Le divorce matière-esprit source de nos maux ?

Les peuples sont dirigés –si je puis dire– par des apprentis sorciers qui ont appris leur art auprès d’autres apprentis sorciers qui, eux-mêmes, n’ont jamais pratiqué la sorcellerie. Je veux parler de cet art qui consiste à vivre en harmonie avec le mileu naturel. Ce qui suppose de le connaître, le respecter, et ne pas exercer le moindre pouvoir sur lui. Ce n’est certes pas ce qu’on apprend aujourd’hui dans les écoles telle l’ENA.
Imbus d’eux-mêmes et de leur savoir, incapables de se remettre en question, ces apprentis ignorent la différence qu’il y a entre savoir et connaissance, de même qu’ils ignorent son double sens : apprendre à connaître, d’une part, naître avec, d’autre part. Le savoir est affaire d’enseignement ; la connaissance est affaire de relation, celle que nous établissons avec notre environnement.

Le pouvoir est réservé à qui a acquis un savoir, la teneur de celui-ci pouvant varier d’une époque à l’autre et d’une culture à l’autre. Qui ne possède pas le savoir en vogue est voué au silence, à l’obéissance et à être ignoré des tenants de ce savoir, donc du pouvoir. Et peu importe le contenu et la valeur de ce savoir.
Quel que soit le pouvoir qu’il possède, celui qui en use considère détenir la vérité, tandis que celui qui est habité par la connaissance estime ne rien savoir de la vérité. Le premier prend la parole, la proclame, la défend jalousement et pose des actes, ce qui lui confère davantage de pouvoir. Le second se tait, maugrée sans pouvoir agir rationnellement tant qu’il n’a pas acquis un savoir et, à sa façon, se drape dans son humilité orgueil.

Souhaitons alors que le savoir de l’occident et la connaissance de l’orient cessent de se regarder en chiens de faïence comme le font artihméticiens et arithmosophes, chimistes et alchimistes, astronomes et astrologues. Matière et esprit étant idissociables, que les premiers continuent à quantifier tout en s’appliquant à qualifier, et que les seconds continuent à qualifier tout en apprenant à quantifier.

 Sans cela, nul doute qu’on n’est pas prêt d’être sorti de l’auberge.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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Un commentaire pour Le divorce matière-esprit source de nos maux ?

  1. eleate dit :

    Effectivement, on peut se poser la question. Et si on n’a pas de réponse, on fait quoi ?

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