Grèves et manifestations

— Ça fait 30 mois que je cherche du boulot. Et vous voudriez que je fasse grève ?
— Moi j’en ai trouvé un la semaine dernière. Chez un petit déménageur, après m’être payé une formation, permis poids-lourds et tout. J’y ai mis le peu de sous que j’avais pu mettre de côté. Hier matin, plus de carburant : chômage technique. Sympa !
— Je suis peintre. Pas en bâtiment, mais j’aurais peut-être mieux fait. Ce mardi après-midi, vernissage de mon expo. Six mois de boulot. Oui, faut pas croire, les artistes aussi ils bossent, même s’ils ne sont pas des “travailleurs”, comme on dit. Les retours de cartons d’invitation et d’Internet sont prometteurs.
16h, personne. 16h3o, deux copains venus à vélo. 17h, un journaliste devait venir : je l’attends toujours. 18h30, et vu le nombre d’invitation ça aurait dû battre son plein : deux pelés, trois tondus, point. Bouchons et grèves des transports ont eu raison de mon optimisme. Entre la location de la salle, les invitations et affiches, le pot… je préfère ne pas compter ce que j’ai perdu.
— Moi je fais dans le bâtiment. Pas facile ces temps-ci, mais enfin un chantier s’est profilé pour lequel j’ai fait le devis qui m’a pris 2 jours pleins. Si tout s’était bien passé, j’aurais pu payer mes charges sociales en retard, qui sont calculées sur le chiffre d’affaires de l’année précédente. Qui avait été correcte, ce qui n’est pas le cas cette année. Bref, on me réclame des charges sur un revenu que je n’aurai pas. Je suis arrivé quatre heures après la bataille : un concurent qui habite dans le patelin du client à remporté le marché. J’ai perdu plus d’une heure à trouver du gas-oil et j’ai été bloqué par 3 fois par des routiers. Et ce soir je suis vraiment dans la merde.
— Je suis médecin. Ce matin coup de fil pour une urgence. La veille, une demie heure de file d’attente m’a permis de faire le plein. Centre ville, entre le boulevard Clémenceau et la rue Hoche, manif. Lycéens, collégiens et indéterminés excités. Qui ont secoué la voiture et m’ont empêché de passer. Arrivé à l’adresse indiquée, on m’apprend que j’arrivais un peu tard, que les pompiers arrivés une demie-heure plus tôt avaient procédé à une réanimation et avaient embarqué le malade à l’hôpital. Je me fais traiter de salaud.
— Je suis mère de famille, j’ai trois enfants qui ont de 2 à 7 ans. Je vis seule, avec un salaire modeste, je n’ai pas de voiture et j’utilise les transports en commun pour me rendre à mon travail, à 8km de mon domicile. La crèche et l’école sont fermées et je n’ai personne qui puisse s’occuper de mes enfants.

— Moi je suis gréviste et je vous emmerde.

Publicités

A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
Cet article, publié dans affaires, commerce, activités, petites gens, politique, économie, quotidien, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Grèves et manifestations

  1. Dithyrambique dit :

    Je comprends certains grévistes, mais je ne comprends pas que quelques personnes, sous prétexte d’un soi-disant intérêt général, mette en péril de bonnes entreprises dont les patrons, et ce n’est pas rare, gagnent bien moins d’argent que leurs cadres et auront une retraite minable parfois. Les « travailleurs » ne sont pas que les salariés et ces derniers ne jdevraient pas se comporter comme ceux qu’ils critiquent et qui prennent des mesures injustes.

  2. Mgr Machin dit :

    Mais il y a des gens qui font la grève sans « emmerder » personne. Maintenant, qu’attendent-ils de cette grève, et pour quel type de société ? Car toujours ressort cette course à l’argent, indispensable on le sait, mais qui est devenu le nouveau dieu.

Les commentaires sont fermés.