Preuve de mort

Je suis mort. Et je vous prie de ne pas me contrarier en me disant le contraire, ce que vous éviteriez de faire si vous alliez vous recueillir sur ma tombe plutôt que de remettre en question d’une part ce que je raconte, d’autre part ma santé mentale.
Je reviens du cimetière. Avenue des oeillets, allée 9, quartier B, chemin 12, îlot 2, tombe 256. Allez-y, vous verrez par vous-même.
Ça n’est pas une preuve ? Je vous l’accorde, et ce ne serait pas la première fois qu’il y aurait tromperie sur la marchandise.
Trouvez une pelle, creusez, sortez la caisse, ouvrez-là et constatez.
Alors ? Vous me reconnaissez ? C’est bien moi ? Vous confirmez que je suis bel et bien refroidi ?

Ouf ! et grand merci. Parce que voyez-vous, ça n’est pas que je n’ai pas confiance en moi, mais vous savez, ce genre de choses, on n’est jamais bien sûr.
Car comment s’assurer qu’on est bel et bien mort ? Se poser soi-même la question, c’est un peu être juge et partie, non ? Quant à la poser aux autres, quelle preuve avons-nous qu’ils ne nous mènent pas en bateau ? Et s’ils nous mentaient pour ne pas nous faire de peine ?

Publicités

A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
Cet article, publié dans allégorie, vivre et mourir, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Preuve de mort

  1. Saillard dit :

    Oh que non tu n’es pas mort! je vérifie régulièrement, discrètement.
    Mais tu es bien là, présent. Sous la terre, je ne sais pas? alors, elle est conductrice puisque tes ondes arrivent jusqu’à moi.
    Heureusement.
    Un mort comme cela, c’est du gâteau;
    Vérification faite, on en reparlera à Noël…
    Bisous
    Fabienne

Les commentaires sont fermés.