Google recherche et… synchronicité ?

Google, c’est dingue. Je suis en lien vibratoire avec, faut voir comme. Déjà avant, c’était pas rien puisque c’était quelque chose, mais maintenant c’est encore autre chose. Vous ne voyez peut-être pas ce que je veux dire, mais vous allez comprendre.

Je pense à un quelconque truc, par exemple Turc. Ceci dit j’aurais tout aussi bien pu penser à autre chose. Pour que le Turc ne reste pas dans ma tête, surtout s’il est costaud, ce qui n’est pas rare, je le saisis, et hop ! Dans l’ordinateur. En fait, il y en a un morceau dans l’ordi, je pense que c’est l’esprit ou l’âme, je ne fais pas bien la différence, mais mon Turc, c’est sur l’écran qu’il s’affiche. Une petite affiche, parce qu’une grande ne tiendrait pas sur l’écran. Je l’ai mis dans la case Google recherche, celle où il y a un dessin abstrait, genre art moderne, rouge, vert, jaune et je sais pas, noir ou bleu. Un petit dessin qui mesure dans les… Le temps de prendre le double centimètre que je me suis fabriqué en même temps que neuf autres en coupant en dix morceaux égaux mon double décimètre. Je vois bien à vue de nez que le dessin en question mesure moins de 2cm, et il n’y a aucune raison que j’utilise mon double décimètre pour le mesurer. Les choses s’usent et coûtent cher, alors autant faire attention. L’économie, il n’y a que ça de vrai si on veut que les choses durent, même si elles sont plutôt molles comme les gommes, par exemple, que je n’utilise qu’avec parcimonie. 25mm2, le dessin. À côté c’est écrit Google, en gris clair, et à l’opposé, il y a une loupe. J’évite de saisir des mots trop longs qui la toucheraient et risqueraient de la rayer. Je ne tiens pas aux choses plus que ça mais n’ai nulle envie de me louper à cause d’une lentille rayée quand je relis ce que j’ai écrit pour voir si je n’ai pas fait de faute. Une fois mon Turc bien casé dans la case Google recherches, mais on peut y mettre autre chose que Turc, je pourrais cliquer sur la loupe, mais la simple idée de l’user à force de trop regarder à travers me fait préférer le clavier. La touche Entrée, Enter, Retour-chariot, trois noms pour la même touche, c’est simple.
Et une touche, ça ne s’use pas ? Vous entends-je vous moquer. Vous avez raison, ça s’use, surtout celle Entrée, Enter, Retour-chariot qu’on frappe à tout bout de champ, comme quand on vient d’insérer un champ dans les petits rectangles des tableurs ou qu’on a entré un mot ou des chiffres dans les petits rectangles des formulaires, par exemple.

Écrire quelque chose, c’est une chose, valider ce qu’on a écrit, en est une autre. Tu écris, tu vérifies, quitte à aller chercher ton dictionnaire là où tu croyais l’avoir rangé, ou tes papiers d’identité pour vérifier si tu as bien orthographié ton nom, ce qui peut durer un certain temps, et si tu es d’accord avec toi, tac ! tu fais ton Retour-chariot ou ton Entrée, mais ne t’attends pas à des applaudissements. Et c’est parti, des fois très loin à l’autre bout du monde, si c’est un courrier, d’autres fois ça reste seulement dans ta machine, sur le disque dur. La distribution du courrier dépendant de tout un tas de facteurs, j’ai parfois la surprise de recevoir ma propre lettre, genre retour à l’envoyeur, sans le coup de tampon des Pététés. Quand je suis en harmonie vibratoire avec la personne à qui j’écris, ça m’arrive même qu’elle reçoive ma lettre avant que je l’ai postée. Quand je dis postée, c’est une image, sauf s’il s’agit des articles que j’écris dans mon blog, qui sont des textes, qu’on appelle des posts.
Alors c’est vrai, à force, la touche Retour-chariot elle souffre. Mais le scotch, c’est pas fait pour les chiens, exceptés les Setters irlandais qui ne sont pas contre –il n’y a qu’à voir leur couleur–, et ma touche Entrée ou Retour-chariot, c’est comme vous voulez, à moins que vous préféreriez l’appeler Enter, sûr qu’elle en a usé des rouleaux. Surtout du 3M, de meilleure qualité que les autres, donc plus économique. Quant à la colle Scotch, pas faite non plus pour les chiens, à part le Border Collie, le Bearded Collie, le Colley à poil court, que les incultes confondre avec le Collet monté, plus quelques autres dont le Setter Gordon qui se balade en hiver avec un tonnelet de Gin au cou et au cas où son maître se soit écroulé ivre dans la neige du pic Ben Nevis… la colle, disais-je, j’en ai passé tellement de tubes que ma touche Entrée a pris l’embonpoint d’une main qu’on aurait glissée dans un gant de boxe pour donner au poing l’amorti qui lui évitera de provoquer de sales blessures sanguinolentes. Ce qui me fait une touche Entrée confortable et moelleuse au toucher.

