Le rire des inquisiteurs, celui des suppliciés

Parce que, d’ouest en est, la mode est à l’inquisition, et qu’on n’a pas besoin de vivre ailleurs que dans une démocratie pour en être victime. 

Les inquisiteurs, de satanés rigolos qui rient sous cape de tout et de rien, pour un oui ou pour un non arraché à grands coups d’aveux fourre-tout extorqués à la sueur de leur front. Rançon d’un trop plein de rigolades, ils ne trouvent ni paix, ni bonheur, raison pour laquelle ils perpétuent leurs basses œuvres. Petits Bélial bouffis d’orgueil, ils possèdent les corps mais ne peuvent posséder l’impossédable, cette chose de l’ordre de la chimie et de l’électricité qui se niche dans le crâne comme partout ailleurs dans et hors le corps, cette chose sans texture qu’on nomme conscience, esprit ou inconsistance de l’être, et qu’on s’imagine éternelle pour se rassurer. Leur quête de domination est vouée à l’échec, ce que leur chuchote à l’oreille le rire silencieux des suppliciés qui déchirent les ténèbres à grands traits d’arcs-en-ciel. Un rire cinglant comme une gifle qui fait rire jaune, derrière leurs lèvres serrées, les inquisiteurs.
Cependant le rire n’est pas que cela, comme lorsque, montrant une autre facette, il se fait joyeuseté. Et s’il est difficile de se marrer comme une baleine face à une flottille de pêcheur japonais, pas très prudent de rire à s’en faire péter les côtes ou de rire aux éclats, désespérant de rire comme un bossu, écœurant de rire à contre-cœur, dangereux de rire à s’en décrocher les mâchoires ou cocasse de rire aux larmes… il est salvateur de rire lorsqu’il n’y a, finalement, plus aucune raison de rire. Ce que font ces sacrifiés de la fortune, en projetant d’acides jets de larmes à la face des bourreaux, pour oublier le prix qu’ils paient, celui de la vérité.
L’instant d’après sera peut-être celui d’un voyage à travers les tattva où, dans une infinie explosion de rires, ils saisiront « le jeu sans fin des nombres, des formes, des brumes, des frontières de guimauve ». Juste avant que se taise la musique cosmique qui n’aura peut-être jamais existé.

Publicités

A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
Cet article, publié dans actualités, Egypte, Iran, obscurantisme, intolérance, réflexions, religions, idéologies, croyances, est tagué , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.