Un univers désastreux

Dans l’ordre j’ai créé le point, sans trop d’illusions et surtout sans garantie d’y pouvoir faire de belles promenades. Crée la ligne, me suis-je dit. Ainsi tu pourras marcher en la suivant, ce qui t’évitera de t’empâter.
J’ai fait comme j’avais dit. Après quelques marches qui toutes me ramenaient à mon point de départ j’ai eu l’idée d’élargir la ligne pour étendre mon territoire. J’ai nommé cela surface. Je m’y suis baladé de long en large et en travers avec toujours le même horizon d’une platitude sans borne. J’ai craint de voir s’assombrir mon âme.
Prenant mon courage à deux mains et le taureau par les cornes je me suis penché sur le problème en veillant à garder l’équilibre pour ne point choir. Sans autre choix que celui de résoudre mon problème, la solution s’est imposée : j’ai créé l’espace en 3D, que pour faire simple  j’ai nommé volume. Il était au point prodigieux que je n’en voyais les insondables limites, mais peut-être n’en a-t-il pas. Je m’y suis promené, y ai plutôt erré, en déplaisir, sans doute à cause du vide infini qui remplit cette immensité.
L’idée m’est alors venue d’y installer des objets en nombre suffisamment important et d’une taille suffisamment conséquente pour en obtenir à loisir un effet plaisant.  Je les nommerai corps célestes ou plus humblement astres.
Il me fallut créer le lieu précis où installer chacun. Les astres sont des corps sphériques qui ne se contenteraient certainement pas d’un lieu d’une forme quelconque et inadéquate.
En utilisant des quantités incroyables de cercles parfaitement assemblés j’ai créé des lieux sphériques où mes astres trouveraient toute leur place. Des myriades de cercles de 360 degrés tracés au compas. J’ai créé puis installé mon premier corps céleste, une étoile opulente qui brille et brûle de mille feux, en sa place précédemment attribuée. Parfait ! Me restait à façonner la litanie des autres sphères célestes.
Mais impossible de remettre la main sur mon compas. L’aurais-je oublié sur ma première étoile où il aura fondu à coup sûr ? Qu’à cela ne tienne, me suis-je dit, utilise ton rapporteur.
Ce que j’ai fait.
L’ensemble de mes corps célestes rondement fabriqués, me restait à les installer en leur niche. Ce qui n’a pas été une mince affaire. Sans les efforts surhumains que j’ai fournis sans relâche, aucun de ces corps célestes n’aurait tenu dans son réceptacle. Car,  mystère, tous étaient plus volumineux que leur sphère d’accueil. Et nul besoin d’avoir le compas dans l’œil pour me rendre compte que mes astres étaient loin d’être sphériques.

C’est en dépoussiérant mon rapporteur avant de le glisser dans son étui bleu nuit que j’avais compris. Au lieu des 360° coutumiers, celui-ci en affichait 365 ¼. Ciel ! J’avais utilisé le rapporteur de création de temps au lieu de celui de création d’astres. Avec toutes les conséquences que cela produirait, assurément un vrai désastre !

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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2 commentaires pour Un univers désastreux

  1. Une femme dit :

    Un article qui nous laisse la tête dans les étoiles !

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