Catastrophe bordelaise

Catastrophe bordelaise.
De passage lent à Bordeaux (Gironde), lenteur que ceux qui connaissent l’histoire avec un grand H que je n’ai pas mis par souci d’économie, comprendront.
Fallait que ça arrive, c’est comme ça et pas autrement quand on est insouciant.
F’sait beau, tranquille et tout. Faut profiter que je me suis dit en me regardant dans un miroir. Le miroir, ça fait de l’écho, et du coup ça permet de se rendre compte si oui ou non on vient de dire quelque chose. Pour l’écriture, c’est du pareil au même et vice versa.
Je regarde l’horloge solaire que je me suis fait tatouer sur le torse par un pote, un ancien de la légion. Quand la petite obélisque que je me suis fait greffer pour faire l’aiguille fait de l’ombre à «Maman pour la vie», ça indique midi. Comme tout à l’heure, exactement. Sept heures du mat, c’est quand l’aiguille est sur «Debout là-d’dans bande de branleurs», mais c’est pas tous les jours que le soleil est à pied d’oeuvre à cette heure matinale. Huit heures, c’est «Marche ou crève», etc. jusqu’à l’extinction des feux, que là, c’est l’horloge lunaire qui prend le relai.
Bref, tout à l’heure, midi, juste ce qu’il faut de soleil pour pas oublier de prévoir une sieste dans le hamac, pour après. Pas loin de 20degrés. Je me verse quèques verres d’un rouquin mi-rouge, mi-Bordeaux, que ça ait le temps de s’épanouir. Le rouquin, c’est un peu comme les clébards ou les gosses, tu les tiens un temps pour les lâcher un autre, qu’ils prennent l’air.
Pas dégueu, le bougre. Pas encore un vrai frisson de tendresse, mais ça y ressemble. Promptement vidé un troisième godet, je me colle dans le hamac. Une présieste n’a jamais fait de mal et c’est bon pour l’appétit. Les verres que j’ai remplis attendront, et je saurai rattraper le temps perdu.
Je rêvasse, somnole, laisse venir le premier ronflement, m’endors. Profondément.
Me réveille en sursaut, trempé sous l’ondée orageuse. Dans les verres, c’est plus du rouge, mais du rosé qui vire au blanc à tout berzingue. Une catastrophe !

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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