Imprudence au volant et nid de poule géant

Le camion bouchait le passage. J’ai reculé, patatras. Je sentais bien qu’il m’arriverait une tuile. C’est ça quand on se lève patraque et du pied gauche. Ce en quoi je suis excusable, même si je ne suis pas unijambiste, mais la veille, j’ai mouillé la meule avec des potes. C’est pas du vice, qu’on ne se méprenne pas, c’est le tarot. À quatre, le seul qui mérite.  Du coup, faut ce qu’il faut question munitions.
Le cul de la bagnole s’est ratatiné sur des parpaings à la con que des artisans à la con ont posé sur la chaussée à la con, soit disant que. Des dégâts de deux fois rien, ce qui ne fait pas grand chose, vite réglés par l’entremise d’une bouteille de rouquin. Je verrai tout à l’heure si c’est le genre de gugusses sur qui on peut vraiment compter question éducation. Et chantier si un jour j’avais besoin, allez savoir.

Le camion s’est décidé à avancer. J’ai redémarré, passé la première, la seconde puis la dernière, la troisième. Ma 4L n’a que 3 vitesses, mais si ça vous pose un problème, je ne suis pas contre que vous le résolviez. 1960, un cru qui vaut ce qu’il vaut, mais elle roule. Sauf lorsqu’un abruti de camion s’arrête tous les cinquante mètres. Un autre bahut, même pas un monstre, apparemment, le précéde, sans doute conduit par un mal-voyant, comme il est de bon ton de dire si on ne veut pas se faire mal voir. Moi, on me voit, on me voit pas, on me voit bien ou on me voit mal, j’en ai rien à secouer sauf si une envie de pisser me prend. Et justement.
J’attendrai le prochain arrêt.

C’est fait. Le jaja d’hier, c’était peut-être pas le nirvana question nectar, mais question diurétique, chapeau ! il vaut son pesant d’or.
On rédémarre. Pendant que je changeais l’eau du bocal, le bahut que je suivais a disparu. Tiens donc !Je colle au train de l’autre. Une marque que je ne connais pas, pas plus que je ne connais ce genre de plaque plus minérale que logique. Y’a pas à dire, la gravure sur pierre, ça a de la gueule. Ils viennent d’où, le bahut et son routier de chauffeur ? TRAŠPØRTÆ  CAVITÆ, c’est écrit au cul du gros cul, en capitales un poil moins noires que ses gaz d’échappement auxquels il serait temps que j’échappe. Ecrit noir sur pas loin de l’être, au milieu de la porte mal fermée par une méchante sangle, laquelle porte bat à tout rompre.
 Je suis, il s’arrête, je m’arrête. Il redémarre, je redémarre, je re suis, il se re arrête, je me re arrête, et ainsi de suite. Avec des quintes de toux, cinq j’en ai comptées, ça va toujours par cinq. J’ai autre chose à foutre, nom de dieu, décidai-je, bien décidé à faire quelque chose. Je lui colle à l’arrière train au plus près, et à la prochaine occase, je me le fais. Les trottoirs sont moins hauts qu’un immeuble de quatre étages, avec la 4L, ça devrait faire pour le doubler.
Le con ! Il vient de freiner sec. Faudra changer les plaquettes, m’avait dit Lulu, le mécano du garage où je suis passé ça doit faire dans les deux ans. Et moi, faut aussi me les changer ? Et puis quoi ?
Puis il a redémarré comme un malade. Moi aussi. C’est comme ça que je suis tombé dans le trou. Un nid de poule ? Ô que non, mais un de ces putains de trous que ce putain de camion transportait. Ou alors un nid de poule géantissime, facile XXL. C’est comme ça que j’ai compris où était passé l’autre bahut.
C’est quoi ces conneries ? vous vous demandez. Racontez-vous bien ce que vous voulez, mais venez pas râler si ça vous arrive. TRAŠPØRTÆ  CAVITÆ, c’est marqué, rappelez-vous. Sur la  porte qui bringuebale, baîlle et bée.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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