Jardins secrets, secrets de jardins

Les jardins ouvriers, souvent de bric, de broc, de cœur et de sueur sont lentement remplacés par des jardins familiaux, avec de jolies et proprettes petites boîtes posées dans de jolis et proprets enclos en grillage vert époxy. Les premiers, du moins ceux qui résistent encore à la modernité et aux lignes droites de la rigidité ont une âme bien à eux, parfois un peu bancale, mais c’est une âme humaine.
Les seconds aussi en ont une, mais elle est encore sans histoire, tirée à quatre épingles, sans goût, ni grâce, ni surprise. Les premiers font tache, les seconds s’intègrent parfaitement au béton, aux rues froides et vides que des hommes froids, parce que morts, ont tracées au cordeau. Pour faire joli ils ont parfois planté des arbres en ligne droite en prenant soin de les espacer de façon bien régulière. «Je veux pas qu’une seule tête dépasse de la colonne, aurait dit le chef d’équipe.»
Ce que j’aime quand même, avec les jardins familiaux et leur jolies petites cabanes carrées, c’est qu’elles me font penser à la chanson Little Boxes, de Malvina Reynolds, que Peete Seeger interprétait et que Graeme Allright avait reprise en français. Et puis, avec le temps et les vicissitudes, une fois qu’elles auront pris quelques rides…

« Little boxes on the hillside
Little Boxes made of ticky tacky
Little Boxes on the hillside
Little Boxes all the same {…] »

À Saint-Martin d’Hères, Isère, Alpes, France, à deux pas de là où j’habite (mais qui n’est pas un vrai chez moi, parce que je ne suis pas très doué pour être propriétaire de quoi que ce soi, à moins que ce soit à cause de Lao, mon copain Tseu), cohabitent jardins ouvriers et jardins familiaux. Je ne sais pas si les gars d’un côté boivent l’apéro avec ceux de l’autre, mais s’ils ne l’ont pas encore fait, ça ne serait pas du temps perdu qu’ils y pensent. Et qu’ils pensent à moi.

Pourquoi le titre Jardins secrets ? Ces petits jardins, c’est ni le monument qu’il faut avoir vu, ni le centre culturel qu’il faut fréquenter, bref, c’est peu de chose et pas sûr que ceux qui en ont un en causent sur Facebook. Et si on n’est pas du coin, encore faut-il réussir à tomber dessus.
Et pourquoi Secrets de Jardins ? Ben tiens ! Les portes en sont fermées et cadenassées : alors qu’on ne me dise pas que ça ne cache pas quelque chose, hein !
Ne croyez pas ce que je raconte. Regardez les images, regardez les bien. Arrêtez-vous sur la première qui vous appelle, puis fermez les yeux. C’est fait ?
Parfait. Sortez la clé de votre poche, ouvrez le cadenas ou la serrure, poussez tout doucement la porte pour ne pas effaroucher le chat qui somnole au soleil, en train de rêvasser à d’adorables oisillons.
Baissez-vous. Oui, là. Mettez-vous à crapeton. Respirez. Moins fort, que diable, vous voulez que le chat se réveille ? Laissez vos doigts courir sur les herbes, voyez les légumes pousser et entendez le drôle de petit bruit qu’ils font contre la terre, voyez les fleurs s’épanouir…
Bon, c’est vous que ça concerne, après tout ; pas moi. Alors débrouillez-vous pour le reste. Je veux parler des secrets.  Des secrets de jardins.

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NB : Les photos ont été prises de mars à avril 2011

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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