Fin du monde (sauf au Bugarach) : 1 an déjà

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Ça fait très exactement un an que la fin du monde a eu lieu, je veux dire pour les idiots qui n’y avaient pas cru et qui étaient restés chez eux au lieu de venir au Bugarach. Les élus, nous, on a été sauvés, mais pas les autres. C’est que les bons choix, c’est pas tout le monde qui sait les faire, ça se comprend. Choisir entre ci et ça, tout le monde en est capable, mais pas tout le monde est capable de choisir ci plutôt que ça, ou le contraire. Je ne parle même pas de ceux qui veulent le ci et le ça, que ça te fait manières et caprice, des mioches gâtés. Choisir, tout le monde y arrive, normalement, mais c’est pas le tout, car encore faut-il faire le bon choix. Ce qu’on a fait, nous, l’an dernier. Et on n’avait pas attendu le dernier moment. Dès le mois d’octobre, j’avais choisi. Alors j’étais parti au Bugarach, avec tout mon barda et avec Rv, mon chien. C’est malin, ça, d’appeler son chien Hervé, je vous entends me traiter de snobinard. Si c’était Hervé, j’aurais écrit Hervé ou ervé parce qu’après tout, on n’est pas toujours bon en orthographe. Rv, il s’appelle, consécutif à l’espèce de grognement qu’il fait quand on l’appelle ou qu’on s’intéresse à lui. Rv, ici le chien ! gentil le chien !

Un an déjà, que la fin du monde a eu lieu. Je ne sais pas si vous, vous y étiez, mais si vous êtes en train de lire ce j’ai écrit, faut croire que vous y étiez et que vous y avez échappé. Sinon, j’ai bien peur de ne rien pouvoir faire pour vous, en supposant que vous me demandiez de l’aide, mais ça m’étonnerait. Ceci dit, ça n’est peut-être pas plus grave que ça, si on est assez intelligent pour pouvoir s’adapter.
Ceux qui ont survécu, comme moi, on s’est adaptés, et en fait, c’est pour ça qu’on a survécu., donc si on a survécu, c’est qu’on était assez intelligent pour ça ou qu’on le méritait si, comme certains, on n’était pas si intelligent que ça.

Un an déjà ! Le plus drôle, c’est qu’on s’imaginait, moi le premier, qu’on aurait une impression de vide et de silence, une fois passée la fin du monde. Eh bien dans la réalité, pas tant que ça, au Bugarach où on est restés, parce qu’on ne sait jamais, comme ailleurs.
Ça m’arrive quand même de bouger et d’aller voir ce qu’il s’y passe, ailleurs, avec Rv. La première fois qu’on y est allés, ailleurs, ça nous a quand même fait une drôle d’impression, tous ces gens qui croyaient vaquer à leurs occupations, comme avant la fin du monde, mais qui, en fait, ne vaquaient à rien du tout. Puisqu’ils n’étaient pas au Bugarach au moment de la fin du monde, ils avaient bel et bien disparu, mais apparemment, sans la conscience du fait de la réalité. Et ils sont des milliards, comme ça, à s’imaginer qu’ils vivent toujours, sans se rendre compte qu’ils sont en plein illusion.
Avec Rv, on a beau essayer de leur faire comprendre, rien à faire, c’est peine perdue, question de contact qu’on n’arrive même pas à établir. Comme si personne ne nous voyait, personne ne nous entendait, ne sentait notre présence. Preuve qu’ils n’existent plus, mais qu’ils ne le savent pas. C’est vrai aussi que c’est plus facile de tout ignorer que de tout savoir.
Nos virons ailleurs, vu le peu d’intérêt que ça présente, on y tient pas plus que ça, et du coup, on en fait de moins en moins. Alors on s’occupe comme on peut, ce qui n’est finalement pas très compliqué, c’est juste une question de savoir s’adapter à la situation et d’oublier de cocher les jours qui passent. 

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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