1e. Meilleurs voeux 2011 – 1st. Best wishes 2011

2011, nous y voilà bientôt, pour preuve, les voeux qui débarquent dans nos messageries, boîtes aux lettres et oreilles, Toujours les mêmes, preuve que ça ne marche pas, car si ça marchait il y a longtemps qu’on n’aurait plus besoin de les échanger et on aurait cessé depuis belle lurette de dépenser nos économies en timbres.
Mais si vous y tenez, meilleurs voeux, QUAND MÊME.

Urbi et orbi, dehors comme dedans, c’est toujours la chienlit, comme disait le Grand Charles (et non Charles le Grand), mais avant de se prendre la tête avec les événements extérieurs locaux ou internationaux zizanesques –merveilleux miroirs–, il serait sans doute profitable de se la prendre avec nos propres événements bien à nous. Les grains de sable qui bousillent les rouages, les difficultés, les conflits… pas la peine d’aller voir ailleurs s’il y en a. Et tant que nos propres conflits ne seront pas rayés de notre carte géopolitique perso, inutile d’espérer que ça s’arrange dehors.
Une fois que nous aurons balayé devant notre porte, peut-être alors pourrons-nous aider nos voisins à faire le ménage.

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— Toi, t’es la princesse. Toi, on dit que tu serais les ennemis. Les ennemis, i zenlèvent la princesse et l’enferment dans le château. Moi, je suis le chevalier blanc et on dit que je viendrais la délivrer. Si ! c’est moi le chevalier.
— D’abord, les chevaliers i s’habillent pas comme ça, pis t’es trop petit.

Lorsqu’on est petit, on joue. On joue et on se laisse souvent prendre au jeu, le goûter servant de trêve, le repas du soir signant l’arrêt des hostilités si aucun camp n’a remporté la victoire, ou les parents finissant par nous faire revenir à la réalité, à leur réalité.
On joue, et on le sait, mais parce que la tendance générale veut qu’on rejoue les mêmes rôles (même s’ils ne nous plaisent pas), on finit doucement par s’y installer, devenant seigneur ou manant, infirmière ou malade, maîtresse ou élève, etc.
On joue et on le sait, mais parce qu’un jour on nous rabâche qu’on est trop grand pour… (après nous avoir répété qu’on était trop petit pour…) on nous dit que la vie, ça n’est pas un jeu, et on attend de nous qu’on devienne –enfin– sérieux. Quelque chose nous dit alors que : soit on nous a menti hier, soit on nous ment aujourd’hui.

Parce que nous croyons qu’être aimé implique que nous devons plaire, nous faisons d’abord semblant de croire à ce que l’on nous raconte, pour finir par y croire sans plus nous poser de question. Nous nous attachons à devenir sérieux, nous le devenons, nous sommes attachés au sérieux.
Et comme être sérieux c’est, par définition, ne pas jouer, nous ne nous rendons plus compte de la comédie que nous jouons et que nous nous jouons, ni des rôles que nous y tenons.

« Je vais, je viens, je fonctionne plus ou moins bien –c’est selon–, croyant être moi-même. Moi-même dans ma vie affective, en amour ou en famille ; moi-même au travail ; moi-même auprès de mes amis ; moi-même en toute occasion.
Je vais et viens, m’imaginant aller et venir comme je l’entends, ignorant que je me trouve sur une scène de théâtre –la vie– où se déroule une pièce plus ou moins bonne –ma vie–, dont je ne suis que co-producteur, co-scénariste, co-dialoguiste. Dans un décor le plus souvent “banal à crever”, j’y joue plus ou moins bien toute une série de rôles, sans en être conscient. J’y joue ou on m’y fait jouer… si on peut appeler cela jouer. Jouet.
Tour à tour me voilà intrigant, héros, agitateur, valet de chambre ou grand de ce monde, concierge ou sourd-muet… jouant la tragédie ou la comédie. Selon le rôle qui m’est imparti, je me retrouve paré d’une bure de moine, du costume clinquant d’un général d’une république bananière, de l’habit de lumière d’un torero, du 3 pièces-cravate du cadre supérieur… ou me voilà affublé d’un tablier de soubrette, des haillons du mendiant, des oripeaux du punk, du bleu de travail du manar… Me coulant dans un personnage, je parle, agis et me comporte en conséquence, pour qu’on me reconnaisse comme tel.
Je n’ai, hélas, nulle conscience de ce jeu, et je ne me rends pas compte qu’à me travestir de la sorte sans que cela procède d’un vrai choix, je travestis ma vie : je mens et je me mens. »

 

À endosser des rôles sans en prendre conscience, on finit –habitude et sérieux aidant– par s’y confondre, reléguant aux oubliettes le seul rôle important qu’on ait à jouer : le nôtre. Alors, selon les circonstances, on se retrouve à jouer le mal aimé ou l’enfant gâté ; le mal torché ou l’imbécile heureux ; le citoyen qui obéit bêtement ou celui qui ordonne aux autres et dispose d’eux ; le bras armé qu’un chef manipule ou l’homme de pouvoir qui l’exerce pour son propre intérêt et celui de ses pairs ; le rigolo de service ou le triste sire ; le moins que rien ou le plus que tout ; le toujours gentil garçon que l’on n’est peut-être pas vraiment ou le salaud qu’on a pu devenir pour avoir été étiqueté de la sorte.

