Blogs et lectorat, blogs et lecteurs

C’est drôlement bien les blogs. C’est encore mieux quand ils sont lus. Çui qui y a écrit est alors très content, très très. Et plus il écrit des choses en relation avec les news niouzes, plus y’a des gens qui vont jeter un oeil.
Dans les niouzes, y’a des trucs qui attirent encore plus. Des sirènes ça s’appelle. Tu parles de ces machins avec lesquels on manufacture du mioche, t’es sûr qu’on y lit, c’que t’a écrit. Attention, hein ! c’est pas parce que tu fais joujou avec ces morceaux d’anatomie que t’es obligé de te farcir les couches et la génitirice qui te donne plus l’heure. Les préservatifs, c’est pas fait pour les chiens.
Le sexe, ça attire du lectorat. Tu rajoutes un peu de machins pas très nets avec des trucs un peu salaces, tu gagnes à l’aise 10% de lecteurs. Tu mets une pincée de violence, tu rajoutes tranquille 20%. Encore mieux : le viol. D’après mes statistiques officielles, ton lectorat gonfle de 48%. Mais on est loin du nec plus ultra : le viol sur mineur(e), qui fait grimper le lectorat à plus de 69%. C’est dingue !
Bon, si t’as pas d’histoires avec des organes génitaux à te mettre sous la dent plume, tu peux t’en sortir quand même avec deux grands genres aussi littéraires l’un que l’autre : les crimes salopards, crapuleux, ignobles, dégueulasses, quoi, et les catastrophes.
Des fois, preuve que Dieu existe, on a un coup de bol de cocu. Et pourquoi donc ? vous entends-je questionner. Paç’qu’on tombe sur le jacques pote. C’est quoi ça ? vous ouis-je bêler. Tu connais le couscous royal, me dis pas le contraire. Cest du couscous comme d’hab, sauf qu’il y a du poulet (élevé en batterie et tué de même), de l’agneau de dieu qui effacez les pêchés du monde, et des merguez, que si t’en avais une comme ça t’aurais plus qu’à… Dans les niouzes, c’est kif kif bourricot, comme on dit quand on sait pas qu’on pourrait dire que c’est pareil à une vache près, et qui broute où ? je vous l’demande. J’esplique. Le kit royal  niouzes, c’est comme qui dirait une niou, c’est comme ça qu’on dit quand il n’y en a qu’une mais comme là il y en a trois en même temps, on peut dire niouzes… le kit royal c’est une niouze à trois têtes, comme il y a des hydres pareilles. Sauf que les têtes qu’on cause dans un kit royal niouzes, c’est pas le même genre de tête.
Quoi. Qu’est-ce qu’i y’a, les énervés ? J’esplique, c’est tout.
Bon. Le kit royal niouzes, pour faire bref, c’est du cul, de la violence et ça se passe pendant une catastrophe, soit naturelle, soit pas. Le drame ça paie. Mais attention, hein, faut que ça ait de la gueule, du panache, de la dimension !
Les naturelles tout le monde sait ce que c’est : tempête ; inondation ; iruption volcanique comme dit ma voisine qui fait de l’acné ; tremblement de terre ou cynisme ou encore ébranlement des plates tétoniques comme l’ânonne son mec que c’est pas parcequ’il a pas fait l’école qu’il est plus con qu’un autre, comme dit l’instit de mes gosses qui s’est fait virer de l’éduc nat sous je ne sais quel prétexte fallacieux alors que tous les enfants le trouvaient drôlement gentil. C’est normal qu’il soit gentil, même qu’il n’y a pas que lui, ils le sont tous dans l’école cata catho où je les mets, qu’ils aient une bonne éducation et tout et qu’i y’a pas de voyous. Les catastrophes naturelles, il y a aussi les ras de marée, qu’on appelle aussi tsunami, pour montrer qu’on est pas plus con que je sais pas qui. Les désastres héroïdes aussi, mais c’est plus rare parcequ’il y en a moins à cause qu’ils loupent la terre à cause qu’elle va trop vite ou qu’elle arrête pas de tourner, que du coup c’est vachement dur à viser.
Puis les catastrophes pas naturelles. C’en est bourré : les guerres de religion et celles des civilités les civiles mais aussi avec les militaires ; la télé qui marche plus ; les centrales à tonique ; les usines qui esplosent ; les gratte ciel qui esplosent ; les trains qui esplosent aussi déraillent ; les bateaux aussi qui coulent ; les sous-marins qui coulent pas et qu’on peut leur tirer dessus à boulets rouges avec le sang sur la mer que c’est pas si vilain que ça au coucher de soleil ; les pollutions qui polluent tout ; les bouchons sur les routes même si c’est pas le ouiquènde ; la Staraque ; les bleus quand ils perdent ils jouent ils perdent, qu’est-ce que je m’enquiquine, avec eux c’est pareil les deux mots ; les lois qu’ils votent au parlement européen ; la sécheresse la soif… et j’en passe, mais hein ! vous en savez autant que moi.

