Musique invasive

Boum boum boum boum boum dsoïng boum boum boum boum boum dzoïng et tralala itou et youp la boume, tagada tsoin tsoin, puis re boum boum boum boum boum. Fait chier, la zizique, surtout la zizique à la con qui s’infiltre partout, plus que le sable dans les portugaises un jour de vent du même bois. Zizique à la con, parce que personne ne l’écoute mais qu’on est bien obligé de l’entendre, sauf si on a la chance d’avoir une banane pour se les carrer dans les oreilles.Bio, il vaut mieux. Ça nous envahit, ça nous casse les oreilles, ça nous brise les burnes, ça nous secoue les entrailles, ça fait dérater le cœur, ça tape sur le système.
Resto, centres commerciaux, gares, aéroports, salons de coiffure, ascenseurs, rue, ça braille, ça zizique, ça rugit, ça nous escagace. Fait chier bis.
C’est quoi ce merdier ? Cette consommation débile de bruit pour meubler quoi ? La désespérance ? Le vide intérieur d’une profondeur plus abyssale que les discours qui prônent de consommer toujours plus en guise de quête d’un bonheur illusoire ?
Il y en a partout, ça déborde, ça dégouline, ça rampe, ça inonde. Sur toutes les chaînes télé qui se déchaînent avec leurs pubs minables accompagnées de musiques volées rendues minables par des marchands de soupe minables et des publicitaires minables. Dans les films : 1h20 de musique pour 1h20 d’images, une musique qui fout en l’air ce qui serait supportable, parfois même honnête. Pas une scène, même la plus bucolique, la plus tranquille, celle où on pourrait vibrer avec le silence revenu, pas une scène sans cette sempiternelle musique qui finit même par couvrir parfois le lyrisme des dialogues : « Tu m’aimes ? » – « Oui, je t’aime ». Dieu merci, l’image est là qui fait qu’on n’y croit pas et qu’on ne sera en rien surpris par la suite des événements.
Quant à la Fête de la musique, misère ! Mieux vaut ne point parler de ce bazar et de son tintamarre.

Ah elle en met de l’ambiance, la zizique ! Repas entre amis, simple apéro chez les uns, chez les autres, mariages, enterrements, pourquoi pas au confessionnal ? Le vieux barbu entendrait moins de conneries.
Les bistrots branchés. Branchés sur quoi ? Les boîtes, les concerts… Mais il y en a qui aiment ça, mon bon monsieur, et ils ont quand même le droit. Mais oui, ma bonne dame, et qu’ils en crèvent après s’être crevés les tympans. Mais ils n’ont pas le droit de me priver de mon silence.

Bref, j’ai la gnare et les tripaillons sens dessus-dessous. La gnare, presqu’autant que lorsque j’entends le mot coaching et plus encore lorsque j’entends des coachs déblatérer leurs inepties et leurs recettes surfaites avec toute la vanité et la médiocrité dont ils sont pourvus.

Faut-il être dix pieds sous terre pour enfin trouver la paix ? Faut-il être cohabiter avec les vers pour enfin pouvoir se parler et s’entendre ?

Publicités

A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
Cet article, publié dans consommation, environnement, humeurs, santé, savoir vivre, société, est tagué , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.