Crise financière

À propos de la chute des marchés financiers

Une tirelire qui fait grise mine

C’est la crise, ça n’est pas nouveau, ça n’a pas débarqué par enchantement, ni parce que de vilains sorciers ont jeté un sort sur l’économie, et encore moins parce que des agences de notation ont attribué des mauvaises notes –justifiées– à des cancres qui voient la paille que nous avons dans l’oeil mais ne reconnaissent pas la poutre qui les aveugle. Agences qui estiment que mieux vaut un thermomètre qu’une balayette, le premier permettant de prendre la température, ce qui permet aux médecins de plonger le bébé dans un bain frais s’il a trop de fièvre. Mais y a-t-il un médecin à bord ? On peut en douter.
Du coup –politique de l’autruche– nos grands décideurs trouvent plus simple d’accuser le thermomètre et ceux qui l’introduisent dans le fondement que de se pencher sur les causes de la fièvre. On a plus qu’à lever le poing aux cieux et à gémir de concert. En accusant au passage : les (sales) gamins des banlieues qui ne savent pas se tenir ; les fainéants qui feraient mieux de travailler–c’est les mêmes ; les (cons de) vieux qui ne veulent pas lâcher le morceau, s’accrochent à la vie et coûtent bien davantage que leur peau des fesses couvertes d’escarres ; les (sales) étrangers qui profitent abusent de notre accueil bienveillant (mouais…) ; les gauchistes, l’extrêmes droite, l’extrême gauche, le PS, l’UMP, le Centre, la gauche du centre et la droite de la gauche, les politiciens (tous pourris) rêveurs, inconscients ou ayant depuis longtemps atteint leurs limites ; et le médecin de tout à l’heure qui, parce qu’il est en train de se la couler douce à Pétaouchnoque, ne peut être en même temps au four et au moulin, au chevet du malade et à se faire dorer la pilule sur une plage polluée (à cause de ?) avec ses gamins enduits d’une protection solaire cancérigène (produite par qui ?) qui barbotent joyeusement dans une eau bourrée de phtalates et autres saloperies.
Les spéculateurs ? Bien sûr qu’on les accuse aussi, qu’on les maudit et qu’on aimerait les voir se faire spéculer acculer, mais… car il y a un mais : Qui sont-ils ? Comment se nomment-ils ? En quelle île ceinte de hauts murs de bananiers jouent-ils à “qui perd gagne” ? Je veux dire à “qui fait perdre (à) autrui, gagne”, ou plus être plus clair, à “qui paupérise s’engraisse”. Jeu qui me ramène à cet autre fort distrayant : “Qui fait marner autrui à sa place s’enrichit en se reposant”.
Le verbe ramer ne se conjugue pas de la même façon pour tout le monde : si le commun use de toutes les personnes (je rame, tu rames, il rame, nous ramons, vous ramez, ils rament), il en est tout autrement pour ceux “qui tiennent le cordon de la bourse” et qui ont, une fois pour toutes, délégué le dur labeur de la nage à des exécutants. De la conjugaison du verbe ramer ils n’ont conservé que les 2e et 3e personnes (tu rames, il rame, vous ramez, ils rament).  Ils se préservent ainsi d’un quotidien rabougri et d’un labeur qu’ils offrent généreusement aux autres personnes (je, nous), cette masse des petits, finalement très rentables, qu’ils exploitent sans vergogne.  

Et quoi ? Rien. 
Si : comme disait mon maître d’école qui s’y connaissait question belles lettres, « Se faire maître mettre par des mioches qui veulent faire la loi dans la classe, ça va un moment, mais pas trop longtemps. Et faut surtout pas qu’ils poussent le bouchon trop loin » 

Alors quoi ? Mais diantre, que le peuple remonte ses manches et mette la main à son portefeuille, tandis que les spéculateurs la mettent dans la poche. Comme d’habitude. Mais les phtalates n’auraient-ils pas déjà atteint les organes génitaux de nos représentants… du désordre ?

Mais encore ? 
C’est décidé : dès demain je casse ma tirelire, mais plutôt que dans un geste auguste en offrir le contenu minable à la France, je m’achéterai un cierge que je ferai brûler à Saint Gland, l’église de mon quartier. Qu’il intercède, nom de Dieu, auprès du Grand Chef, pour que celui-ci mette du plomb dans le crâne à nos guides qui en ont tant besoin. Amen.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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