Autisme, schizophrénie, conflits, guerre et paix

Quand ça branle dans le manche pour des raisons sociales, qu’un état de guerre nous corne aux oreilles et que des bruits de botte s’amplifient, que ça vibre, ça secoue, ça gronde on se retrouve comme deux ronds de flan à se la jouer surprise-surprise et à gémir que c‘est quand même bien triste ma bonne dame, qu’on n’y a pas vu venir, et si c’est pas malheureux, mais qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu pour mériter ça. Surprenant, non ?
Quand je dis état de guerre, il peut s’agir de vraies guerres d’état à état ou d’éthnie à ethnie, mais tout aussi bien de conflits sociaux durs, ou de ces guerres que déclarent nos gouvernements contre ceux –inadaptés sociaux, contestataires, voire opposants virulents–, qu’ils mettent dans le même sac que celui des voyous (attention, pas ceux en col blanc) sous l’appellation générique de “racaille”.

Et comment c’est-i qu’on a pu en arriver là, et pourquoi, ouaille ? comme dit mon curé pas plus pédophile qu’un phoque. Pourquoi ces bruits de bottes ? Pourquoi tant de haine ? Ch’sais pas, mais à y réfléchir, va savoir si ça n’est pas :

1. À cause des peaux de phoque qu’on s’est collées sur les yeux au lieu de se les mettre aux pieds pour éviter de glisser sur les peaux de banane. Se rendre aveugle un temps, crois-moi, c’est pratique.

2. Du fait que, sachant qu’il n’y a pas de bon équilibre sans bon sommeil et pas de bon sommeil sans boules Quies, les plaintes, gémissements, pleurs, cris et hurlements n’ont pu atteindre nos tympans, ni ceux des églises… d’autant s’ils venaient de loin ou étaient… étouffés.

3. À cause de tout ce qu’on n’a pas senti, sous prétexte qu’on ne pouvait pas le sentir ou qu’on a oublié de se mettre une pince à linge sur le pif. Je parle de l’autre, l’étranger, métèque, rastacouère, niacoué dont la couleur, c’est bien connu, va du jaune citron au noir, en passant par le gris. Couleurs de la gamme chromatique ou couleurs sociales. L’étranger, celui qu’on montre du doigt avec des gants, car on ne sait jamais. Et les pauvres, dont la crasse a rendu la couleur si douteuse qu’ils en deviennent… transparents. Rassurons-nous, avec le flair qu’ils ont, les chiens les débusqueront et les villes redeviendront propres. Les pauvres : minorités, individus, pays, région, ville, quartier…

Soyons clairs. Les tenants du pouvoir sont certes responsables, mais qui d’autre que nous est responsable de leur accession à ce pouvoir ? Eux déraisonnent. Nous aussi. Nous sommes des malades, atteints d’une schizophrénie doublée d’autisme. Et malgré leurs efforts, ni les Jités, ni les Télé-Achat, ni les émissions télé à la con pour des boeufs heureux d’être castrés, car peinards et sécurisés (et en plus ils voudraient être libres ! Quand je parlais de schizophrénie…), n’y changent rien, on se demande pourquoi.

Nous nous inquiétons, nous nous insurgeons, nous rugissons, râlons, pleurons et déplorons ou, à l’inverse, fleur au fusil, sabre et goupillon en mains et Bible, Coran, Talmud ou autre croyance ou idéologie dans le crâne en guise de raison (et d’oraison… funèbre) nous prenons le sentier de la guerre au nom de Qui nous savons, pour des raisons qu’Il ignore, quand bien même Il existerait, le malheureux, trahi par ceux à qui il a insuflé la vie, et qui portent la mort en Son Nom. Misère !

Ce qui se passe dans les hautes sphères (là où, par définition, les idées tournent en rond) est un reflet de ce qui se passe plus bas, à ras de terre, en chacun de nous. Changer quoi que ce soit en haut passera par changer ce qui se passe plus bas, en soi. Si c’est la merde en haut, c’est que c’est la merde en bas. Kif-kif pour la couche d’ozone, mon frère, ou ma soeur qui des fois aimerait bien battre le beur, quand il se fait rance.
La seule guerre qui devrait nous préoccuper est celle que nous pourrions mener contre cette partie de nous qui ne veut pas la paix et n’a aucune chance de l’avoir, puisqu’elle privilégie le confort personnel. Et plutôt que de se soigner (car il s’agit bien d’un terrible mal), chacun continue à projeter manquements et folie sur le monde extérieur. Et sur les autres. Youp la boum et tagada tsoin tsoin.
Car fondamentalement, les autres, et plus encore s’ils sont défavorisés (et par qui donc, je vous le demande), personne, ou pas loin, n’en a rien à foutre, et quoi qu’on fasse c’est pour soi qu’on le fait.
Fondamentalement ? Ja !

 

— Et Dieu, dans tout ça ?
— Laissons-le à ses désillusions et prions pour lui, mes frères.
— Et ta soeur ?
— Elle bat le beurre, qu’est-ce que tu crois ?

 

 

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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