Sarkosozy

J’en sais point rien, mais v’là-ti pas que l’autre jour, je mets le poste. J’aime bien mettre le poste pour voir comment qu’i nous y mettent, comment qu’i s’y prennent et comment qu’on s’y prend pour toujours s’y faire prendre. Moi, c’est pas grave : mineur de tréfonds dans ma jeunesse et plombier spécialisé dans les vides sanitaires quand j’eus été plus vieux, y a belle lurette que mon dos s’est ratatiné et courbé. Mais quand je vois un jeune costaud bien foutu et tout, comme un sportif de haut vol qu’était même copain avec le Jacquot, qui se la joue contre joue avec l’équipe du Sarkozizou, ça me fait recroire au père Noël. Çui qu’est une ordure, pas l’autre et sa barbe à papa que les marchands ont acheté (pas la barbe, le père Noël) depuis longtemps. Je disais que le jeune gars que je causais, va falloir qu’i pense à se trouver un bon docteur de la colonne.

Bon, v’là que je mets le poste. Ben merde ! que j’me dis, qu’est-ce qu’i lui arrive au cht’iot ? C’est-i qu’i s’s’rait fait faire un avalement de façade ? Bon d’accord j’y vois goutte, ça doit être à force que la goutte, j’y ai pas craché dessus, mais j’y vois encore assez et j’y entends tout autant sauf quand l’autan i s’met de la partie, là j’y entends goutte. C’était lui, j’en démordrai pas. Pis les liftings c’est pas tant rare de nos jours. La goutte, je m’en fiche et m’en contrefiche. L’aïeul, il y avait bien, et ça l’a pas empêché de vivre jusqu’à je sais plus, même qu’ils ont bien essayé de l’y empêcher au front. Les deux, qu’il a fait. L’aurait pas été habitué, ça lui aurait p’têt ben fait du dommage, cette saloperie de gnôle qu’i savait même pas comment qu’elle était faite. Il en avait échangé avec des gars d’en face. Un litron de schnaps contre deux de tord boyaux. Pas cons, les cousins !

Et pendant que je déboise, mes moutons i’s’cavalent. J’y r’viens.
Le gars, là, ah i faisait bien sur lui et tout et tout, mais à mon avis, un peu trop. I parlait comme l’autre, i causait comme lui, i te gesticulait comme lui… Preuve que c’était lui, point. Et qu’on m’dise pas le contraire.
« Jaaaarmaine » que j’ai gueulé parce que si je gueule pas, a vient pas. Bon elle a v’nu, mais quand elle a eu vu elle m’a eu mis le doute. Y’avait un reportage sur un truc d’avant, de l’hiver dernier ou pas loin. Avant y’avait eu une réclame, un truc avec un éléphant pas content, ou quèque chose comme ça.

— Bah non, c’est pas lui. Çui-là, l’est ben un peu contrefait, mais pas tant qu’l’autre.
— Donne-moi tes bésicles, qu’j’y vois d’plus près… Attends… Tu vas quand même pas m’dire que c’est pas lui.
— Ben si, et j’te l’dis : c’est point lui. D’abord lui, la défense, comme i disent, c’est déjà le chef des armées, alors qu’est-ce tu veux qu’il en fasse d’une autre, de défense ? Pis c’est du réchauffé c’qui nous donnent, un vieux reportage qu’est tout rance.
— Si c’est pas lui, c’est un sozy. Sûr que c’est un sozy. Et je vais t’dire, c’est son sozy. Ça peut être que ça. Un sacré sozy. Bon c’est vrai qu’avec tes lunettes, j’y vois quand même pas tant. Me faudrait mieux les mêmes que lui.

M’avait ben fallu quèque temps pour lever l’lièvre, mais j’avais compris. J’suis pas né d’la dernière averse, et on m’la fait pas comme ça, ah non ! «Un sozy, mon cul ! Tu parles !» que j’lui ai dit à Jarmaine. «Et c’est quoi que j’te disais ? Vas pas m’dire que c’est le contraire» qu’elle m’a soutenu. C’est que des fois, Jarmaine, elle soutient.

Pas con, le Sarkozy. Pas con pour deux ronds.
Tout ça, que j’ai expliqué à Jarmaine, c’est magouille, complot et compagnie, sans parler du reste. J’y ai tout dit, enfin presque, parce qu’au bout d’un moment elle a piqué du nez et elle en a écrasé d’une force que j’allais pas discourir tout seul, je suis quand même pas fou. I y’en a qui le sont, je sais, mais pas moi. Je lui ai mis une couverture sur le dessus de ses épaules, j’ai remisé la bouteille de marc que je m’demande pourquoi, vu qu’elle était quasi vide. J’ai regretté qu’i neige pas dans le poste comme ça y faisait avant, alors du coup j’l’ai coupé. Ça doit être à cause que c’est l’été.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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