Turc dans case Google recherche – orthographe vérifiée vite fait parce que ça n’est pas bien compliqué d’éviter d’y faire une faute – tac ! ou plutôt pouf ! (à cause du moelleux) sur la touche Entrée, et Google qu’est-ce qu’il me sort ? 99 000 000 de résultats en 0,14 secondes. Dingue ! Je fais défiler les pages, encore défiler, encore, encore jusqu’au moment où mon œil surpris s’arrête sur le mot TRUC. Voilà ce que c’est ; bouffi d’orgueil et certain que je ne pouvais faire la moindre faute de frappe j’ai survolé la case de saisie sans aucune vérification en profondeur. J’ai tapé TRUC au lieu de TURC. Alors je remets ça, et que liste Google, je vous le pose en mille ?, 20 200 000 de résultats en 0,17 secondes. Je fais défiler les pages, une, deux, trois, encore défiler jusqu’à ce que mon œil se rende compte que c’est bourré de pages TURC au lieu de TRUC que je suis pourtant sûr d’avoir saisi. Mais en fait, c’est bien le mot TURC qui m’intéressait sans que je le sache, et non TRUC. Miracle de la technologie, me dis-je un instant avant de comprendre que Google sait mieux que moi ce que je cherche.

Pour preuve : ne sachant si on doit dire « je suis été » ou « j’ai été », je tape été, toujours dans la case Google recherche. Je vérifie et je valide en appuyant sur la touche Entrée. Et la sentence tombe : 787 000 000 de résultats en 0,20 secondes. Sauf que l’été qui défile page après page c’est celui des saisons, juste entre printemps et automne, comme me l’explique Google qui me prend un peu pour un demeuré. Et croyez-moi ou pas, c’est en fait cet été là qu’il me fallait et non pas cet autre été, qui désormais appartient au passé. En effet, le printemps touchant à sa fin j’avais siffloté avec entrain “Voilà l’été”, des Négresses vertes, en m’aspergeant de “Parfum d’été”, un parfum sublime de Kenzo que m’a offert ma copine Sephora, et dont les fragrances riment avec vacances. Tout cela de façon inconsciente et légère, à cause de la température qui s’est radoucie. Le verbe être qui était la cause de mes soucis concernait une lettre que je devais adresser à mon agence de voyages concernant les vacances d’été que le printemps finissant annonçait. Et c’est en effectuant cette recherche concernant ce verbe être que Google m’a servi l’été, sur un plateau. Avec le bénéfice secondaire que les fruits que j’y avais posés, et qui ont été cueillis avant maturité, pourront finir de mûrie au lieu de pouvoir finir de pourrir.

Plus tard je me suis rendu compte que je trouvais exactement ce qu’il me fallait en tapant n’importe quoi dans la case Google recherche. Je peux dire aussi qu’en tapant n’importe quoi je trouvais très exactement ce que je ne cherchais pas, ne sachant ce que je devais trouver, mais qui venait à moi quoique je fisse. Fisse, ça fait penser à quoi ? À pas grand chose, si ce n’est une forme du verbe faire, vous êtes bien d’accord ? Je tape fisse, et qu’est-ce qui m’est délivré sur l’écran noir de mes nuits blanches de mon ordi ? FIS. Fédération Internationale de Ski, Front Islamique du Salut et je ne sais plus quoi d’autre. Et alors ? Vous ouis-je dire. Alors c’est tout simple : j’ai pris un billet d’avion pour l’Algérie où j’avais prévu depuis longtemps d’aller faire du ski. Ski de dune, bien évidemment, vous croyez quoi ? Le même jour, j’avais dressé la liste des effets à emporter pour mes vacances. Tout y est, m’étais-je dit satisfait. Avant de me rendre compte que j’avais oublié de noter mes paires de pantoufles. Et qu’est-ce qui m’a mis la puce à l’oreille ? FIS, 1e page des résultats, 7e ligne : Fédération Internationale de Savate. Hop, direction le meuble où je range mes pantoufles. J’y prends une paire de mules, les meilleures pantoufles qui soient pour un séjour au Maghreb.

