Rentrée littéraire 2 – par Jean-Michel Thibaux

Suite d’une rentrée littéraire sur fond de grèves et pénurie d’essence.

Voilà, c’est fait : au box office des meilleures ventes de la rentrée littéraire, Betancourt a détrôné d’Ormesson, Ingrid a enfoncé Amélie, La Colombienne emmaillotée des couleurs sable et rouge des éditions Gallimard a pris la tête du peloton en ce début d’octobre propice aux révolutions. La petite fée de Bogota –on ne me trompe pas en la matière– a dû bénéficier de toute l’aide des cartels d’écrivains utilisés pour enjoliver sa déplorable histoire équatoriale. Le staff marketing du grand éditeur a su trouver le bon titre : « Même le silence a une fin », et le moment idéal de publication : juste avant le salon de Francfort où se jouent les destinées des futurs best-sellers.
Pour le silence, on aura compris, il n’aura jamais de fin. Ingrid parlera, papotera, déblatèrera,  se vendra, empochera les millions que les lecteurs dupés par les médias lui verseront à la veille des fêtes.  Il faut dire qu’elle a la langue bien pendue.  Ses geôliers étaient à l’écoute. Nos agents secrets aussi. Notre Président avait les oreilles adéquates pour entendre le pathétique cri de la fille de l’ancien ministre colombien de l’Éducation, fidèle serviteur du dictateur, le général Gustavo Rojas Pinilla.
Pour se faire une idée de sa double personnalité, il vous suffira de lire « Out of captivity » écrit par Marc Gonsalves, Tom Howes et Keith Stansell, trois co-otages d’Ingrid Betancourt durant cinq ans et demi. Ces derniers dressent un portrait très peu flatteur de leur codétenue, fustigeant « son égoïsme, son orgueil et son arrogance ». Elle aurait par ailleurs mis en danger la vie de ces otages en déclarant aux guérilléros que ces trois hommes étaient des membres de la CIA. Drôle de façon de mettre fin à son silence. Combien de liasses d’euros, le gouvernement français a versé aux FARC, aux hommes politiques colombiens ? Combien ont coûté les opérations foireuses pour délivrer  l’épouse glaciale, ainsi nommée  par son mari, Juan Carlos Lecompte qui écrira dans son livre « Ingrid et moi : une liberté douce-amère » paru aux éditions Alphée :
« Quand j’y repense, nous avons beaucoup, même essentiellement, parlé de choses matérielles pendant ce mois de juillet. Ingrid était en boucle sur l’argent (…) Pour vivre à Paris et emmener Mélanie et Lorenzo en vacances, Ingrid me réclamait 50000 dollars. J’ignorais alors qu’elle vivait aux frais de la République française à Paris (et qu’elle serait finalement invitée sur place par le président des Seychelles). Je lui ai proposé de lui transférer 30000 dollars immédiatement, soit le montant du “prix Rome pour la paix et l’action humanitaire” que j’avais reçu en son nom et que j’avais mis de côté en attendant son retour. Pour elle, ce n’était pas assez. J’étais un peu surpris. Je lui ai dit que je ne pouvais lui envoyer que 10000 dollars supplémentaires. Et encore, en vidant mon compte. Elle les a pris. Je n’ai pas bronché (…) Ingrid n’a pas été très sensible au geste. Elle a encaissé le chèque en jugeant la somme encore nettement insuffisante. Elle m’a même demandé de m’endetter. “Si tu n’as plus d’argent, tu n’as qu’à t’en faire prêter, disait-elle sèchement. Demande à tes amis !” »
Viva Zapata ! Viva la rentrée littéraire et la retraite à 76 ans ! Que les pauvres continuent à défiler et à s’endetter. Il y a fort à parier qu’Ingrid Betancourt ne paiera jamais l’Impôt sur l’ ISF en France.

Jean-Michel Thibaux.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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Un commentaire pour Rentrée littéraire 2 – par Jean-Michel Thibaux

  1. Saillard dit :

    Et pourtant une journaliste de France Culture disait que dans ce livre, elle a été touchée par la démarche d’Ingrid Bettancourt de dire que plutôt de vouloir changer le monde, il faut commencer par se changer soi même. Mais tout dépend d’où l’on part et où on va??
    Fabienne

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