Vacances

Soleil d'été (ce n'est pas sa taille originale). Remarquer sa ressemblance avec une particule de composés organiques volatiles, très grossie

C’est pas pour me venter, d’autant qu’avec ce qui suit on comprendra que j’ai autant de souffle que le soufflet percé de mon pote maréchal ferrant de Clermont-Ferrand, drôle de patelin où on met des pneus aux chevaux, mais il fait un tel chaud que la météo fait son show à la télé. Je veux dire ceux qui météorologisent et qui, quoi qu’amples soient leurs gestes désordonnés, sauf si l’anticyclone est installé, ne font que brasser l’air sans faire plus de vent qu’un pet de nonne, qui n’en fait point, sauf si, plutôt que de croquer dedans on plaque violemment la langue contre le palais. Technique qui demande un long apprentissage et une bonne pratique de la méditation sans transe dentale.

Bref ça canicule dur et la canicule dure, l’anticyclone étant installé, comme je le disais une soixantaine de mots avant celui que j’ai mis en gras, et ne pouvant le mettre en maillot de bain, je l’ai mis en gras. Les mots gras n’ont pas peur de se montrer en petite tenue –d’un poids de quelques kilos, certes–, contrairement aux gens gras que ça gêne bêtement d’offrir un paysage généreux à ceux qui feraient mieux de jeter leur miroir aux alouettes plutôt que de se persuader qu’eux, ils sont beaux. Et pas gras. Mais con me fasse pas dire ce que je pense tout haut.

Pas plus tard que l’autre jour, alors que la canicule ne faisait que pointer le bout de son nez rouge et que la météo annonçait pour la énième fois que l’été allait enfin arriver –cette fois avec tout de même deux mois de retard– je m’étais promis de prendre quelques jours de vacances s’il se mettait à faire beau. Deux trois mois, tout au plus, à cause de mon budget à peine moins serré que celui du Bangladesh, charmant pays qui porte singulièrement bien son nom.

Un palmier, à deux doigts d'être arraché par le vent et d'être immergé.

Une particule de composés orgasmiques volatiles (COV), grossie pas mal de fois. Remarquer son étrange ressemblance avec le Soleil. Accessoirement, remarquer la légère confusion orthographique.

Donc, m’étais-je dit, si le beau temps persiste, et qu’il signe ou non, je pars en vacances. Pas tout de suite parce que je dois faire installer un duplicateur d’air polaire dans mon appartement, et les travaux sont prévus pour durer entre 3, 6 ou 9 jours, comme le Mistral. Pas le train tout argenté qui filait sur la côte et refilait sur la Capitale avec son paquet de souffreteux victimes d’un ambre solaire enrichi au Methyl Paraben, mais le vent. Dont il n’y a pas le moindre souffle aujourd’hui, ou tout juste celui aphone de mon pote qui ferre aussi les chevaux de Troyes, depuis que le dernier maréchal ferrant du coin est mort des suites d’une overdose longue, pénible et douloureuse de Champagne. Le temps de faire poser un sol antidérapant dans le salon, la cuisine et surtout la salle de bain que j’éclabousse comme une vache qui fait plouf dans la mare quand elle en a marre des abrutis qui lui titillent les mamelles pour empoisonner les enfants, sous prétexte de les allaiter, donc de les nourrir ; de tout repeindre en blanc mélangé au noir et de me dégriser à cause des odeurs insupportables de la peinture glycérophtalique dont, soit dit en passant, on ne peut piéger dans une filet à papillon les composés organiques volatiles qui, étant minuscules, passent à travers ses mailles… le temps de tout faire, quoi, soit pour l’ensemble des travaux une bonne quarantaine de jours, et je me casse. Youpi !

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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