait finalement assez peu sur le bon vieux Justin Bridou. Les salcicophobes passent donc à côté d’un des plus grands plaisirs de la vie, en espérant qu’ils ne soient pas également Apéricubophobes.

Votaphobie
C’est quoi ? La peur des factures. Appelée également notaphobie, tout le monde a eu l’occasion de l’appréhender à son stade anxiogène, en s’approchant de la boîtes aux lettres en rentrant du boulot. Les notaphobes aigüs, eux, s’éclairent à la dynamo, histoire de pouvoir relever le courrier une fois par mois.

Arachibutyrophobie
C’est quoi ? La peur d’avoir du beurre de cacahuètes collé au palais. Peu répandue dans nos contrées, cette névrose fait un tabac chez les psys outre-Atlantique. Si vous voyez un jour un type se racler le palais frénétiquement dans le métro le matin, c’est sûr, soit ça gratte, soit il est arachibutyrophobe.

Phobophobie
C’est quoi ? La peur d’avoir peur. Si vous ne voulez pas tomber dans une spirale infinie d’angoisse, mieux vaut arrêter de respirer tout de suite.


Le même article propose une liste de phobies tout aussi réelles où chacun trouvera peut-être son bonheur…

* Excepté lorsqu’ils ont une muselière


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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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Un commentaire pour Phobies en stock

  1. Dorion dit :

    Les phobies sont infinis, les vrais, je ne sais pas. Moi j’ai la phobie des képis. Mon psy m’a dit que ça devait sûrement venir du fait que mon père était un vrai chien. Comment l’a-t-il su ? Je lui demanderai à mon prochain RV.

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