Plusieurs cordes à mon arc ?

Plusieurs cordes à son arc ! Plus débile que cette expression, faut chercher loin, profond ou très haut, là où crèche le Très Haut.
Tirer une flèche avec un arc à une corde n’est pas tout à fait aussi difficile que le contraire, mais atteindre une cible est une autre paire de Channel, comme dit ma couturière qui s’y connaît plus en manches qu’en tennis. Mais tirer une flèche avec un arc qui possède plusieurs cordes procède d’un procédé à la con. D’abord combien de cordes ? Puis laquelle choisir ? En vertu de quoi ? Et une fois le choix fait, comment s’y prendre pour ne pas s’emmêler les pinceaux, surtout si on tire à l’arc avec les pieds parce qu’on est manchot ? Essayez que je me marre. Avoir plusieurs cordes à son arc, n’importe quoi !
Je ne dis pas qu’un arc possédant plusieurs cordes est une chose impossible, je dis simplement qu’un tel arc n’est pas fait pour viser une cible et encore moins pour l’atteindre. À mon humble avis, il y a confusion, et un arc à plusieurs cordes est soit une raquette, soit une mandoline. Raquette de tennis ou raquette de neige, l’une et l’autre ressemblant étrangement à une mandoline, comme quoi il n’y a pas de hasard, comme le prétendent ceux qui s’esbaudient d’un machin sympa et qui, affirmant cela estiment mériter ce qui leur arrive, mais qui se la ferment si le machin est tout sauf sympa. Le destin, on le sait, ce sont des emmerdes.

La vérité c’est que j’ai plusieurs arcs. Et une seule flèche. Complètement idiot, vous entends-je juger de façon péremptoire, mais lorsque vous saurez que je rate systématiquement mes cibles, ce que désormais vous savez, vous comprendrez qu’une seule flèche me suffit. Je choisis un de mes arcs (en fonction de rien, au hasard ou en ploufant, généralement en me récitant la comptine du petit cochon pendu au plafond à qui on tire la queue pour lui faire larquer des œufs –vous voyez le symbole !–) ; je bande mon arc tout en visant (façon de parler) ; je décoche mon unique flèche (d’ailleurs difficile d’en décocher plusieurs en même temps) ; je rate ma cible, comme prévu et comme je le disais plus haut. Je n’ai plus qu’à aller la récupérer d’un pas nonchalant et désabusé au pied de la cible, dans le meilleur des cas, à plusieurs mètres le plus souvent. Alors à quoi donc me servirait de disposer de plusieurs projectiles, je vous le demande.

Alors que plus aucun envieux ne me dise que j’ai plusieurs cordes à mon arc. Pas plus que j’ai plusieurs arcs, d’autant que, pour ce que j’en fais…

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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