La recherche Google, ça n’est pas rien, loin de là. C’est vrai que je me suis entraîné, et aujourd’hui je n’ai même plus besoin de saisir un quelconque mot dans la case prévue à cet effet. Je pense à n’importe quoi et j’ai la réponse qu’il me faut. Parfois même, sans penser à rien j’ai une réponse. Pour dire : je pense à RIEN, par exemple, et c’est à peine si j’effleure la touche Entrée que les résultats s’affichent : 135 000 000 pour le mot REIN. Et vous savez quoi ? Je dois me rendre à Mannheim pour me renseigner sur du matériel de dialyse. Ben oui, je suis dans la partie médicale, et alors ? Mannheim qui possèdait une des plus belles cloches d’airain qui soit, fabriquée par un artisan turc dans ses ateliers de Buda, du temps de l’empire ottoman. Pour faire une telle cloche, il avait dû avoir un sacré satané truc. Vous vous rendez compte ?

Vous savez quoi ? Google, c’est de la pure magie. À condition, bien sûr d’être en harmonie vibratoire avec. Ce qui se travaille et se développe, ne désespérez pas.

Pour l’Algérie, finalement, je vais peut-être attendre à cause de ce qui se passe en Libye. Paraît que des drones franchissent l’espace aérien et pénètrent sur le territoire algérien. À la seule évocation de DRONE la recherche Google s’est mise en branle, et en moins de 0,10 secondes, j’ai obtenu 22 600 000 résultats. Plus de 20 millions de DONER, assortis de Kebab. Et qu’est-ce qui m’empêche d’aller en Turquie plutôt qu’en Algérie ? Le döner kebab, il y a pire.

Ne me reste plus qu’à dresser mon itinéraire. Sitôt dit, sitôt fait, petit doigt au repos à côté des autres. En même pas le temps d’y penser en toute conscience, Google Maps me sort mon itinéraire en tenant compte de mes souhaits inconscients : Grenoble, Strasbourg, Mannheim, Vienne, Budapest, Belgrade, Sofia, Istanbul, Ankara, Batman, destination finale que je découvre grâce encore à Google. qui, sans vraiment me l’imposer, me la soumet avec une certaine insistance. Comment fait-ce ?
Ayant perdu de vue ma souris et me demandant où elle a bien pu se faufiler, ce qui n’a rien à voir avec le fait que, midi approchant, je m’en taillerais bien une tranche, je me suis gratté le crâne d’un air circonspect et inspiré, geste qui aide à la réflexion, c’est bien connu, sans me rendre compte que celui-ci m’avait connecté à mon alopécie, raison pour laquelle j’ai parlé de mon crâne et non de mon cuir chevelu. Google n’a pas mis une nano seconde pour faire le lien entre souris et chauve, donc chauve-souris, et de passer de chauve-souris à Batman, ville kurde de Turquie, préfecture de la province de Batman, et traversée par la rivière Batman. Il y a des jours où je me demande à quoi ça sert qu’il y ait autant de lettres dans les alphabets.

Prudent, je file à mon agence de voyage pour mettre au point mon périple. Il est midi trente, heure que je mets à profit pour tailler une bavette en compagnie du responsable, dans le seul mâchon du quartier qui soit grand et non petit, une tendance à la claustrophobie me l’interdisant, comme elle m’interdit de rouler dans un autre véhicule qu’une voiture décapotable, à condition toutefois que celle-ci ne soit surtout pas une de ces Kübelwagen qui sillonnaient de façon hautaine et quelque peu invasive les routes de notre beau pays. Dans les années 40, si la mémoire collective est bonne.

