Un animal infoutu de vivre en tant que tel

Je reviens de loin, du désert. Je parle de ce genre de désert où les ondes ne passent pas. C’est à cause qu’il y a trop d’oiseaux dans le ciel, me suis-je dit en me couvrant le chef et en évitant de lever les yeux en l’air. Des corneilles, des corbeaux, des buses, tétras et encore tout plein d’autres bêtes ailées. Peut-être aussi à cause des pics, cimes, aiguilles et pitons. Un coin tellement paumé que, si tu le cherches sur une carte, tu ne le trouves pas. Même sur une d’état major. 
Coupé du monde des bipèdes, sans téléphone, sans internet, sans radio, avec pour toute musique celle des chants, cris, piaillements, chuintements, feulements, grognements ou hurlements des animaux. De la stéréo 100% bio. Quinze jours sans parler, je veux dire à me taire, nuance. Quinze jours sans ouïr âme qui vaille, sans ouïr âme qui peine, sans ouïr âme qui vaille la peine. Je parle des hommes.
Quinze jours entre parenthèses pendant lesquels j’ai réappris que moi aussi j’étais un animal. Un animal infoutu de vivre en tant que tel.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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