On est tout sauf soi-même, on en souffre, coincé dans de fausses croyances et de faux systèmes de valeur. Et on en fait souffrir les autres.

 

Pour cette année 2011 qui se profile et qui ne sera sans doute ni pire ni mieux que toutes celles écoulées depuis longtemps, je souhaite à chacun de pouvoir identifier les rôles dans lesquels il est coincé après tant d’années à avoir joué la même tragi-comédie ; de refuser désormais les rôles avec lesquels il n’est pas en accord, quand bien même le cachet serait attrayant ; de prendre toute sa place dans le scénario et les dialogues et pourquoi pas de les refondre, les remodeler, les ré-écrire totalement ; de prendre conscience des rôles, masques et comportements de circonstance qui l’enferment et de les quitter une bonne fois pour toutes ; et parce qu’il peut y en avoir (mais si !), de reconnaître et conserver ceux des rôles qui lui vont à merveille, qui servent ses propres intérêts et ceux d’autrui.

Voilà tout pour ces premiers voeux.

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BEST WISHES

(Sorry for this translation I made with L&H Power Translator)

 

— You, you are the princess. You, one says that you would be the enemies. The enemies, ithey kidnap the princess and shut in her in the castle. I, I am the white knight and one says that I would come to deliver the princess. Yes, I am the knight. 
—  First, knights doesn’t dress like that, and then you are too small.

 

When one is small, one plays. One plays and one gets caught up in it, the afternoon tea acting as a truce, the dinner signing the stop of the hostilities if no one won the victory, or the parents bringing back us to the reality, their reality. 
One plays, and one knows it, but because the general tendency wants that one replays the same roles (even though they don’t please us), one ends up mildly installing, becoming Lord or manant, nurse or sick, mistress or pupil, etc.
One plays and one knows that, but because one day one keeps repeating us that one is too big for… (after having repeated us that one was too small for…) one tells us that life, that is not a game, and one waits for us that one becomes –finally– serious. Whereas… something tells us either one lied us yesterday, whether one lies us today.
Because we believe that to be liked and loved implies that we must please, we first pretend to believe what one tells us, to end up believing there no more than that to ask us question. We try to become serious, we become serious, we are attached at the seriousness. 
To be serious it is, by definition, not to play. Then we don’t surrender anymore counts the comedy that we play and that we are played, and the roles that we hold.

« I go, I come, well or not, believing to be myself. Myself in my emotional life, in love or in family; myself to work; myself by my friends; myself in all opportunity. 
I go and come, imagining me to go and to come as I want it, ignoring that I am in a theater : life, where takes place a play more or less good : my life, of which I am only co-producer, co-script writer, co-screen writer. In a decor the most often terribly nasty , I act as I can a whole set of roles, without to be conscious. I play or one makes me play… if one can tell it to play. I am a Toy.
By turns I am a plotting, a hero, an agitator, valet or great of this world, caretaker or deaf-mute… playing the tragedy or the comedy. According to the role that I am granted, I meet decorated with one homespun of monk, with the flashy costume of a general of a two-dimensional republic, with the light dress of a bullfighter, with the senior executive’s 3 pieces-tie… or I dressed maid’s apron, beggar’s rags, punk’s rags, dungarees of the unskilled worker… Flowing into a character, I speak, act and behave consequently, so that one recognizes me like such as I am.. 
I don’t have, alas, no consciousness of this game, and I don’t realize that to travesty me of the sort without it proceeds from a true choice, I travesty my life : I lie and I lie to myself. »

To take some roles without becoming aware of it, one ends up -with habit and seriousness- to confound oneself, shelving the only important role that one has to play (oneself) indefinitely. Then, according to the circumstances, one meets to play the beloved pain or the child spoiled, the wiped badly or the happy fool, the funny of service or the sad lord, the last of the lasts or the kind boy that one is not maybe indeed, or the bastard that one could become for have been labeled of the sort. 
One is whatever except oneself, and one stands some of that, prisoner of false beliefs and false systems of value. And one makes some endure the other.

For this year 2011 that stands out and that won’t be probably nor worse nor better than all those draining for a long time, I wish to each to be able to identify the roles in which he is stuck ; to refuse the roles with which he is not in agreement henceforth, even though the seal would be attractive ; to take all his place in the script and the dialogues and why not to recast them, to remodel them, to rewrite completely them : to take conscience of the roles, masks and behaviors of circumstance that lock it in and to leave them ; and to recognize and to keep those of the roles that go to him marvellously, that serve his own interests and those of others.

That’s all for these first wishes

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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