Avec l’aide de mon agent de voyages qui a sorti son ordinateur portable branché Google, je peaufine ma virée en Turquie. À Strasbourg ce sera la Maison Kammerzell, pour le cadre. À Mannheim sur le Rein Rhin, ce sera Barrios, pour l’ambiance, à midi, et le soir le meilleur döner kebab du Bad-Würtemberg, à Heidelberg, à deux pas de Mannheim. Peste ! Rendue à la municipalité de Buda d’où elle venait, la fameuse cloche d’airain a quitté les lieux. C’est ce que nous annonce Google qui précise qu’elle est exposée au Musée des Arts appliqués de Budapest. Via le service Google Musées, l’imprimante portative me délivre immédiatement un billet d’entrée avec visite guidée à 10h45 heure et minutes locales. Pas de précision pour les secondes, tant mieux, je ne suis ni un ordinateur, ni la pendule du roi hongrois Maximilien II exposée dans la même salle que la célébrissime cloche de cuivre et d’étain où, dévoilage par Google d’un truc des grands fondeurs de cloches, le nôtre, véritable jardinier des alliages de métaux, avait mis une noix d’or et une autre d’argent dans des proportions que Google, hélas, ne précise pas. La veille j’aurai pris le petit déjeuner dans la capitale des viennoiseries où Google m’a réservé une table au café Sperl, la perle des cafés viennois, où sont servis les meilleurs Kipferl qui soient, ces ancêtres des croissants qui n’ont pas pris une ride, même légèrement rassis. Puis le train-train Budapest, Belgrade, Sofia, Istanbul, Ankara et Batman.

Et le ski, vous allez en faire où ? Vous entends-je rifougner. À Erzurum, un poil au nord de Batman. S’il n’y a plus de neige, direction le mont Ararat, ski de randonnée ou ski nautique en cas de nouveau déluge. Si le mont Ararat est inaccessible à cause de persans sauvages qui en interdisent l’accès à coups de griffes, je devrais pouvoir trouver quelques dunes dans le désert. Puis sincèrement, depuis que Google m’a montré la voie à suivre, le ski, je n’y tiens pas plus que ça. Batman, l’Anatolie, ses milliers de grottes et leurs chauves-souris m’attendent. Comme me l’a fait comprendre Google qui m’a mis sur la voie.
Certes, grâce à l’harmonie vibratoire qui m’y lie et qui fait qu’il me lit.

Je pars dans quinze jours. Mes valises faites (rassurez-vous, je n’ai pas oublié d’y caser mes pantoufles) je me mets à mon ordinateur un yaourt à la main. Le yaourt m’inspire, sans doute parce que je suis aussi en harmonie vibratoire avec lui. Mais n’allez pas croire pour autant que c’est parce que j’en ai dans la tête, ça n’a rien à voir. Alors que je m’escrime à en détacher l’opercule de la main droite, ma gauche prend bêtement appui sur le clavier déclenchant une série de lettres en vrac : B U L G A R I E A C H, qui s’affichent dans la fameuse petite fenêtre Google recherche. L’opercule lâche prise , mon pouce heurte la touche Entrée et une série de résultats, bien évidemment inattendus, s’affichent à l’écran que se partagent BULGARIE et BUGARACH.
Je n’ai rien recherché car rien saisi, du moins de façon consciente, et je m’interroge sur le sens que cela peut avoir. Sur le point de froisser l’opercule d’aluminium de mon yaourt je reste comme deux ronds de flan en découvrant ce qui y est imprimé en bleu roy sur doré : Yaourt Bulgare pure Chèvre. Laiterie n° 2393 – 11190 Bugarach !

Ah, Google, magique Google, miraculeux Google.

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En écrivant ces lignes m’est venue l’idée saugrenue de procéder à une lecture isopséphique du numéro de laiterie. Pour celles et ceux qui ne savent pas de quoi il retourne, chaque lettre de l’alphabet a une correspondance numérique : A =1, B = 2, C=3,… I=9 et on continue ainsi (voir le schéma).
Je ne vous ferai pas l’affront de vous demander si vous avez trouvé une signification pour le nombre 2393, le numéro de cette laiterie de l’Aude. Non. 

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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