T’écris n’importe quoi avec bourré de sexe, de violence et que ton histoire elle se passe, je sais pas, au Japon par exemple, pendant un tremblement de terre plus un tsunami (ça fait vraiment mieux que ras de marée, non ?), plus une centrale à tonique, comme dit l’autre, tu fais un malheur. Au besoin, tu rajoutes un bon paquet de morts, le fait que pendant le viol (ben oui, c’est une niouze royale qui relate un viol crapuleux et terrible) une malheureuse criait au secours à cause qu’elle était en train de se noyer et que seul un des trois co-violeurs n’écoutant que son courage s’est jeté dans les flots furieux d’où, hélas, il n’a pu ramener sain et sauf et au sec que le sac à main de la malheureuse, dieu merci, bien garni, toute peine mérite salaire, après tout.

Et voilà Les pervers qui attendent que je continue, que j’en rajoute. Mon cul, oui ! T’es bien assez grand, non, pour inventer des saloperies qui feront que tu seras lu, toi aussi.

Ciel ! J’allais oublier de parler de l’incendie qui s’était déclaré dans la chambre –au demeurant fort joliment décorée par un artiste de renom, qui a eu le bon goût d’accrocher une reproduction peinte à l’anus d’un des boeufs écorchés de Soutine (geste qu’on ne peut que qualifier de généreux –je parle du geste du décorateur), incendie ravageur dans lequel périra la malheureuse victime à cause de laquelle un psy aura du mal à joindre les deux bouts, l’ingrate.

C’est vrai que des fois, on n’a rien à se mettre sous la dent. Tout n’est pas perdu. Je confirme. Un mariage princier par ci ; un royal mariage par là ; une pipole larguée farcie par ci, une autre si heureuse d’être bientôt maman par là (« Je suis si heureuuuuuuse » a bavé miss Trounichon dans le micro de notre envoyé spécial) ; les amours cachées de M. X par ci ; le vol de la petite culotte de la petite salope qui se balade cul nu par là et que photographes et lêches-culs se disputent ou se partagent.
D’accord, on ne peut pas s’attendre à des scores mirobolants mais… c’est sûr, certain, démontré, prouvé, exact et avéré que tu attires plus de lecteurs avec des conneries de ce genre ou avec des niouzes réellement terribles qu’avec de jolis écrits, de tendres paroles, des trucs qui amènent à réfléchir, ne serait-ce même qu’à penser un tout petit peu… , de la poésie, de simples mots qui font rêver, d’autres qui émeuvent et font sentir … des écrits qui te font toucher au beau, à l’indicible, au merveilleux… n’importe quoi d’autre.

De quoi hurler.
Mais j’écris pour ne pas hurler.

Y’a des fotes ?
Vouais. P’t’êt bien, après tous. Mais pas plus que dans les blogs que je cause et moins que dans les comentères des dix blogs.


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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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