Sarkozy-harkis, DSK-Cambridge, Céline, Obama, Dieudonné, etc.

« Les harkis ont le droit au respect (et celui de voter pour moi) ». Ce n’est certes pas ce qu’aurait dit Die Grosse Karl, autrement dit Charles de Gaulle (à ne pas confondre avec Karl die Grosse, Charlemagne), qui n’en avait pas grand chose à faire des harkis.
C’est ce qu’a déclaré et peut-être pensé notre président de tous les Français, Nicolas Sarkozy, si je ne m’abuse. Comme l’aurait dit mon pote Carl Friedrich, qui s’y connaissait question énergie, on peut se gausser de notre sortant favori, mais il n’y a vraiment pas de quoi, d’autant que… Et après tout, qu’est-ce qui nous dit qu’il raconte encore des histoires ? Et en supposant que c’en soient, cela ne vaut-il pas mieux que de n’en point conter ?
D’accord, il était temps, depuis le temps, de faire un geste en direction des harkis. Et puis crotte de bique (non, on ne me fera pas dire ce que je ne dis pas, surtout pour une fois où je surveille mon langage), on a bien le droit de changer d’avis et de reprendre les choses en main comme dit ma concierge qui trouve certains locataires suffisamment à son goût pour leur prodiguer câlineries et cajoleries à l’oeil, mais pas que là. 
Puis hein, entre nous, c’est le seul à changer de position par rapport à des problèmes qui ne l’effleuraient  pas l’instant d’avant où ils le titillèrent, et encore pire avant-hier ?

Dominique Strauss Kahn à Cambridge. DSK, lourdement sobriqueté “mieux vaut queutard que jamais” par des jaloux idiots, n’est pas que ça, loin s’en faut, et même si ses théories peuvent sembler fumeuses pour qui n’a que les moyens de s’acheter des Gauloises made in China, comme bien d’autres produits  made in France, il sait de quoi il parle lorsqu’il parle d’économie. Mais voilà que, sous prétexte d’une incartade qui ne fait que montrer d’évidence une saine jeunesse d’esprit et une candide verdeur, certes impardonnables, voilà qu’une meute de harpies le veut bouter hors d’Albion. Les affaires de sous, il en connaît un rayon, et on te le rembarre comme un vulgaire Raymond, se privant de ses éventuelles lumières. Plus ballot que ça, tu fais ton paquetage et tu t’engages dans la légion des élus du Bugarach qui, parce qu’ils seront sauvés, permettront à la connerie de ne pas disparaître de la Terre.

Quand j’ai appris que Céline, mon auteur préféré (dont la langue de bois ne risquait pas de brûler vu qu’elle était de bois de fer), était antisémite et frayait avec le collaborationnisme, j’ai décidé qu’il n’était qu’un mauvais auteur, de surcroît vulgaire, et que ça ne valait même pas la peine que je parle de lui. Quant à son nègre, en supposant qu’il en ait eu un, j’aurais été à sa place, j’aurais eu vite fait d’investir une île déserte, surtout si je m’étais appelé Sammy Davis Junior.
Bon, c’est comme si je n’avais rien dit.

Apprenant que le président américain (un certain Barak Obama) avait ordonné l’exécution de supposés terroristes dans ce pays outremer farsi farci d’Iraniens, peuple habitant l’Iran autrefois nommé Perse, je l’ai rayé de mon calepin, n’ayant pu mieux faire, à cause de mon échec aux dernières élections présidentielles où j’ai pris une veste, d’ailleurs trop grande pour ma taille. Élu à la Présidence, et parce qu’on est jamais si bien servi que par soi-même, j’aurais, moi aussi, au nom des principes de la démocratie et de la raison d’État, commandité une escouade de nervis aptes à défendre les intérêts supérieurs de la Nation. La lutte contre le terrorisme a ses exigences, que voulez-vous. Aujourd’hui, alors que je suis dans l’opposition, croyez bien que je m’élève contre de tels agissements.

J’aimais ma compagne à qui je prêtais stupidement de belles qualités d’âme et bien d’autres sur lesquelles je ne m’étendrai pas, mais depuis que j’ai appris qu’elle en aime –aussi– un autre, elle est subitement devenue ingrate, moche, idiote, pétasse, et j’en passe. Et je ne m’y étendrai plus.

Dieudonné. Ah, qu’il était drôle avec le petit poupin, roupin, soupin, toupin, xoupin… je sais plus comment on dit, le petit gars rigolo comme tout. Jusqu’à ce qu’on me dise, parce que je ne m’en étais pas rendu compte, vous pensez, qu’en fait c’était aussi un de ces putains de salopards de raciste. Dieudonné, que je vous dise, il est nul, ne fait rire personne, et surtout pas moi. Nul et non avenu, comme celle du 8 mai 45.

Sarkozy. Je n’ai jamais voté pour lui. Cela fait des années que je ne vote pas, non pas par manque d’esprit citoyen, mais parce que mes bras m’en sont tombés de ne pouvoir voter blanc. Mais des tas d’autres électeurs –cadeau empoisonné–, ont voté pour lui, le pauvret. Et quoi ? Les voilà qui changent de trottoir lorsqu’ils le croisent, crachent sur ses affiches, lui tournent le dos et le traitent de fumiste bling-bling. On aime ou du moins on apprécie, on soutient, puis, le temps qu’il faut pour se rendre compte qu’on n’en tire plus aucun profit, on tourne le dos à ce qui fut l’objet de notre sympathie, pour finir par dénoncer ce qu’on magnifiait, honorait, respectait, idôlatrait en lui.
On en choisit un autre, on le porte aux nues, on lui déroule un tapis rouge mais… on l’attend au tournant.

Mis au courant, grâce à la Gégène, de mes errements, attermoiements, promesses jamais tenues, trahisons… j’ai tout avoué avant de dénoncer des camarades, dont le meilleur, celui avec qui je me couche et me réveille. et à qui j’ai décidé de tourner le dos. Tant que…
Bref, comme nombre de cloportes qui se dirigent là où il y a quelque chose à becqueter, je déboulonne ce que j’ai aimé, boulonne ce que j’ai abhorré et, me regardant dans un miroir, préfère croire qu’il est sale. On s’arrange comme on peut.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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