Concours d’interprétation musicale 2017

Les cliques et fanfares constituées, chacun a sorti son instrument et on a répété à tout va avant de se lancer. Une sacrée cacophonie, je vous dis. Avec l’ouverture de la chasse, c’est pas le magret qui aurait manqué, ni le canard au sang.
Il a fallu simplifier les partitions, retaper les instruments cabossés dont pas mal sortis des greniers où ils roupillaient depuis les années 40. Petit à petit ça a pris corps, comme on dit dans l’armée. Après, dans chaque formation, il a fallu qu’on tombe d’accord pour savoir qui serait le chef d’orchestre. Il y a bien eu quelques bagarres, mais on a fini par s’entendre, ce qui n’est pas si mal si on pense au ramdam que ça faisait pour s’accorder, si on peut parler d’accordage. Il faut être un crack pour sortir un vrai La à 440 hertz d’un diapason oxydé et tordu qui n’y connaît rien à la résilience. Quelques musiciens éclairés ont suggéré le bip du téléphone assurant qu’il joue un La impeccable, NF et breveté SGDG. Prétendant qu’ils avaient l’oreille absolue, d’autres ont imposé leur La, une note parfaite selon eux.
Puis les premiers morceaux ont fusé. Une merveille, selon les instrumentistes de chaque formation.
La date du concours venue, Orphéons, cliques, fanfares, formations plus ou moins étoffées sont partis en tournée sur les routes de France. Deux grands orchestres symphoniques se sont taillés la part du lion, faisant salles combles. Demi finalistes, ils mettront le titre suprême en jeu ultérieurement. Deux orchestres philharmoniques plus modestes ont manqué de peu leur place pour la finale réservée aux seuls deux premiers. Les plus petites formations ont été éliminées, les minuscules (dont une composée seulement d’un tambour et d’un clairon) n’ayant d’ailleurs pu jouer qu’en off, dans la rue, ceci expliquant peut-être qu’elles n’aient pu avoir accès au podium.

Astiqués les clairons, vernis les pipeaux et flûtiaux, plus ou moins réaccordés les violons, tendues les vieilles peaux des timbales, graissés les pistons des cornets, huilés les boutons de clés des saxos, hautbois, bassons et clarinettes, les deux prétendants à la victoire enchaînent répétitions sur répétitions le morceau qu’ils interprèteront, à savoir l’œuvre symphonique mondialement connue : Cause toujours, tu m’intéresses. La meilleure interprétation l’emportera, et c’est l’ensemble des mélomanes de France qui désignera le vainqueur. Nul doute que ce jury au goût sûr saura faire le bon choix.

Trompettes de la renommée embouchées, c’est le dimanche 7 mai 2017 que le vainqueur sera désigné et acclamé, et le vaincu conspué, comme il se doit.

Publicités

A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
Cet article, publié dans actualités, élections présidentielles, politique, Uncategorized, est tagué , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.