Un projet de vie altruiste

Dans ma prochaine incarnation ici sur Terre, si les capitaines d’industries, les généraux, les présidents et les autres ânes n’ont pas encore mis à feu, à sac et à sang la planète, je ferai de la politique. Je baratinerai et manipulerai mes parents dès mon plus jeune âge. A l‘école, pour être l’indéboulonnable chef de classe, je ferai du charme aux filles en leur offrant des bonbons que j’aurai volés, m’entourerai des crétins de ma classe en leur promettant de leur prêter mon vélo, mes gadgets électroniques connectés et ma petite sœur, celle qui bat le beur beurre.
Politicien, je ferai. Comme j’ai toujours été un cancre et qu’il n’y a pas de raison que ça change, je ne devrais pas avoir de mal à me hisser aux sommets. Je ne veux pas dire qu’il suffit d’être con pour gravir les échelons du pouvoir, mais ça aide. Je m’entourerai du même genre de crétins que ceux de l’école en privilégiant les cireurs de pompes et autres altruistes imbéciles à qui je ferai miroiter ma reconnaissance éternelle et celle de la nation. Je leur offrirai grandes ouvertes les portes de la félicité, des honneurs et de l’avantage qu’il y a à s’effacer devant plus malin qu’eux.
Bien sûr, il me faudra apprendre à tout ramener à ma personne et à ne penser qu’à moi. Je n’aurai qu’à m’inspirer de ces fabuleux modèles qui se pavanent aujourd’hui sous mes yeux.
Suivant la pente tracée par d’anciennes crapules dont je me débarrasserai en dénonçant leurs agissements, elle m’emmènera naturellement à de hautes fonctions d’état, ministre ou président. Être président n’est en rien compliqué. Il suffit de présider, c’est tout. Et de déléguer à des lèche cul prétentieux choisis sur le volet (branlant car disjoint) les tâches qui ne présentent pas d’intérêt et qui ne rapportent rien, si ce ne sont de viles attaques.
Les lois actuelles et les politiques générales n’étant ni bonnes pour le peuple, ni mauvaises pour qui détient le pouvoir, aucune raison de changer quoi que ce soit. Sauf, peut-être (mais j’y réfléchirai) pour ce qui est de la durée du mandat présidentiel, qui pourrait n‘être que d‘une année. Suivrait une retraite pépère, mais ô combien méritée, aux émoluments confortables.
Enfourchant mon plébéien scooter pour parcourir les routes, ou volant à bord d’un aéronef de l’État, je répandrai la bonne parole lors de conférences où un public d’idiots acquis à mes idées viendra faire la claque, me féliciter, et m‘offrir son adhésion au club ou au parti que je créerai. Mon expérience aidant, détourner l’argent des cotisations ne sera qu’un jeu d’enfant. Les toujours mêmes crétins de l’école m’y aideront ; les autres applaudiront.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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