Si j’étais Kadhafi, si j’étais Libyen, si j’étais un avion de chasse…

Si j’étais Kadhafi, je me brancherais un oléoduc, je ne sais où, mais je trouverais. Et je me ferais la malle pour n’en pas laisser une goutte à ceux qui veulent s’attribuer à l’oeil le pétrole de la Libye. Et qui n’en ont rien à foutre des Libyens.
Si j’étais un ministre de la Défense, donc de la Guerre, ou un ministres des Affaires étrangères, je me la fermerais. De quelle nation ? J’en sais fichtre rien, mais je trouverais.
Si j’étais Libyen, ça me ferait quand même chier qu’on bombarde mon pays. Et ça me ferait mal.
Si j’étais un avion de chasse, je vomirais le kérosène dont on me gave. Je ne sais pas sur quelle cible, mais ça devrait pouvoir se trouver.
Si j’étais un Libyen mort, je ne dirais rien, mais n’en penserais pas moins.
Si j’étais une mère dont le gamin a reçu une bombinette sur le crâne parce qu’il jouait dehors au lieu d’aller à l’école, j’te lui foutrais une de ces fessées dont il se souviendrait. Après, je l’embrasserais bien un petit peu, mais pas trop parce qu’il serait tout écrabouillé. Alors peut-être qu’à la place, je pleurerais.
Si j’étais un père dont le gamin a reçu une bombe sur la caboche parce qu’il était à l’école au lieu de jouer à la guerre avec ses petits camarades, comme je le lui avais demandé –sale gosse !–, j’aime autant vous dire qu’il passerait un mauvais quart d’heure. Après je lèverais mon poing au ciel dans n’importe quelle direction. Surtout celle d’où viennent les avions. Puis je prendrais une pelle, une pioche, creuserais un trou à sa taille, la sueur pour larmes.
Si j’étais un compte-conneries, il y a longtemps que mes rouages seraient usés et que j’aurais été mis à la retraite.
Si j’étais une retraite, j’aimerais que ce soit celle des anciens combattants qui auront été soit manipulés, soit acquis à des croyances à la con, et que les pouvoirs auront eu vite fait d’oublier. Pour les remercier de s’être faits baiser, peut-être les décorerai-je en leur donnant l’accolade. Non : je les prendrais par l’épaule s’ils en ont encore une, puis je me tairais.
Si j’étais Allah, ça me ferait doublement chier de l’être : 1 . Pour avoir créé des imbéciles ; 2. Pour avoir à entendre leurs suppliques de paumés malheureux.
Si j’étais la pierre tombale d’un libyen, j’aimerais que soit écrit sur mon fronton, en lettres de sang « Peut-être ai-je profité de la vie, peut-être pas, mais ce n’est pas moi qui profite de ma mort ».

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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Un commentaire pour Si j’étais Kadhafi, si j’étais Libyen, si j’étais un avion de chasse…

  1. andrenaline dit :

    Merci pour ce texte bien secouant. Pas eu le temps de venir su vos blogs ces temps ci. Dommage.

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