13 juil 2013 – Vandalisme au Musée des Beaux Arts de Nantes

 

Charlotte Corday et Marat, avant les dégradations

Le tableau avant son amputation

 

Marat et Chrlotte Corday 2

Le même tableau après son amputation. Au sol, le couteau qui aurait servi à la découpe.

Nantes : Stupeur au Musée des Beaux-Arts

Un vandalisme d’une rare bêtise a eu lieu dans la nuit du 13 au 14 juillet 2013 au Musée des Beaux Arts.
Une œuvre majeure peinte par un peintre aujourd’hui mineur et tombé dans les tréfonds de l’oubli a été saccagée et, sinon réduite à néant, amputée avec une telle sauvagerie que, d’après le Conservateur appelé d’urgence alors qu’il rêvassait à quelque palme de gloire au lieu d’œuvrer pour la conservation des œuvres, la peinture en question ne devrait pas s’en remettre. Extrêmement choqué par ce qu’il faut bien appeler un véritable autodafé, il n’en a pas dit davantage, répondant à cela à un comportement habituel auquel il nous a bien fallu nous habituer, à défaut de ne savoir quoi faire d’autre.

L’œuvre en question –Le citoyen Jean-Paul Marat au bain, en train de faire le point de ses notes de frais pour se les faire rembourser par le Comité de Surveillance de la Commune de Paris– est signée Paul Baudry, apprécié de Napoléon le Troisième et tête de Turc de monsieur Emile Zola, ce dont nous n’avons rien à faire ici.

Mais venons en au fait. La toile représentant Charlotte Corday (petite nièce de Corneille, ce qui est loin d’être sans importance, comme chacun le comprend) venant de larder d’un coup de couteau notre génial et sanguinaire Marat dans le but probable de lui faire comprendre que se baigner pendant la digestion n’est pas sans danger, la toile, disais-je, a été découpée d’une façon qui, selon les enquêteurs et le Conservateur, ne doit rien au hasard qui se contrefiche de tout et particulièrement de ce genre d’affaires.
Mais encore ? vous entends-je questionner mentalement à cause que les murs ont des oreilles et que ces oreilles, qu’elles soient montagnardes ou girondines, pourraient très bien en référer aux langues et lèvres de juges partisans de la guillotine. Et bien voilà : non seulement Charlotte a disparu, mais en sus, comme disent les pirates avant d’aborder une question cruciale et intéressée, le couteau, instrument du passage de vie à trépas de notre prolixe écrivassier qui s’épanchait dans l’Ami du peuple, a été arraché de sa poitrine, ce qui peut-être envisagé comme étant la cause réelle du décès, Dieu ait son âme et le diable ses écrits.

Si le tableau ainsi aéré a gagné en légèreté, nul doute qu’il a perdu de sa valeur marchande.
Quant à connaître les motivations des voyous qui ont osé s’en prendre de la sorte à une telle incarnation de l’art, nul doute que l’enquête n’en saura jamais plus, étant donné le service auquel elle a été confiée.
Comme d’autres, et la conjoncture étant ce qu’elle est, à l’instar du Conservateur dont l’insigne bêtise est signe d’une inaptitude à conserver les oeuvres qui lui sont confiées, nous ne pouvons que nous confondre en conjectures.
Pour ce qui est du couteau au manche d’ébène trouvé dans le hall d’exposition, et compte tenu des fibres de lin qui y étaient accrochées, il aurait pu servir à découper la toile. Selon le Conservateur.

Le 14 au petit matin une femme aux longs cheveux bouclés et vêtue d’une robe longue vieillotte aurait été aperçue au croisement des rues Élie Delaunay et Georges Clémenceau. Témoignage peu recevable, d’après la police, celui-ci émanant d’un clochard aviné. Selon ce malheureux, cette femme qui semblait être en état de choc poussait des cris de joie et ne cessait de répéter que les Girondins de Bordeaux avaient remporté la victoire par 1 à 0. Questionné à ce sujet, le Président de la LBM –Ligue de Bonne Moralité– a fustigé les alcooliques et condamné la consommation d’alcool qui les conduit à la déchéance. Pierre Victurnien Vergniaud –le porte parole des Girondins– longuement interrogé par la police a, quant à lui,  prétendu ne pas être au courant, réponse somme toute logique pour quelqu’un de cette époque où l’électricité en était à peine à ses premiers vagissements.

 

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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